Vous êtes des dizaines, chaque semaine, à interagir avec les articles et dossiers publiés sur Essonne Info, à travers nos espaces contributifs pour abonnés, comme sur les médias sociaux que nous animons (Facebook, Twitter). A l’occasion de la fin des épreuves du bac cette semaine, et dans l’attente des résultats de nos jeunes, la nouvelle plateforme d’accès à l’enseignement supérieur, plus connue sous le nom de Parcoursup, est de nouveau en marche.

Depuis le printemps, nous vous avons proposé plusieurs sujets, des reportages, analyses et questionnements locaux sur cette réforme qui a notamment agité le milieu lycéen et étudiant dans le département.

Notre dossier sur Parcoursup

Ces articles vous ont fortement fait réagir, provoquant plusieurs débats entre nos lecteurs. Alors que les craintes faisaient jour sur ce processus conduisant à une nouvelle forme de sélection à l’université, certains lycées de l’Essonne ont connu des débrayages et mobilisations, relayés en partie par les parents et le corps enseignant (lire notre article). Des inquiétudes que notre lecteur d’Orsay Didier Missenard, lui même professeur de lycée, tient à relativiser en pointant le taux d’échec en première année de fac dans une contribution : « les réflexions que reflètent cet article passent sous silence l’un des objectifs de ce dispositif : réduire l’immense gâchis que représente l’échec massif en première année post-bac : 31% d’abandons en licence d’après une note de la DEPP de l’an dernier. Ces échecs sont démotivants et coûteux, évidemment pour les étudiants, mais aussi pour les structures universitaires qui mettent en place des modalités d’accueil qui se révèlent, pour un tiers, avoir été inutiles. S’il est difficile de savoir de quelle façon Parcoursup va effectivement fonctionner, il est prématuré de tirer à boulet rouge sur ce dispositif. Comme professeur principal de terminale, j’ai trouvé son déroulé plutôt encourageant jusqu’ici : laissons-lui le bénéfice du doute en espérant qu’il permette, mieux qu’avant, aux étudiants de trouver une filière d’étude qui leur convienne rapidement ».

Un témoignage qui n’a pas manqué à son tour de faire réagir, puisque dans le même article, une autre lectrice, Colette Guillopé, de Palaiseau, conteste ce point de vue. D’après elle, « les 31 % d’abandons en licence (1ere année) correspondent souvent à une réorientation vers autre chose, ou bien à une situation d’attente pour passer des concours (exemple des personnes qui passent les concours pour rentrer dans une IFSI- institut en soins infirmiers). Certes certaines étudiantes ou étudiants se sont mal orientés, précédemment il y avait déjà une période d’orientation en fin d’année avant l’inscription définitive (dite orientation active) des futures bachelières et bacheliers, des demandes auxquelles répondaient les enseignantes et enseignants d’université ». Et de conclure : « il y a, certes, des étudiantes ou étudiants qui ne devraient pas être dans la filière choisie, souvent cela leur a été déjà dit par les profs de fac, mais aussi on peut voir quelques réussites inattendues ». Toujours suite à cet article, une autre contribution a été postée par notre lectrice Danièle Dugelay, qui voit que « en réalité, tous ces artifices n’ont qu’une cause : le manque de places en université en France ». Avec ce constat, elle affirme que pour elle, « la responsabilité n’en incombe pas aux étudiants, même si il arrive à certains de se tromper de filière et de devoir modifier leur parcours ». Avant de porter un regard très critique sur les politiques mises en place ces dernières années : « Gouverner, c’est prévoir et ne pas tenir compte de l’évolution du nombre d’élèves prévisible dans les années à venir, soit c’est de l’incompétence de nos dirigeants, soit c’est du cynisme et la volonté dissimulée de diminuer les possibilités de formation de notre jeunesse ».

