Comme désormais tous les vendredis, retrouvez les sujets qui font débats chez nos lecteurs-abonnés, à travers le meilleur des commentaires et contributions publiés sur Essonne Info.

On commence par un dossier très important de l’actualité essonnienne de ces dernières semaines : l’abandon par la FFR du projet de Grand stade à Ris-Orangis (notre dossier complet). Le sujet a rebondi le week-end dernier avec l’annonce à ses voeux par le maire Stéphane Raffalli d’une requête des collectivités au tribunal administratif, parce qu’elles s’estiment lésées dans l’affaire (lire notre article). Un de nos abonnés, Gérard Prévost, estime qu’il faut maintenant arrêter les frais autour de ce projet :

« C’est effarent de voir des élus sur les finances des citoyens, poursuivre en justice pour des projets qui ne font absolument pas un accord très largement majoritaire de la population. De plus, on peut douter du coté désintéressé de ce projet que le futur utilisateur ne veut pas lui-même. La ville de Ris et les diverses subventions qui ne manqueraient pas d’être allouées par ailleurs viennent encore par les impôts citoyens qui ne sont absolument pas consultés au niveau des composantes « subventionnantes ». C’est un scandale type Notre Dame des Landes qui heureusement trouve ici une fin heureuse. Les terrains trouveront bien une utilisation utile au plus grand nombre ne serait-ce qu’en restant des espaces verts peut-être même à reboiser. »

Autre réaction à l’actualité locale du côté de nos abonnés, l’attribution, depuis le 1er janvier 2017, d’une avenue à Serge Dassault sur la commune de Corbeil-Essonnes. Ce changement d’adresse avec une partie du boulevard Jean Jaurès qui porte désormais le nom du sénateur et industriel dérange, comme nous vous le racontons ici. Notre lecteur Patrick Grivon en profite pour nous rappeler le procès de l’ancien maire de Corbeil-Essonnes qui reprend à partir de la semaine prochaine :

« D’ici cette inauguration : Le procès de Serge Dassault, accusé d’avoir caché au fisc des dizaines de millions d’euros, reprendra à partir de lundi prochain 16 janvier. Trois demi-journées d’audience sont prévues, les 16, 18 et 19 janvier devant la 32e chambre. Il faut espérer que ces audiences seront largement suivies par les Essonniens et couvertes par leurs médias, pour ceux qui ignorent encore le cynisme du personnage. Un agenda judiciaire qui n’a nullement freiné notre sinistre champion du monde de la vente d’engins militaires: selon le classement annuel des plus grandes fortunes mondiales, (cf magazine Challenge) Dassault a gonflé sa fortune de 2,5 milliards d’euros depuis 2015 (passant de 17,5 à 20 milliards d’euros) »

Et puis, le sujet qui a le plus suscité de réactions, auprès de nos abonnés comme sur les réseaux sociaux, est celui du projet de changements des branches pour le RER D, qui devrait entrer en application pour la fin 2018 (lire notre article). Florilège des réactions lues à travers les réseaux sociaux à nos articles, ainsi qu’une contribution de l’un de nos lecteurs, élu municipal à Mennecy.

Sur notre page Facebook, on peut notamment lire de la part de Maud : « Il n’y aura donc plus de Paris direct pour les usagers en début de ligne, via Ris-Orangis. Bref, tous ceux qui ne passent pas Evry val de Seine, Grand Bourg, Ris vont devoir changer à Juvisy. Vive la galère… ». Ophélie nous écrit : « Je suis une utilisatrice régulière du RER D. Je vis à Malesherbes et je vais travailler tous les jours à Évry. Je mets déjà 3h aller-retour et je n’ai pas le permis. La où on nous dit de moins prendre notre véhicule, et on nous prend en otage avec le RER. Et à terme on nous dit qu’ils vont nous supprimer nos trains pour des bus…. Moi je dis Adieu Paris. Je n’irai plus. Pffff ». Abida elle, prend le RER D « à Orangis Bois de l’Epine. Déjà que c’est le bordel toutes les semaines avec le RER D direction Paris, ça va encore empirer ! » selon elle. Plus au sud, Elisa se plaint : « Pourquoi le Sud du RER D est-il toujours défavorisé ? Nous avons aussi besoin d’aller travailler, comme tous les autres ! Et après les politiques se plaignent de voir les usagers favoriser leurs déplacements en voiture et de polluer Paris ! Ca ne donne vraiment pas envie de reprendre le train et pourtant je l’ai pris pendant 20 ans. Franchement c’est du n’importe quoi. Ras le bol »

