La ville de Longjumeau a enfin expliqué à ses habitants ce que va devenir leur hôpital. Ce mardi 27 novembre dans la salle Anne Franck, la maire Sandrine Gelot a invité ses administrés à une réunion sur « l’hôpital 2024 », du nom du projet visant la fusion des trois hôpitaux de Longjumeau, Orsay et Juvisy sur un nouveau site situé sur le plateau de Saclay. Dans une « lettre du maire » spéciale de 4 pages, celle qui préside le conseil de surveillance du groupement hospitalier monte en première ligne pour défendre le bienfondé du projet, alors que la mobilisation locale ne faiblit pas face à la fermeture imminente des hôpitaux de proximité. En mai dans les rues de Longjumeau, puis le 17 novembre dernier à Juvisy, des centaines d’habitants des communes concernées ont manifesté pour dire une nouvelle fois « non » à cette fermeture annoncée des trois établissements, et réclamer à la place une réhabilitation.

Deux ans après le dévoilement du « projet médical partagé », donnant pour orientation la mise en chantier d’un hôpital unique pour le nord de l’Essonne, la maire de Longjumeau assume donc politiquement les objectifs poursuivis par ce processus, qui entrainera la fermeture de l’hôpital longjumellois en 2024. Dans son courrier aux habitants, elle lance en premier lieu : « hôpital de Longjumeau : rétablissons la vérité ». Sandrine Gelot affirme d’abord avec la municipalité se battre « depuis plus de 10 ans » pour « sauver » l’hôpital. Mais conclue-t-elle rapidement, « le remettre aux normes couterait plus cher que d’en construire un neuf ». Malgré ce qu’elle appelle « des rumeurs alarmantes et malveillantes », le site actuel n’est pourtant « pas en train de fermer » et il fonctionnera « dans sa configuration actuelle jusqu’en 2024 » assure-t-elle.

Notre dossier sur le regroupement hospitalier dans le nord-Essonne

Dans la seconde partie de son courrier, la maire de Longjumeau reprend les arguments défendus par la direction du groupement hospitalier et l’ARS (Agence régionale de santé), et promeut le Centre de consultation et de soins urgents (CCSU), pour le moment expérimental, qui remplacera définitivement les urgences en 2024 : « équivalent d’un hôpital ambulatoire – sans lits – mais doté de tous les équipements modernes, ce plateau médical dispensera les soins de premiers secours, assurera la continuité du parcours de santé, avec une prise en charge plus rapide des patients ». Elle met ainsi en avant son fonctionnement « 7 jours sur 7 » et les rendez-vous pris « en une demi-journée ». Ajoutant que de « nouvelles consultations » seront créées et que le Samu (Smur) « reste à Longjumeau », Sandrine Gelot entend couper court à toute autre possibilité que la fermeture : « même si nous tenons à notre hôpital, nous devons regarder la réalité en face ». Selon elle, « l’Etat n’est pas prêt » à investir pour la rénovation, et le choix « raisonnable » de l’hôpital unique à Saclay fait « consensus ».

Le « courage » de fermer son hôpital

Dans le même courrier, la maire de Longjumeau envoie des piques aux opposants à la fermeture des hôpitaux de proximité, en jugeant qu’il « aurait été plus facile de baisser les bras et de se lamenter de concert avec ceux qui annoncent la fin imminente de l’hôpital ». C’est pourquoi elle affirme avoir eu « le courage » avec les autres maires, « de nous battre pour maintenir une offre de soins hospitaliers de haut niveau ». Une vision des choses qu’elle a tenté de faire passer auprès de sa population, en la conviant à une réunion publique qui était plus qu’attendue. C’est en effet la première fois que les autorités de santé  – le directeur du groupement hospitalier ainsi que le directeur général de l’ARS étaient présents – ont présenté le contenu du plan ‘Hôpital 2024’ au grand public. Même si le directeur de l’hôpital Guillaume Wasmer rappelle avoir précédemment dévoilé ses ambitions « en conférence de presse, sur le site de l’hôpital, en conseils municipaux et au Département », il s’agissait bien de la première « confrontation » du projet et son calendrier à la population.