Devant l’ampleur de la polémique, et notamment les résultats donnés par Parcoursup aux lycéens de banlieue (lire nos deux reportages, le lendemain des premiers résultats de Parcoursup, puis 10 jours après), nous avons interrogé le député de la majorité et mathématicien Cédric Villani (à lire ici). Ardent défenseur de la politique gouvernementale, celui-ci justifie le nouveau système et affirme que tout « se passe comme prévu » dans l’attribution des places dans l’enseignement supérieur. Une analyse qui laisse perplexes certains de nos lecteurs, comme Sylvaine, qui s’interroge sur Facebook, en parlant de son entourage proche : « ah bon? deux en parcoursup. deux acceptés sur dossier. deux en attente 😡😡👏🏻👏🏻«  en concluant par cette formule pour qualifier Parcoursup : « belle fumisterie ». Guis est lui encore plus sévère : « ils assument : « ça se passe comme prévu »… la sélection par le haut, le nivellement, je ne connais qu’un seul ado sur 8 qui a obtenu une réponse cohérente par rapport à ses demandes ! Encore de la belle fumisterie ! Et les gens qui restent sur le carreau il se passe quoi pour eux ? ».

Toujours au sujet de cet article, plusieurs lecteurs nous font remarquer, cette fois sur Twitter, que le député utilise un argument faux pour expliquer en quoi le nouveau système est plus performant que l’ancien Admission post-bac (APB). Selon Cédric Villani, « l’algorithme était faussé par le fait que les formations avaient accès au classement des étudiants », ce qui d’après lui « ruinait une partie de l’objectivité » de l’algorithme précédemment utilisé, Gale-Shapley. Au contraire, pour Jean-Baptiste Vioix, « c’est faux ce qu’il dit, on n’avait pas accès aux classements des étudiants pendant la période d’examen des dossiers. Après les affectations on savait quel était notre rang dans les vœux des étudiants, ce qui était très bien pour sonder la motivation à venir ».

Privatisation d’ADP et décès de Serge Dassault

Parmi les autres sujets traités dans Essonne Info qui ont le plus suscité vos réactions et commentaires, notre dossier sur la privatisation à venir d’ADP (lire notre article). Nous y faisons le point sur ce qui est prévu par le sommet de l’Etat, et qui aura des conséquences directes sur la plateforme aéroportuaire d’Orly. Pour notre lecteur Gérard Prévost, qui a publié une contribution à ce sujet, les choix gouvernementaux sont dictés par Bruxelles, ce qu’il conteste : « vite, très vite il faut sortir du carcan de l’Europe qui nous impose ses critères que le peuple a refusé par deux fois par référendum ». En réponse, un autre de nos lecteurs, Jean-Paul De la Mata, propose sa façon de voir les choses, entre contestation syndicale et choix gouvernementaux, avec une pointe d’ironie : « c’est cela, encore un qui rêve et qui ne sait pas que la plupart des syndicats, serviles et lâches, sont achetés par toutes les entreprises, grandes et petites, et cerise sur le gâteau par les pontes élus du gouvernement en place qui font voter leurs toutous députés et sénateurs à l’assemblée et au sénat. (…) l’Europe on y est, et c’est pas la finance qui nous en fera sortir, bien au contraire; vive le privé des pontes élus…quel dégoût ces gens bordel de bordel… »

Actualité centrale de ces dernières semaines : l’annonce du décès de Serge Dassault. L’industriel et homme politique aura marqué le département, ce, de différentes manières, comme nous vous le racontons dans un dossier très fourni (lire notre article). Patrick Grivon, en réaction à cet article, a publié une longue contribution sur Essonne Info, dans laquelle il rappelle que l’ancien maire de Corbeil-Essonnes était avant tout pour lui un « marchand d’armes ». Extrait : « Un bienfaiteur?!? Même avec des guillemets, la formule fait froid dans le dos…. Ceux qui ont accepté d’être achetés par Dassault doivent avoir le coeur bien accroché pour accepter un argent autant tâché de sang. Même après sa mort, les crimes de guerres commis avec les engins de morts vendus par Dassault continuent à semer la désolation sur la planète. Depuis mars 2015, les mirages qu’il a vendu aux Emirats arabes unis multiplient les bombardements de civils dans le cadre de la campagne militaire de la coalition d’états arabes emmenés par l’Arabie Saoudite au Yémen. Les massacres s’éternisent accompagnés d’ une catastrophe humanitaire sans précédent. Si plusieurs États ont décidé d’arrêter de fournir des armes aux belligérants, la France, « patrie des droits de l’homme » se réjouit même de ses ventes d’armes « record » et de leurs performances en matière de destruction » (la contribution complète est à retrouver à la suite de l’article).

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