Il y a un mois, les électeurs étaient attendus dans leur bureau de vote pour élire le candidat qui représentera le parti Les Républicains lors de l’élection présidentielle du printemps prochain dans le cadre de la primaire de la droite et du centre. Au total, près de 4,5 millions de personnes, dont plus de 80 000 Essonniens, s’étaient déplacées lors du second tour de ce scrutin qui était une première dans l’histoire de la droite.

Dans un mois, rebelote, mais cette fois-ci, il sera question de déterminer qui sera le candidat de la gauche. Car oui, les primaires citoyennes, organisées notamment par les acteurs de la Belle Alliance Populaire (dont le Parti socialiste, l’UDE, le Front démocrate et le Parti écologiste) se dérouleront les deux derniers week-ends de janvier. Les 22 et 29 janvier, les électeurs devront « désigner un candidat unique de la gauche et des écologistes pour l’élection présidentielle de 2017 », comme le soulignait le 17 décembre dernier la haute autorité de la primaire. Au total, sept candidats sont dans les starting-blocks, soit autant de noms que pour la primaire de la droite. En effet, quatre socialistes (Benoît Hamon, Manuel Valls, Arnaud Montebourg et Vincent Peillon) et trois membres d’autres partis dont Jean-Luc Bennahmias (Front démocrate) Sylvia Pinel (Parti radical de gauche) et François de Rugy (Parti écologiste), ont été définitivement retenus par la haute autorité de la primaire. Les électeurs auront ainsi le choix entre six hommes et une femme, un ratio identique à la primaire de la droite.

Officiellement lancée depuis le 17 décembre dernier, la campagne sera notamment marquée par de nombreux débats télévisés. Comme pour la droite, les candidats pourront se démarquer sur trois débats avant le premier tour. Ainsi, à tout juste un mois du premier tour, les différentes personnalités et cadres politiques de l’Essonne commencent à faire connaître le nom de leur poulain. Essonne Info a répertorié une partie d’entre eux.

Les « locaux » ont le vent en poupe

Le 5 décembre dernier, son annonce était une demi-surprise suite à la décision prise par François Hollande de ne pas être candidat à sa succession. Au sein de son fief d’Évry, Manuel Valls présentait son souhait d’être acteur de la prochaine élection présidentielle. Entouré de ses plus proches soutiens, parmi lesquels son successeur à la mairie d’Évry Francis Chouat ou encore de son député suppléant Carlos Da Silva, celui-ci avait dévoilé une partie de ses futures orientations. Près de trois semaines plus tard, la liste des soutiens de l’ex-Premier ministre en Essonne s’est quelque peu agrandie. Outre les membres de la majorité évryenne, dont le conseiller départemental Ronan Fleury, Manuel Valls a vu affluer le soutien d’autres personnalités du territoire à commencer par le député de la 10ème circonscription de l’Essonne Malek Boutih. D’autres parlementaires ont également apporté leur soutien ses derniers jours, comme les sénateurs Michel Berson et Claire-Lise Campion. Pour sa part, l’ex-sénateur écologiste Jean-Vincent Placé a aussi fait des appels du pied à Manuel Valls. « Il m’a fait forte impression. Déterminé, volontaire, clair, solidaire, de gauche, thématique écologiste, transition énergétique… C’était un discours très construit, sincère et très global. Et je suis très convaincu par son discours », expliquait-il sur les ondes d’Europe 1 peu après l’annonce de la candidature de Manuel Valls. En plus de ces noms viennent s’ajouter ceux des maires de Sainte-Geneviève-des-Bois, en la personne d’Oliver Léonhardt, de David Ros (Orsay) ou encore de Michel Bisson (Lieusaint), actuel 1er vice-président de l’agglo Grand Paris Sud comprenant notamment la ville… d’Évry. Les anciens conseillers généraux Patrice Sac (Athis-Mons) et Pascal Fournier (Arpajon) figurent également parmi ses principaux soutiens.

