La rédaction d’Essonne Info a publié plusieurs dossiers sur les enjeux du Plateau de Saclay ces dernières semaines, dont certains ont suscité les réactions passionnées de nos lecteurs et abonnés. Notre enquête (abonnés) ‘Cluster Saclay : y’a t-il un pilote dans l’avion?’ nous a valu de nombreux retours et réactions de la part de nos lecteurs et des institutions locales. Plusieurs remarques sont revenues sur la difficile coordination du projet d’ensemble réunissant l’enseignement supérieur et la recherche, l’aménagement et le développement économique, une de nos lectrices utilisant même le terme « d’emélimélotage » de tous ces acteurs qui agissent sur le Plateau. L’établissement public (EPAPS), dont l’action est critiquée par la Cour des comptes, comme nous l’explicitons dans notre article, nous a également fait parvenir ses remarques, rendant compte des « difficultés » de son travail sur place, en étayant son propos par un document de 24 pages reprenant toutes les « démarches de concertation mises en oeuvre par l’EPA Paris-Saclay » depuis 2009, soit « presque 100 réunions ».

Parmi les contributions publiées, celle de Harm Smit, du collectif Colos qui milite contre l’urbanisation du Plateau, qui s’inspire du titre de notre dossier pour étayer son propos : « Il y a au moins deux pilotes dans l’avion, qui ont un profond désaccord sur l’itinéraire à suivre et qu’au plus haut niveau de l’Etat on n’a pas réussi à mettre d’accord, ce qui est logique car ils représentent deux visions radicalement divergentes de l’enseignement supérieur. Divergence qui ne date pas d’hier et que mettent en lumière les annexes du rapport de la Cour. Se greffe là-dessus le problème du gigantisme de l’opération Paris-Saclay, qui, même en dehors de cette divergence, aboutira à un mastodonte ingouvernable qui ne saura prétendre à l’excellence recherchée. Ainsi, l’avion est mis sur une orbite qui échappe au pilotage, quel qu’il soit. »

Autre sujet, toujours concernant le Plateau, qui a valu plusieurs commentaires de nos lecteurs : le projet d’hôpital unique sur Saclay, pour remplacer les trois sites hospitaliers existants de Juvisy, Longjumeau et Orsay (lire notre article). Membre du comité de défense des trois hôpitaux, opposé à leur fermeture, Gilles Rémignard publie une longue contribution à la suite de cet article, pour dit-il « concevoir une alternative » à celle annoncée. Extraits : « Ces décideurs de l’hospitalisation publique veulent garantir l’ »attractivité »…du jargon néo-libéral dont se fichent bien l’AVC ou la pyélonéphrite! Les gens veulent de la proximité. Ils n’ont que faire d’une nouvelle usine à soins où productivité et rentabilité seront les maitres mots! Quel est le surcoût engendré par les transports sanitaires (VSL, Ambulances) qui devront transporter vers Saclay les patients de la zone la plus à l’est, eu égard au vieillissement prévu de la population et de la raréfaction des médecins de ville? Combien de temps aux heures de pointe pour transporter un AVC de Juvisy à Saclay? Comment la disparition des urgences freinera-t-elle dans ces zones déjà ultra-fragilisées la désertification médicale? Quelle analyse du taux de fuite attendu vers les autres centres hospitaliers publics de toute façon aussi éloignés? ». Plusieurs lecteurs se sont aussi exprimés sur notre page Facebook à ce sujet, comme Martine qui témoigne : « Quand tu habites Athis-Mons , Saclay ce n’est pas à côté , il vaut encore mieux aller à Corbeil. Et pour les personnes qui n’ont pas de véhicule, quelle galère ! Comme toujours des décisions prises sans tenir compte de l’usager ». Nul doute que le sujet continuera à faire débat localement.