Le projet porté par la direction du GHNE (Groupe hospitalier nord-Essonne) a été validé par les autorités de santé en mai dernier. Il doit bénéficier de financements du dispositif Copermo, lui garantissant une subvention d’investissement à hauteur de 50 millions d’euros pour le nouvel hôpital. Le coût annoncé de la construction de l’établissement sur Saclay se situe à 215 millions d’euros, « tout compris » assure Guillaume Wasmer, « terrain, bâtiment et équipements ». Outre la subvention du Copermo et un engagement de l’ARS à hauteur de 15 millions d’euros, l’établissement doit effecteur un emprunt pour un montant de 105 M€. La somme restante (45 M€) sera trouvée en « autofinancement », comprenez la vente des sites actuels et des économies internes.

Un chiffre prévisionnel appelé à augmenter? C’est ce que croient les partisans de la rénovation des hôpitaux existants, pour qui des surcoûts seront à attendre comme pour le centre hospitalier sud-Francilien ouvert en 2012. Le prix annoncé est jugé « fantasmagorique » par Gilles Rémignard, du comité de défense des hôpitaux. Ce collectif qui conteste la volonté de fermer les trois sites hospitaliers existant a suivi depuis le début le projet de site unique. « Au départ, le chiffrage était de 240 millions, depuis on a rajouté trois blocs, plus le transfert de Joliot Curie » analyse-t-il, concluant qu’il est d’après lui « impossible, par rapport au projet d’origine » que le coût total du nouvel hôpital soit si bas, « car même si les collectivités donnent le terrain, cela doit être considéré comme une subvention » argumente-t-il.

L’hôpital va continuer à réduire la voilure jusqu’en 2024

De plus, poursuit Gilles Rémignard, la question de la crédibilité financière du GHNE se pose, dans l’optique de l’emprunt bancaire que l’établissement sera amené à réaliser : « ce que l’hôpital ne dit pas, c’est qu’il est dans une ruine financière, il n’empruntera pas dans de bonnes conditions ». Au contraire selon Guillaume Wasmer, « on a fait un premier tour de table avec les banques, et vu le soutien public que nous avons, il ne devrait pas y avoir de problèmes pour emprunter ».  Car la condition sine qua non de réussite du projet est bien le respect de la « trajectoire financière » posée par l’établissement, autrement dit les économies qu’il doit mettre en place au sein des hôpitaux.

Depuis l’automne, le GHNE est suivi par une instance nommée RPI (revue de projet d’investissement). Cet organe ministériel surveille les projets validés par le Copermo et analyse la bonne tenue des objectifs financiers promis. Surtout, le respect des engagements pris conditionne les différentes tranches de versement de la subvention nécessaire à la construction du nouvel hôpital. Après une année 2017 lors de laquelle le déficit de l’établissement a atteint 7,5 millions d’euros, à quel niveau se situera-t-il en 2018? « On a une situation plutôt dégradée par rapport à l’an dernier » avoue timidement le directeur, précisant être en train de « refaire une trajectoire pour la fin de l’année ». Une chose est sûre, des efforts vont continuer à être demandés au personnel. Ce qui ne sera pas sans conséquences sur le climat social de l’établissement, et donc ses ressources. Début 2018, la grève des blocs opératoires, qui avait duré quatre semaines, aurait par exemple entrainé une perte sèche de 1 million d’euros de recettes.