Pour sa part, un ancien Essonnien, Benoît Hamon, récolte aussi de nombreux soutiens sur ce qui a été « son » territoire. L’ancien conseiller municipal de Brétigny-sur-Orge – de 2001 à 2008 – est toujours aussi présent dans les têtes des militants et élus de la 3ème circonscription de l’Essonne. Le candidat requiert ainsi les soutiens de Sylvain Tanguy, le maire du Plessis-Pâté, de Maryvonne Boquet, la maire de Dourdan, d’élus de la Norville ou encore du député sortant, Michel Pouzol. Plus au nord du département, d’autres manifestent de l’intérêt pour Benoît Hamon comme le maire de Marcoussis Olivier Thomas, l’ancien conseiller général Jérôme Cauët (Marcoussis) ou encore la conseillère régionale Hella Kribi-Romdhane (Massy). Rive-droite, la conseillère départementale Annick Dischbein affiche son soutien à l’ex-ministre sur les réseaux sociaux.

Montebourg possède aussi son noyau dur

Autre candidat à recueillir de nombreux soutiens en Essonne, l’ancien ministre de l’Économie Arnaud Montebourg. Plusieurs élus du département ont assuré le soutenir notamment sur la neuvième circonscription, celle regroupant les villes de Draveil, Ris-Orangis ou encore Epinay-sous-Sénart. C’est d’ailleurs dans ces dernières que celui-ci compte le plus de soutiens, parmi lesquels Sabine Pellon, Mourad Lebcir (conseillers municipaux d’Epinay-sous-Sénart) et le maire adjoint de Ris-Orangis Brahim Traoré. « Ce n’est pas tout, lance Stéphane Raffalli, le mandataire du candidat Montebourg en Essonne et maire de Ris-Orangis. Une partie de l’opposition de gauche de Viry-Châtillon fait aussi partie de ses soutiens, tout comme la maire adjointe de Grigny, Fatima Ogbi ». Gilles Gobron (Longjumeau) fait aussi partie de cette liste tout comme le « frondeur » et ancien président du Conseil départemental, Jérôme Guedj. D’abord engagé aux côtés de l’ancienne maire d’Athis-Mons Marie-Noëlle Lienemann, celui-ci s’est finalement rangé derrière Arnaud Montebourg. Avec le député européen Emmanuel Maurel, il a cosigné un texte expliquant sa position. Suite au retrait de Marie-Noëlle Lienemann, « nous estimons que le meilleur moyen de demeurer fidèles à nos convictions et à notre engagement est d’apporter notre soutien à Arnaud Montebourg, avec qui les convergences les plus grandes existent ».

De leur côté, Vincent Peillon, Sylvia Pinel, Jean-Luc Bennahmias et François de Rugy peinent à dénicher autant de soutiens que les précédents nommés sur le département. Si Sylvia Pinel obtient notamment le soutien de José de Sousa le président du Parti radical de gauche essonnien, Jean-Luc Bennahmias affiche lui « le soutien du maire de Leuville-sur-Orge », commente Didier Chastanet, ancien élu de la commune de Ris-Orangis et membre de l’Union des démocrates et des écologistes. Enfin Vincent Peillon bénéficie du soutien d’un ex-Essonnien en la personne de Julien Dray.

D’autres attendent les débats

« Je n’ai pas pris position, j’attends les premiers débats avant de choisir entre les candidats ». Par ces mots, Thierry Mandon, l’ancien maire de Ris-Orangis et actuel secrétaire d’Etat en charge de l’Enseignement supérieur résume la pensée qui anime encore quelques élus de gauche à un mois du premier tour. Interrogé par Essonne Info, celui-ci n’en dira pas plus. « Je prendrai ma décision après les débats », lance également le conseiller départemental d’Epinay-sous-Sénart Damien Allouch, même s’il assure « avoir déjà sa petite préférence ». Rafika Rezgui (Chilly-Mazarin), Aude Bristot (Montgeron), Matthieu Pasquio (Palaiseau) ou encore les parlementaires Maud Olivier (Les Ulis) et Romain Colas (Boussy-Saint-Antoine) sont dans cette optique. En attendant de trancher, ce dernier invite cependant « tous les Français qui refuse la politique de régression proposée par François Fillon à porter librement leur choix sur celui ou celle qui leur paraîtra le plus en situation de porter leurs valeurs et de battre droite et extrême droite », conclut Romain Colas. Nous devrions y voir plus clair durant la première quinzaine de janvier.

Article réalisé par Mylène Hassany et Jérôme Lemonnier.