Enfin, nous publions dans son intégralité une contribution d’un de nos lecteurs, Jean Feret, blogueur, adhérent de la SaDur, également élu municipal à Mennecy et à la Communauté de communes du Val d’Essonne. Il reproche l’action de ses collègues élus qui ne se seraient pas assez opposés au projet du Stif et de la SNCF : 

« Utilisateur occasionnel du RER D personnellement, mais j’ai un fils et une épouse qui sont des utilisateurs quotidiens pour se rendre à Paris pour le travail. Je suis aussi conseiller municipal à Mennecy, conseiller communautaire à la CCVE et j’ai participé à la commission transport de la CCVE jusqu’en juillet 2016. J’en ai été ensuite été éjecté sous la pression du maire de Mennecy. J’ai aussi participé, chaque fois que c’était possible depuis 2008, aux comités de ligne et aux réunions avec SNCF. J’ai participé aussi à la commission transport de l’AMIF, jusqu’en 2014, mais je n’y suis plus le bienvenu, toujours à cause de mon incompatibilité avec le maire de Mennecy. Enfin, et surtout, je suis un adhérent de Sadur. On me trouve sur le forum de l’association sous le pseudo x58.

Je veux témoigner en premier que la surprise exprimée par les élus du sud Essonne est feinte. La première réunion de ces élus sur le thème précis du débranchement de la Corbeil – Malesherbes et la réorganisation du RER D a eu lieu en avril au Conseil départemental. Difficile de le nier… Et je me demande aujourd’hui si la posture ne consiste pas à gesticuler et faire du tapage pour être défendable vis-à-vis des électeurs. Car tous ces élus qui s’opposent aujourd’hui n’ont rien manifesté entre avril et novembre. Le premier signe est venu de la mairie de La Ferté-Alais, qui a annoncé la réunion du 5 décembre de Ballancourt sur son site Internet et ses panneaux lumineux. J’ai repris l’information sur mon blog personnel le jour même. Et seule la mairie de Ballancourt l’a annoncé, sur son site Internet aussi, quelques jours plus tard. C’est assez désolant. Un enjeu de cette importance aurait mérité d’être porté à la connaissance du public le plus vite possible.

Je veux aussi exprimer mon admiration pour le directeur de la ligne D, Julien Dehornoy, qui a osé se présenter seul à la réunion de Ballancourt, seul car les élus ne l’ont guère soutenu, à part Stéphane Beaudet. Je l’ai revu plus tard à la réunion pour les adhérents de Sadur. Il connaît bien les enjeux, il défend l’organisation qu’il dirige et il y croit. Je pense que nous aurions tous à gagner à lui faire avouer ce qu’il lui manque vraiment pour nous satisfaire, car c’est probablement le plus affuté sur ce sujet. Mais comme tous ses prédécesseurs nous l’ont expliqué, la SNCF est une organisation très compartimentée, avec des directeurs très jaloux de leurs prérogatives et guère portée sur la performance collective.

Par contre, je ne peux que me désoler sur l’inefficacité de toutes les instances de concertation, de pilotage ou de planification. Il n’y a pas eu de comité de lignes en 2015 et 2016. C’est pourtant là que le sujet aurait dû être mis sur la table et travaillé, depuis 2009 et l’adoption du schéma directeur de la ligne D. Nous avons aussi une association des élus de la ligne D, créée en 2009 ou en 2010, jamais utilisée. Le département intervient sur le sujet, ce n’est pas sa compétence, c’est celle de la région. Son intervention est néfaste. Enfin, à la région et au STIF plus particulièrement, on oublie ce qui a été décidé : 

Des études dès 2009 pour, dès 2015, utiliser une infrastructure et une exploitation plus performante. Où est passé l’argent donné à SNCF et RFF ?
Le SDRIF qui parle d’équité dans son premier tome et de la définition du RER dans le 2nd tome, depuis 2013
Le PDUIF, qui explique que le RER assure une liaison continue entre la grande couronne et Paris, depuis 2014.

Bref, tous ces élus ne méritent pas notre estime. Il y a des solutions pourtant, il faudrait écouter les cheminots et leur faire entendre ce dont nous avons besoin. C’est la seule issue. Mais elle n’est pas au STIF ».