« C’est conjoncturel » argumente Guillaume Wasmer, qui se montre confiant sur les résultats à attendre des différentes réorganisations : « les pertes de recettes sont liées à une baisse d’activité sur l’ensemble de la région, nous avons pendant ce temps restructuré notre médecine et notre chirurgie ». En octobre dernier, c’est le pôle maternité et pédiatrie qui a lancé une grève ainsi qu’une pétition, contre la suppression de postes d’aide-soignants et d’assistantes puéricultrices dans les services. Une mobilisation payante puisque le projet est « gelé » pendant l’hiver et sera renégocié début 2019. Pas de quoi rassurer cependant du côté du personnel, qui reste inquiet quant aux projets à venir. Pour Philippe Larquier, secrétaire de Sud-Santé pour l’hôpital de Longjumeau, « la direction prévoit toujours une restructuration complète de notre service avec la pédiatrie d’Orsay, on ne sait pas ce qui nous attend ». Le représentant syndical a conscience que « le projet d’hôpital sur Saclay est assujetti à une trajectoire budgétaire cohérente prévue dans le Copermo » et que comme ces dernières années, « cela revient à dire que c’est au personnel de faire les efforts ».

Faire plus avec moins

L’horizon semble donc bien sombre aux yeux de ces infirmiers, aide-soignantes, et autres personnels médicaux comme non médicaux. « D’ailleurs, ils avaient commencé par externaliser le nettoyage, soit 50 postes » ajoute Philippe Larquier, selon qui « l’écrémage » va se poursuivre : « ensuite il y a aura le labo, la pharmacie, le médico-technique… bien sûr on ne sera pas licenciés, mais les gens se seront pas remplacés au fur et à mesure, ou bien les CDD ne seront pas renouvelés ». La direction a ainsi annoncé la couleur, livre le représentant du personnel : « 734 postes sur un total de 2391 doivent être supprimés sur 10 ans ». Une trajectoire qui reprend les objectifs en terme de capacité d’accueil de patients prévu dans le plan ‘Hôpital 2024’. Il s’agit de réduire le nombre de lits sur le nouvel ensemble. D’après les données communiquées par le GHNE, l’établissement compte 985 lits et places à l’heure actuelle (101 à Juvisy, 475 à Longjumeau, 409 à Orsay). En 2024, l’établissement comptera 686 lits au total, dont 416 dans le nouvel hôpital de Saclay et le reste réparti dans les annexes dédiées aux soins de suite et à la psychiatrie.

« Aujourd’hui on est à 850 lits » tient à relativiser Guillaume Wasmer, car d’après lui, « entre-temps on a fermé plusieurs unités ». Son objectif affiché est de « prendre le même nombre de patients » pour garder le même niveau de recettes, tout en réduisant la voilure. Pour cela, « on va prendre plus de patients en journée et en ambulatoire » assure-t-il, afin de « garantir une bonne prise en charge de la population ». Faire mieux avec moins de personnel et de capacité? Le directeur y croit, en illustrant son propos par « une situation actuelle où la nuit, on a trois urgentistes, trois anesthésistes, trois pédiatres », pour une activité qu’il juge « disséminée » entre les différents sites. Un argumentaire qui ne passe toujours pas auprès des opposants au projet d’hôpital unique, en premier lieu car « aucune analyse complète et indépendante sur les besoins de santé dans le nord Essonne n’a été conduite » dénonce Gilles Rémignard. Pour le porte-parole du comité, le projet « ne correspond pas aux besoins de santé, mais à une volonté politique de fermer des hôpitaux ».

Cette logique de la priorité donnée à l’ambulatoire conduit selon lui à « garder la très haute technicité dans le public et à donner tour le reste au privé ». Seuls ceux qui sont « capables d’être accompagnés par leur famille ou une structure » s’en sortiront car l’hôpital « ne proposera plus suffisamment de soins de suite ». Le militant cite comme contre exemple la Suède qui a réorganisé complètement son système de santé ces dernières années : « ils ont fait l’inverse, d’abord ils ont commencé à mailler le territoire et répondre aux besoins, puis dans un second temps ils ont fermé ce qui n’était plus nécessaire ». Et de s’alarmer de la situation d’un bassin de vie qui compte plus de 600 000 personnes :  « ici on a un désert médical qui va s’aggraver, c’est une logique effrayante ».