En compagnie de Jean-Marie Vilain, François Fillon était en déplacement à Viry-Chatillon en novembre dernier (JL/EI)

En compagnie de Jean-Marie Vilain, François Fillon était en déplacement à Viry-Chatillon en novembre dernier (JL/EI)

La présidentielle en Essonne au crible

Parmi les autres sujets qui ont généré des réactions et commentaires de votre part, la campagne présidentielle, qui ne manque bien sûr pas de piment en Essonne. A droite, l’annonce de la défection massive d’élus et responsables de la campagne de François Fillon (lire notre article), le 3 mars, a été suivie de nombreuses réactions sur nos réseaux, notamment sur Facebook. Avec des lecteurs qui font part de leur étonnement. « Je comprends que la décision prise aujourd’hui par certains de mes amis du département qui demandent à François Fillon de retirer sa candidature ne doit pas être facile à prendre » commente ainsi le maire de Villabé et soutien de la première heure de l’ancien Premier ministre, Karl Dirat, qui poursuit : « Je comprends que pour certains d’entre eux qui étaient ou qui allaient être investis pour les législatives que cette prise de position doit être très très difficile. Cependant, je relativise car combien d’entre eux soutenaient François Fillon lors des primaires de la droite et du centre ? En ce qui me concerne, s’il doit en rester un seul à le soutenir en Essonne, je serai celui-là ! ». D’autres lecteurs sont plus vindicatifs à l’égard des signataires du texte, comme Anaïs, pour qui « si il est élu, et eux aussi comme député-es, ils voteront toutes ses lois des deux mains et des deux pieds », ou ‘Pol Treize’, qui ironise : « Tout a une fin et il faut laisser la place aux nouveaux. J’adore ceux qui simulent une loyauté envers une personne qui ne semble pas en faire usage ».

Notre lecteur Roger Parisot laisse lui un avis différent dans une contribution à notre article : « Tout cela est très bien orchestré par M. Fillon et la droite. Pendant ce temps-là, on ne parle plus de son programme avec 500 000 fonctionnaires réduits au chomage, la diminution du nombre d’enseignants et du nombre de personnel soignant, la fin de la sécurité sociale. Bravo à eux pour cette campagne en trompe l’oeil ».

Deux semaines après, toujours à droite, c’est le revirement de position de ces élus, qui acceptent finalement la candidature Fillon, qui vous interpelle de nouveau, toujours sur notre page Facebook. « En Essonne, on retourne sa veste plus vite que son ombre ! » nous dit Christian, « Bande de rigolos » ajoute Malou, tandis que Louis-Ernest est plus cassant : « Maintenant ils sont tous complices ». Ancienne référence des primaires de la droite en Essonne et candidate aux législatives, Laure Darcos tient de son côté à commenter : « Notre famille politique a su être soudée face aux épreuves. Elle doit se regrouper pour préparer la victoire. C’est ce devoir de rassemblement qui m’a amenée à rester discret dernièrement. Certes, sur les plans éthiques et stratégiques, je respecte la motion courageuse des élus de notre département, qui ont suggéré à François Fillon son retrait, son programme restant inaudible. Mais je respecte tout autant ceux qui restent attachés à la logique des primaires, et qui croient impossible, car trop tardive, une autre alternative ».

La gauche n’est pas en reste, avec les tergiversations du côté d’une certaine frange du PS à s’engager dans la campagne du candidat Benoit Hamon. Chez les partisans de Manuel Valls à Evry, les cadres du PS rechignent ainsi à distribuer les tracts et coller les affiches du vainqueur de la primaire de gauche (lire notre article). De quoi créer la polémique localement, notamment sur notre page Facebook. Où les réactions sont piquantes : « ça, c’est un homme de décision! Parfaitement au clair avec ses idées politiques ! Il n’aurait pas été Premier ministre, ou même candidat à la Présidence » réagit par exemple Raymond. Pour Pierre, le constat est très amer en parlant du soutien ou non de Manuel Valls au candidat Hamon : « Si il ne le fait pas il montrera son vrai visage de traitre! ».

Bien d’autres sujets ont suscité vos réactions, approbations, coups de gueule ou approfondissements. Nous allons tout faire pour relayer au maximum votre parole dans nos commentaires sur le site, sur nos publications des réseaux sociaux et vos contributions par mail. Faisons d’Essonne Info, plus que jamais, un média participatif !

N’oubliez pas que vous pouvez participer vous aussi à l’oeil des lecteurs en envoyant vos contributions à redaction[@]essonneinfo.fr, ou en vous abonnant à nos pages Facebook ou Twitter.