A l’étroit dans un ancien gymnase de Châtenay-Malabry, les équipes de l’Agence française de lutte contre le dopage attendaient le feu vert pour leur déménagement. Il faut dire que l’enjeu est de taille pour l’organisme, qui prévoit d’être très mobilisé en vue des deux évènements majeurs que le pays accueillera en 2023 et 2024, la coupe du monde de rugby puis les Jeux olympiques. La cinquantaine de membres de l’organisme étaient en quête d’un point de chute, plus moderne et en capacité de recevoir et traiter de nombreux échantillons.

C’est au sein du campus d’Orsay, en vallée, que l’AFLD va donc prendre ses quartiers, dans le bâtiment 409, « occupé actuellement par une partie des équipes de l’Institut de Génétique et Microbiologie » indique l’université Paris-Sud, qui précise que ces dernières « rejoindront le nouveau bâtiment de l’Institut de Biologie Intégrative de la Cellule (I2BC – CNRS/CEA/Université Paris-Sud) sur le campus de Gif-sur-Yvette ». Un jeu de chaise musical qui doit permettre, après travaux, d’accueillir les équipes de l’agence « dès 2022 ». L’Etat via le ministère des sports doit également allouer une enveloppe de 10 millions d’euros au laboratoire pour son installation.

Dans un communiqué, la direction de l’agence s’est réjouie des « prometteuses perspectives de collaboration scientifique » ouvertes par cette arrivée au sein du campus, avec « l’adossement à une université prestigieuse, dotée d’équipes de recherche et de plateformes techniques de pointe dans le domaine de la chimie analytique ». Même satisfaction du côté de l’UPSud qui s’apprête à accueillir l’agence. Selon l’établissement, cette arrivée de l’AFLD lui offrira « l’opportunité de s’inscrire dans un environnement scientifique très porteur qui, à terme, bénéficiera à ses pratiques d’analyse et le rendra encore plus attractif sur un marché désormais mondial ». De nouvelles collaborations pourraient aussi se développer avec certains laboratoires de l’université, espère-t-elle.

Si l’on se réjouit côté Orsay, la déception est grande pour l’autre territoire qui souhaitait attirer le laboratoire antidopage. Et celui-ci n’était autre que l’agglomération Grand Paris Sud, autour d’Evry, qui comptait intégrer l’AFLD dans son projet de « cluster sport ». Les deux sites candidats essonniens s’étaient en effet livré une guerre « feutrée » durant des mois pour s’attirer les bonnes grâces ministérielles, comme le rapporte un dossier publié dans le Monde. Les deux sites universitaires ont pourtant leur destin lié au sein du projet d’université Paris-Saclay.

Notre dossier sur l’université Paris-Saclay