Notre dernier article de la rubrique L’oeil des lecteurs faisait la part belle à vos réactions et contributions à nos articles sur la campagne présidentielle en Essonne (à lire ici). Certains de vos commentaires étaient pour le moins acerbes quant au déroulement de la campagne et ses rebondissements, particulièrement dans le camp Fillon. Cette semaine, ce sont les suites de la désertion de Manuel Valls de la campagne de son parti et du candidat Benoit Hamon, pour apporter son soutien à Emmanuel Macron, qui vous fait le plus réagir.

Et d’abord sur les réseaux sociaux, comme Twitter, où l’annonce de Manuel Valls chez Jean-Jacques Bourdin donne l’occasion à Emmanuelle de ressortir un tweet du bras-droit de l’ancien maire d’Evry.

Dans nos articles aussi, vous êtes plusieurs à vous lâcher après l’annonce choc de l’ancien Premier ministre de ne pas respecter ses engagements de la primaire de la gauche (lire notre article). Notre lecteur Michel Mombrun y signe cette contribution : « ce comportement lamentable, renforce chez les citoyens, leur perception que les politiques n’ont aucune parole, et ne tiennent jamais leurs engagements. Prétexter qu’il s’agit de l’intérêt supérieur de la France, donne à réfléchir à toutes celles et ceux qui consacrent tant de temps depuis tant d’années, à l’intérêt majeur des Humains, d’ici et d’ailleurs ». Et de conclure, sèchement : « Le « mauvais » exemple vient d’en Haut ».

Autre réaction de dégoût de notre lecteur Gérard Prevost, quelques jours plus tard, à notre article expliquant pourquoi Manuel Valls comme Malek Boutih ne risque que peu de choses au PS, malgré leur annonce de voter pour le candidat Macron : « Il leur faut boire la coupe jusqu’ à la lie, du mauvais vin qu’ils ont fabriqué par des années de trahison de la parole donnée, à commencer par le capitaine de pédalo, car au fond Valls et Macron c’est la même équipe issue de la volonté de F. Hollande » écrit-il sévèrement dans son commentaire.

Toujours sur la présidentielle, nos séries spéciales et reportages vous ont beaucoup intéressés. Parmi ceux-ci, un regard sur la campagne vu des bistrots du département, décliné en plusieurs épisodes. Dans celui consacré à Grigny, commune qui connait les plus forts taux d’abstention (à lire ici), Danièle Dugelay réagit en posant une question pleine de sens : « Je vais vous poser une devinette : Quel est l’endroit où le plus pauvre a autant de pouvoir que le plus riche ? » Réponse : Dans l’isoloir lorsque vous glissez le bulletin que vous avez choisi dans l’enveloppe. En vous abstenant, vous vous privez d’un instant magique que nous offre la République ».

L’eau qui fâche

Autre thématique qui vous a fait réagir, le débat autour de la gestion de l’eau potable, et les suites d’une séance houleuse de conseil à l’agglo Saclay traitant de la question (lire notre article). Parmi les commentaires sur les reconductions des contrats de distribution de l’eau potable, celui de Patrick Givron, impliqué sur le sujet à l’échelle départementale, qui s’en prend au traitement de la question chez certains élus. Nous publions sa contribution en intégralité :
« On retrouve dans ce déni de démocratie quasiment les mêmes ingrédients que dans le Val d’Orge, à l’approche de la fin des contrats de DSP (à 97% avec Suez, à 3% avec Veolia):
– le refus d’associer et même de consulter les usagers, ce qui laisse le champ libre aux lobbyistes, SUEZ au premier plan pour faire pression en catimini sur des élus complaisants;
– la sous-traitance par les élus de leur analyse et de leur choix à un cabinet spécialisé dans les renouvellements de DSP, plutôt que d’assumer publiquement leur soumission aux multinationales
– les pseudo-opposants à la privatisation qui accusent les militants de l’eau bien commun de « braquer les élus » par leurs actions;
– une occultation totale des enjeux de long terme d’une utilisation raisonnée de la ressource en eau, de la maîtrise du grand cycle de l’eau à l’échelle du bassin Orge-Yvette, de la réhabilitation de la qualité des eaux souterraines grâce à un plan d’envergure de développement de l’agriculture biologique évitant les intrants toxiques: rempilez pour 15 ans avec Suez, c’est rempiler avec l’absurdité d’un approvisionnement en eau à partir d’usines de repotabilisation de l’eau de la Seine à 40km de là avec une empreinte carbone désastreuse,
– Comme dans le Val d’Orge, le seul moyen pour les habitants de se réapproprier l’eau, c’est de dénoncer les attitudes de connivence, et de lâcheté, c’est de briser l’omerta, d’exiger une consultation de la population sur ce sujet essentiel, d’en finir avec ces pratiques détestables de subordination de l’intérêt général aux intérêts privés….l’eau a besoin de transparence! »