Démocratie sanitaire?

Le comité de défense des hôpitaux de proximité n’en démord pas : la plupart des habitants seront les grands perdants du projet. Gilles Rémignard se fait même véhément, en lâchant que les décideurs « veulent un hôpital dimensionné pour le plateau de Saclay, le reste ils s’en foutent ». Après plusieurs manifestations, les membres du collectif récusent les choix conduits par les autorités de santé, en dénonçant l’absence complète de prise en compte des besoins du territoire. Ils se mobiliseront une nouvelle fois ce samedi matin, devant les trois hôpitaux pour un concert de casseroles, dans le cadre de la journée nationale de mobilisation hospitalière. « Notre objectif est de maintenir à minima les hôpitaux réhabilités, si le gouvernement veut son hôpital de luxe, qu’il le construise » conclue-t-il.

Dans la communauté médicale, le projet est soutenu par une grande partie des médecins qui y voient la promesse d’exercer dans de meilleures conditions dans un édifice flambant neuf. Dans la lettre de la maire de Longjumeau Sandrine Gelot, le chef du pôle anesthésie-chirurgie-bloc de l’hôpital de Longjumeau, Jean-Christophe Paquet, place ainsi le fait que « la chirurgie en 2018 n’a plus rien à voir avec ce qui existait en 1991 » quand il débuta à Longjumeau. Celui-ci se dit donc convaincu par « l’idée de reconstruire une structure à haut potentiel technologique pour héberger les patients hospitalisés et regrouper les plateaux interventionnels ». Il entend ainsi « différencier les soins primaires (de proximité, d’urgence) et les soins secondaires qui relèveront d’un hôpital de pointe comme sera celui de Saclay ». Un discours que rejoint la maire de Longjumeau et présidente du conseil de surveillance du GHNE, qui dans sa lettre vante un site de Saclay, « siège de la recherche française, (où) le futur hôpital pourra nouer des partenariats avec des institutions telles que le CEA (pour la médecine nucléaire) ». Elle évoque par ailleurs des « raisons de qualité et de sécurité de prise en charge », pour « déplacer de 12 km » le plateau technique (blocs opératoires et maternité).

Mais tous les élus concernés ne l’entendent pas de cette oreille. Robin Reda, ancien maire de Juvisy et actuel député, a interpellé ce mardi le gouvernement à l’Assemblée nationale. Dans une question posée, il affirme tout d’abord que le projet d’hôpital unique « se fait au mépris des réalités du désert médical ». La fermeture annoncée des sites hospitaliers d’Orsay, Longjumeau et Juvisy entre pour lui en contradiction avec « la promesse de la ministre de ne pas fermer d’hôpitaux de proximité ». Il voit par ailleurs comme « probablement une bonne nouvelle » la construction pour 2024 d’un nouvel hôpital à Saclay, mais selon lui, « la modernité ne doit pas être réservée à quelques uns ». Pour l’élu de Juvisy, la fermeture prévue pour 2021 de son hôpital, selon le calendrier posé, « représenterait un risque grave ». Il dénonce enfin ce qu’il nomme « le chantage dont sont victimes les élus de Juvisy-sur-Orge, sommés de livrer aux promoteurs les sites hospitaliers de Juvisy pour financer la construction d’un hôpital sur le plateau de Saclay, où les habitants de ce bassin de vie n’iront jamais ».

Les CCSU peuvent-ils remplacer les urgences?

