Ils sont sept. Six hommes et une femme. Ils sont sept pour une seule et unique place. Sept personnes pour devenir le candidat soutenu par un parti pour l’élection présidentielle. Un air de déjà dites-vous ? Oui, en quelques sortes. Fin novembre, la droite organisait sa primaire avec déjà sept candidats. Là encore, une femme et six hommes convoitaient l’investiture LR en vue de ce scrutin national. Mais pour le moment, les comparatifs entre la droite et la gauche – qui vote pour le premier tour ce dimanche 22 janvier –, s’arrêtent là. Outre les questions programmatiques très opposées, il reste encore à savoir quel en sera l’engouement qu’elle suscitera auprès de la population. Car oui, hormis le fait de savoir qui seront les candidats qualifiés pour le second tour, les regards seront tournés vers le taux de participation. Au total, près de 4,5 millions de personnes, dont plus de 80 000 Essonniens, s’étaient déplacées lors du second tour de ce scrutin qui était une première dans l’histoire de la droite. « Sincèrement, c’est une très belle surprise », commentaient alors en chœur les organisateurs de cette primaire en Essonne, à savoir Laure Darcos et Jacques Lebigre. La gauche parviendra-t-elle à en faire autant ? Difficile d’apporter une réponse aujourd’hui. En tout cas, depuis début janvier quelques événements ont ponctué cette courte campagne. Une visite d’Arnaud Montebourg en compagnie de ses soutiens locaux dont le maire de Ris-Orangis Stéphane Raffalli, des élus de Grigny ou encore du Val d’Yerres, un débat retransmis dans un restaurant pour les sympathisants de Manuel Valls, de longues campagnes de tractage sur les marchés… Peu ou pas de réunions publiques comme ce fut le cas pour leurs homologues de droite. Bref, pas forcément de quoi sensibiliser un électorat plus large que les noyaux durs de militants déjà existants.

Primaire de la gauche : qui roule pour qui (abonnés)

Moins de votants qu’en 2011 ?

Ce mardi, les riverains du marché de Corbeil-Essonnes ne pensaient pas forcément à ce premier scrutin d’une année 2017 bien chargée en votes. « On ne dirait pas qu’il y a une élection ce dimanche, habituellement, ça tracte de tous les côtés, mais là il n’y a rien », remarquait une femme. « Je pensais même que ça commençait le 29 janvier », lui répond une autre quinquagénaire. Une raison de s’inquiéter quant aux taux de participation de ce week-end ? A en croire les militants eux-mêmes, les avis sont assez mitigés. « Nous devrions en faire un peu moins que la droite », laissait-on entendre la semaine dernière dans les couloirs de la fédération du Parti socialiste essonnien. Des propos que certains élus confirment. « Franchement, si nous atteignons le score de 50 000 votants sur le département, ce serait déjà une bonne chose », lâche le député sortant de la 3e circonscription de l’Essonne Michel Pouzol, soutien indéfectible de Benoit Hamon. Difficile donc pour lui de flirter avec le score réalisé en 2011 lors de la précédente primaire qui avait vu François Hollande l’emporter. A l’époque, 60 000 personnes avaient glissé un bulletin dans l’urne au niveau du département. « Nous disposons déjà de moins de bureaux de vote qu’en 2011. On verra bien ce que cela donnera dimanche soir », poursuit ce dernier.

Benoit Hamon possède de nombreux soutiens en Essonne dont Hella Kribi-Romdhane, Maryvonne Boquet, Michel Pouzol, Ophélie Guin ou Olivier Thomas (JL/EI)

Benoit Hamon possède de nombreux soutiens en Essonne dont Hella Kribi-Romdhane, Maryvonne Boquet, Michel Pouzol, Ophélie Guin ou Olivier Thomas (JL/EI)

« 50 000 votants seraient déjà une première partie du pari », reprend également l’un des soutiens de Sylvia Pinel en Essonne, José de Sousa. Le président du Parti radical de Gauche 91 mesure en effet un engouement « moins notable » pour cette primaire sur le terrain. « La primaire de la gauche intéresse moins visiblement. Il faut dire qu’à l’inverse de la droite, les coalitions gouvernementales bénéficient de moins de crédit de sympathie que celles qui ne gouvernent pas », note José de Sousa pour expliquer ce qu’il observe sur le terrain depuis quelques semaines.

Pour d’autres, c’est un tout autre problème qui peut expliquer ce fait. Lors du dernier débat pour les primaires de ce jeudi 19 janvier, l’ancien maire d’Evry Manuel Valls répétait que « la presse nationale avait sa part de responsabilité » à ce sujet. « C’est vous (Ndlr : les médias) qui faites en sorte qu’il y ait un désintérêt ». Des propos qu’un militant de l’ancien Premier ministre scandait il y a peu lors des vœux à la population de Francis Chouat, le maire d’Evry. « Arrêtons de croire les sondages et à tout ce qui est dit dans la presse nationale, lance ce dernier. Personne n’y croyait pour la droite, finalement ils ont eu le succès qu’on leur connaît. Rien n’est joué pour nous ».

Plus la participation sera haute, mieux ça sera ?

Effectivement, pour vérifier ce point, il faudra encore attendre quelques jours. « J’ai vraiment de bons retours auprès des jeunes », assure Hella Kribi-Romdhane, conseillère régionale et proche de Benoit Hamon. Mais pour autant, sur les marchés là encore, certains discours se font entendre. « Si j’y vais, ce sera pour éliminer un candidat », tonne une femme. « Il ne faut pas se voiler la face, il y aura donc un vote par soutien et adhésion à des idées, et un autre par sanction », résume le maire de Marcoussis Olivier Thomas. Des propos repris par Michel Pouzol. « Certains espèrent sans doute que les taux de participation seront faibles pour espérer accéder au second tour ». Directement visé, l’ancien Premier ministre Manuel Valls. Une pensée que partagent quelques proches d’Arnaud Montebourg du côté de la rive-droite de la Seine. « C’est clair, si 2 millions de personnes se déplacent, le résultat ne sera pas le même que si on a 4 millions de votants. Mais bon, vu comme c’est parti, nous avons peu de chance d’en arriver à ce score », tempère ce dernier.

Du côté des soutiens de Manuel Valls, on critique ces affirmations. « Nous sommes pour qu’il y ait un maximum de votants qui viennent à ces primaires, certifie un militant vallsiste. Qu’on le veuille ou non, les Français feront un choix. A nous de le respecter ». Premiers éléments de réponses ce dimanche 22 janvier après 20h.