L’ancienne fac d’Orsay Paris-11 entame une bascule historique. Après des mois de tractations, les instances représentatives de l’université Paris-Sud, qui compte 30 000 étudiants et 2500 enseignants et chercheurs, ont approuvé la trajectoire de l’université Paris-Saclay. Les composantes de l’établissement d’enseignement supérieur doivent « s’hybrider » selon la formule consacrée, au 1er janvier 2020 pour créer officiellement l’université de plein droit Paris-Saclay. La feuille de route du nouvel ensemble, regroupant à terme 3 universités, 5 grandes écoles et des instituts de recherche, avait été rendue publique fin novembre (lire notre article).

Malgré la présence en début de séance des représentants de l’intersyndicale, qui étaient ces dernières semaines montés au créneau, le projet a été largement approuvé par les administrateurs de Paris-Sud, avec 25 voix pour, 5 voix contre et 3 abstentions. Un texte a ainsi été lu devant les membres du conseil d’administration de l’UPSud, avant que la présidente n’ouvre la séance. Plusieurs représentants du personnel ont alors tour à tour pris la parole pour lire la déclaration qui avait été préparée. « L’université Paris-Sud n’a pas attendu le projet d’Université Paris-Saclay pour être, depuis très longtemps, une université de recherche intensive et de rang mondial », a débuté une enseignante.

Revenant sur l’identité de leur université, ils ont tenu à déclarer que malgré les quêtes de classements internationaux, Paris-Sud a « aussi assuré jusqu’à aujourd’hui avec un haut niveau de qualité toutes les missions qui font l’honneur d’une université au service de la société ». Avant d’enchaîner sur les griefs faits à la nouvelle structure modèle de l’enseignement supérieur, qui « avait pu, par son ambition initiale, séduire beaucoup d’entre nous ». Pour eux, l’université Paris-Sud vote « unilatéralement son propre démantèlement » dans ce processus, « en abdiquant toute maîtrise de son avenir, en supprimant son CA démocratique » ou encore « en mettant en place un système de tri a priori des étudiants dans des filières étanches et différenciées ».

Notre décryptage : A la recherche de la recette de l’excellence (abonnés)

Sylvie Retailleau a ensuite pris la parole pour remercier les personnels d’avoir lu leur message. Puis après leur départ, et critiquant une pétition lancée dont elle annonce avoir eu « la surprise de constater qu’elle était ouverte à la France entière », elle a ouvert les débats sur la délibération à l’ordre du jour de cette séance du CA. Sans leur répondre directement, la présidente de Paris-Sud a parlé « audace » et « respect des missions de service public » pour convaincre son auditoire, annonçant selon plusieurs participants sa volonté d’amener des « moyens » sur la table pour le projet, tout en assurant une « vigilance » sur les modalités encore floues de la future université.

La prochaine étape, avant le dépôt du dossier Idex, c’est la nécessaire adoption par les instances des autres membres de l’UPSaclay du modèle d’université cible. A commencer par l’université Versailles-Saint-Quentin, ainsi que celle d’Evry, qui se réunissent à ce sujet ce mardi 5 décembre. Pour le second établissement essonnien, appelé à fusionner dans Paris-Saclay d’ici 2025, les conséquences ne semblent pas totalement claires, ce qui a conduit plusieurs usagers et personnels à demander des garanties à leur présidence (lire notre articleabonnés).

Notre dossier complet sur le projet d’université Paris-Saclay