Le programme Idex vise à ce que se développent en France des « universités de recherche de rang mondial ». Le gouvernement suit les recommandations émises par ce jury international, pour faire bénéficier les campus du pays de son programme des Investissements d’avenir. C’est dans ce processus que concoure la Comue (Communauté d’universités et d’établissements) Paris-Saclay, regroupant les instituts, grandes écoles du Plateau et trois universités.

Notre dossier sur l’université Paris-Saclay

Lancé en 2012, le programme des Investissements d’avenir (PIA) avait bénéficié dans un premier temps à 8 regroupements universitaires, dont Paris-Saclay dans le cadre de la Fédération de coopération scientifique (FCS). La poursuite de ces financements est cruciale pour la conduite du projet l’UPSaclay. C’est ainsi qu’un point d’étape de ce programme est en cours depuis deux ans. Après le dépôt d’un nouveau dossier, le projet Saclay devait de nouveau faire ses preuves pour continuer à bénéficier de la manne de l’Etat.

En avril 2016, tandis que trois projets étaient retenus dans la seconde vague du ‘PIA’ : Aix-Marseille, Bordeaux et Strasbourg,  il était notifié une période probatoire de 18 mois pour Paris-Saclay et deux projets parisien, Paris Sciences et Lettres (PSL) et Sorbonne Universités (lire notre article). Ces un an et demi ont été mis à profit par les porteurs de l’université Paris-Sacay pour constituer un regroupement resserré d’établissements, qui a débouché à l’automne sur la présentation du nouveau modèle d’université « cible ». Le 18 décembre dernier, le dossier Idex était bien déposé par 3 universités, 5 écoles et 6 organismes de recherche associés.

Retour sur la quête d’un chemin universitaire pour Paris-Saclay

Le jury a auditionné les chefs d’établissements, mais aussi des doctorants et étudiants choisis pour l’occasion, le 13 février dernier. Le 13 mars, une délégation restreinte a également été reçue par les membres de l’instance d’évaluation. Trois mois après le dépôt de leur dossier, auprès du jury international de l’Idex, la décision est finement tombée. Le gouvernement suit les recommandations du jury international, et a annoncé confirmer un 4ème campus intégré dans le seconde vague du PIA, celui de Sorbonne Université (qui a perdu entre temps un ‘s’), suite à la fusion des universités Pierre et Marie Curie et Paris-Sorbonne (ex Paris VI et Paris IV). Les projets Paris-Saclay et PSL obtiennent eux la prolongation de leur période probatoire pour une durée de 30 mois « afin d’atteindre définitivement leur objectif et de créer une grande université de recherche aux standards internationaux » indique un communiqué ministériel.

Le jury attend de voir

Les services de l’Etat précisent qu’en attendant, « ces projets sont donc naturellement financés ». Plus précisément, cette prolongation vise à soutenir des projets « qui touchent au but » mais n’ont « pas encore pleinement atteint » les objectifs assignés : créer une université de recherche intégrée et de visibilité internationale. Si le jury a considéré que le projet Paris-Saclay et son homologue parisien étaient « sur la bonne voie », ces évolutions « positives » constatées devaient être confirmées dans les prochaines années. C’est le 1er janvier 2020 que doit officiellement naître l’université Paris-Saclay, des composantes de l’UPSud, avec les écoles membres en son sein. Ce nouveau modèle promet une meilleure lisibilité, une gouvernance remodelée, et une sélection affichée des étudiants, le tout pour atteindre « l’excellence » (lire notre décryptage).

Le jury de l’Idex jugera donc sur pièce l’efficacité et la crédibilité de cette évolution de l’organisation de l’enseignement supérieur. Le gouvernement demande ainsi aux membres de l’UPSaclay de « transformer l’essai », en « créant de façon effective et irréversible la grande université de recherche qu’ils appellent de leurs voeux ». Les conditions d’accomplissement de cet objectif sont enfin annoncées par le sommet de l’Etat. Il s’agira pour l’université Paris-Saclay de « démontrer l’existence d’une stratégie propre qui soit plus unifiée » et d’adopter des règles de gouvernance pour étendre les pouvoirs du président : main-mise sur les budgets des membres, dernier mot sur les nominations et signature de tous les diplômes « sans exception ».

A ces conditions, et seulement, la poursuite du programme des Investissements d’avenir, sera possible après 2021 pour l’université Paris-Saclay. Ces nouvelles ont en tout cas été bien accueillies du côté des premiers concernés. Les membres de la Comue impliquées dans le projet d’UPSaclay se réjouissent dans un communiqué commun des annonces gouvernementales, suite aux choix du jury de l’Idex. « Les ambitions, les objectifs et les moyens du projet Université Paris-Saclay sont confirmés« , réagissent les directeurs des établissements membres du projet. Pour le président de la Comue Gilles Bloch, « C’est avec une joie profonde que nous accueillons cette décision. Elle confirme la pertinence de la vision que nous portons et souligne le travail ambitieux et collaboratif que nous accomplissons ».

Sylvie Retailleau, la présidente de l’université Paris-Sud se réjouit elle « de la poursuite du projet Idex Université Paris-Saclay ». Pour elle, « l’intégration de l’Université Paris-Sud en 2020, sera la prochaine grande étape de ce prodigieux travail collectif de construction d’une nouvelle université du 21ème siècle ». La décision de prolonger la période probatoire est traduite comme une « certification par l’Etat de cette Initiative d’excellence » qui selon ses mots, « validera ainsi la pertinence et la robustesse de ce modèle ».