Sa décision était attendue depuis plusieurs mois par un Parti socialiste qui n’attendait plus que lui pour lancer officiellement la campagne de ses primaires programmées en janvier 2017. Jeudi 1er décembre à 20h, François Hollande a donc annoncé son choix en direct à la télévision : il ne sera pas candidat à un second mandat à la tête de l’État.

Le choix du Président – une première sous la Ve République – en a surpris plus d’un, provoquant des réactions de tous bords, notamment en Essonne sur les terres du Premier ministre Manuel Valls : « Je salue avec beaucoup de respect la déclaration du Président de la République. Il a avec courage et honneur tout fait pour redresser le pays dans la justice et fait face à de nombreuses situations dramatiques, a déclaré Francis Chouat (PS), maire d’Évry. Son extrême lucidité sur l’état de la France, de la gauche et sur ses propres capacités à rassembler l’amènent à prendre une décision très difficile mais animé par l’intérêt du pays. Il veut rendre service à la gauche qui a impérativement besoin de se rassembler pour ouvrir une autre perspective que le match entre une droite ultra-conservatrice et une extrême-droite ultra-destructrice ».
De son côté, Carlos Da Silva, député suppléant de Manuel Valls sur la circonscription de l’Essonne, a réagi sur Twitter en ce vendredi matin :

Une décision que ses opposants traduisent comme étant «  un véritable aveu d’échec de sa part », lâche Audrey Guibert, secrétaire départementale du Front National 91. C’est la fin d’un quinquennat lamentable qui s’achève dans la déliquescence du pouvoir ». Même son de cloche pour le leader du parti Debout la France, Nicolas Dupont-Aignan. « La décision de François Hollande de ne pas briguer un second mandat à la tête du pays est digne, commente celui qui est par ailleurs candidat à l’élection présidentielle. Explosion du chômage, de l’immigration, de la pauvreté, son bilan catastrophique à la tête du pays ne pouvait lui permettre de faire autrement ».

Les regards tournés vers Valls

L’annonce de François Hollande sonne comme un feu vert donné au Premier ministre dans la course à l’Élysée. Pour autant l’un de ses plus proches soutiens tente de calmer le jeu en restant prudent quant à une probable candidature du Premier ministre à la primaire socialiste. « Ça le place devant une immense responsabilité qu’il est seul à pouvoir exprimer », tempère ainsi Francis Chouat, son adjoint de 2002 à 2012, date à laquelle il lui a succédé à la mairie d’Évry.

A droite on n’hésite pas à court-circuiter l’actuel chef du Gouvernement. « Manuel Valls avait déjà franchi la ligne rouge. Il n’attendait que cette décision pour se présenter, estime François Durovray (LR), président du Conseil départemental. Mais il est comme François Hollande redevable d’un bilan calamiteux pour La France et les Français ». Des propos partagés par la représentante frontiste essonnienne. « Cela lui donne au moins la possibilité de se présenter à la primaire de gauche. Néanmoins il est co-responsable du bilan désastreux de François Hollande : des centaines de milliers de chômeurs supplémentaires une hausse de 400 milliards d’euros de dettes[…]. Manuel Valls ne pourra pas s’affranchir de ce terrible bilan puisqu’il a été Ministre de l’Intérieur et Premier Ministre », assure Audrey Guibert.

Pour sa part, le principal intéressé n’a pas encore officialisé son choix concernant une participation à la primaire de la gauche. Celui-ci a notamment pris la parole par voie d’un communiqué dans la soirée. « Je veux dire à François Hollande mon émotion, mon respect, ma fidélité et mon affection. C’est un choix difficile, mûri, grave. C’est un choix d’un homme d’État », avant de conclure : « L’action se poursuit et je ne doute pas que ce quinquennat sera apprécié à sa juste valeur  ».

Selon les informations de L’Obs, Manuel Valls pourrait démissionner de son poste de Premier ministre avant la fin de la semaine afin de se consacrer pleinement à sa déclaration de candidature qui pourrait intervenir samedi, lors du meeting de la « Belle alliance populaire » à Paris. Le ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve serait alors pressenti pour lui succéder à Matignon.

D’autres réactions sont à venir dans nos prochaines éditions.