Les mots sont durs de la part du député, qui se dit d’ailleurs avec ses collègues du secteur de Juvisy, « otages de décisions comptables, arbitraires, déconnectées des réalités quotidiennes », avant de dire à la ministre qu’il est pour lui « urgent de retrouver le chemin du dialogue » avec les autorités de santé. En guise de réponse, la secrétaire d’Etat Christelle Dubos assure « tout mettre en oeuvre pour résoudre les difficultés rencontrées par de nombreux concitoyens ». Elle revient ensuite sur les mesures présentées en septembre dernier, le plan santé 2022, qui comprend notamment la suppression du numerus clausus. Pour la situation du nord-Essonne, elle réitère « l’engagement du Copermo de financer le nouvel hôpital de nouvelle génération sur le plateau de Saclay, accessible en moins de 30 minutes par tout transport sanitaire ». A la place des hôpitaux de proximité, la secrétaire d’Etat défend ainsi « la mise en place de trois centres de consultations et de soins urgents, les CCSU, ce qui va permettre d’apporter une réponse territoriale aux besoins de vos concitoyens ». Ces centres permettront d’après elle, « de prendre en charge l’urgence non vitale du département jusqu’à 35000 passages par an, et associeront une offre étendue de consultations spécialisées ainsi qu’un plateau technique avancé ».

Ouvert en décembre 2017, le premier CCSU est située à l’entrée de l’hôpital de Longjumeau. Cette expérimentation doit servir de modèle aux deux prochains centres annoncés, celui de Juvisy qui doit ouvrir en 2021, ainsi qu’un troisième à Sainte-Geneviève-des-Bois. En un peu plus de 10 mois, 10 000 patients y ont été traités. Le personnel ne se dit d’ailleurs pas opposé à l’ouverture de ces centres. « Oui, c’est utile, en complément des urgences, ça les désengorge » note Philippe Larquier de Sud-Santé. Tout en se montrant sceptique sur leur devenir : « si on n’a plus d’hôpital, on se pose la question de comment ça peut continuer, car à l’heure actuelle cela marche car le CCSU est adossé au service d’urgences et son plateau technique ». Députée de la circonscription et membre de la majorité, Marie-Pierre Rixain se réjouit pour sa part des « résultats prometteurs » du premier CCSU, « notamment dans la répartition des urgences entre les cas vitaux et non vitaux ». Selon elle, le centre « épaule » l’hôpital mais « n’a pas vocation » à le remplacer, « ni à être un hôpital ambulatoire ».

La députée a intégré « les orientations prises aujourd’hui de regrouper les sites hospitaliers » et pense que « l’on ne peut pas revenir sur cette décision ». Mais si elle concède que le site de Saclay « n’est pas le meilleur emplacement » au regard des bassins de vie existants, elle affirme que le projet d’ensemble permettra « d’offrir une médecine plus performante et de maintenir des équipes de pointe » dans l’établissement, grâce aux perspectives promises. Elle espère ainsi arriver avec les CCSU à « une coordination plus étroite avec la médecine de ville, dans un schéma autre que celui d’un hôpital, plus adapté aux réalités actuelles ». Dans la droite ligne de la politique gouvernementale, elle défend donc un système « plus souple, plus agile, plus adapté aux territoires périurbains et ruraux », qui selon elle garantira « des soins de proximité », ce, « en complément des maisons de garde, des maisons de santé ou des futures communautés professionnelles ». La lecture de la situation est totalement différente pour Robin Reda, pour qui « malgré de nombreuses années de sous financements chroniques, et la vétusté des locaux, les urgences de Juvisy enregistrent 30 000 passages par an, c’est en constante augmentation ». De quoi faire dire à Gilles Rémignard, chef de file des opposants à la fermeture des hôpitaux de proximité, que le député « a énormément évolué dans sa position, il met maintenant indirectement en cause la maire de Longjumeau qui défend le projet ». La fermeture dans 3 ans de l’hôpital de Juvisy entrainera sans nul doute un remodelage complet de la géographie médicale, avec des conséquences à attendre du côté des autres hôpitaux des alentours. Car tous les patients du secteur ne se feront certainement pas soigner à Saclay. « Les pompiers nous le disent, ils iront à Corbeil ou à Villeneuve » ajoute-t-il, lucide.