Un mandat hollandiste contrasté, une présidentielle catastrophique, des législatives et des sénatoriales piteuses, et voilà le PS en grande difficulté aussi bien au niveau national, qu’en Essonne. Premier ministre d’Hollande, avant de se lancer dans la présidentielle, Manuel Valls, figure du département, a pris part à tous les coups durs. Le député de la 1ère circonscription a encore un peu plus marqué la scission au sein du PS lorsqu’il a décidé d’apporter son soutien à Emmanuel Macron plutôt qu’à Benoit Hamon à l’issue de la primaire. La large défaite du candidat socialiste a alors sonné le glas d’une ère, confirmée lors des législatives et des sénatoriales. Là encore, les choix des leaders du PS du département ont grandement interrogé, avec notamment le soutien de ce même Manuel Valls et de son compère Francis Chouat pour Olivier Léonhardt (ex-PS), aux dépens de Carlos Da Silva, candidat PS et bras droit de longue date de l’ancien Premier ministre. Résultat, si le divorce entre l’ex-maire d’Evry et le PS avait déjà été consumé, d’autres ont à leur tour pris la porte.

Des départs et des difficultés financières

« Quand un candidat PS s’inscrit contre le candidat investi par le PS il est automatiquement écarté », rappelle la fédération PS de l’Essonne au sujet de Chouat et de Léonhardt. Hella Kribi-Rohmane, dernière en date à avoir quitté le parti au poing et à la rose fin novembre dernier, est elle aussi dans le même cas. Conseillère régionale d’Île-de-France et militante PS de longue date, l’ex porte-parole de Benoît Hamon était numéro 2 de la liste de Bernard Vera (PCF) lors des dernières sénatoriales. Elle s’explique sur son retrait du parti. « Je pense que ce n’est plus l’outil pertinent pour mobiliser la gauche et les électeurs de gauche. Cette structure qui a été en position de tout diriger pendant des années n’a pas respecté la promesses de ses engagements. Et c’est justement parce que mes convictions n’ont pas changé que je pense qu’il faut faire de la politique différemment », ajoute-t-elle fustigeant notamment le vide politique des dernières élections présidentielles. Elle qui a alors intégré le mouvement Génération. S, créé par Benoît Hamon, ne regrette visiblement pas son choix. « Tout le monde a un rôle à jouer ici. Ce n’est pas le mouvement des élus. On fait de la politique pour les gens, et je suis sûr que c’est de ça dont on a besoin ».

Orphelin de ses personnalités départementales, le PS 91 vit surement l’un de ses pires moments depuis sa création. Est-il mort pour autant ? Certains tentent en tout cas de le faire subsister. Si Hella Kribi-Romdhane pointe du doigt le désordre et les incompréhensions qui y règne, ce dernier souhaite bel et bien relancer la machine. « Nous sommes engagés comme le PS national dans une démarche de refondation », assure-t-on du côté de la fédération essonnienne. « Je ne pense pas que l’on manque de têtes d’affiches dans le département. Il en reste, et il y a aussi des jeunes. Il faut faire une transition avec la nouvelle génération. Je pense que c’est aussi ce que les gens veulent », analyse quant à lui Jérôme Cauët, ancien président du Sdis.

Avec le même Carlos Da Silva en chef de file, Jérôme Guedj (ancien président du Département), Olivier Thomas ou encore Rafika Rezgui, vont tenter un nouveau départ sur le plan départemental. Il faudra néanmoins faire sans les déchus, sans les déçus, mais bien avec les coupes budgétaires. Les subventions de l’Etat sont moindres, le PS national doit même vendre son siège historique rue Solferino pour pallier aux problèmes financiers. La fédération essonnienne en paie évidemment les conséquences, alors qu’elle réclamerait près de 70 000 euros de cotisations au duo Chouat/Léonhardt.

Des débats pour un rassemblement

Mais en cette fin d’année 2017, les polémiques n’ont pas leur place au sein du PS 91 et, à l’instar du PS national, c’est autour de forums que celui-ci amorce sa refondation. Trois débats se sont alors déroulés au sein du département en ce dernier mois. Le premier, contre le harcèlement sexuel et la violence de genre, au siège de la fédération le 29 novembre dernier, le deuxième sur  le thème : « Conquête & exercice du pouvoir », à Limours ce 6 décembre, et le troisième, ce jeudi 14 décembre à Athis-Mons avec pour question principale : « Être socialiste aujourd’hui ça veut dire quoi ? ». Une question primordiale pour ce parti qui a réellement besoin d’une clarification. Et si la participation n’a pas été des plus glorieuses lors de ces réunions, la fédération se veut tout de même optimiste. « C’est sûr qu’on aurait aimé qu’il y ait plus de monde. On a souhaité réunir des militants sur des thèmes qui feront le PS de demain. On a besoin de revenir aux débats plutôt que de se concentrer sur les querelles. Mais cette refondation va se faire étape par étape », concède-t-elle.

Ancien vice-président du Département, Jérôme Cauët veut lui aussi se montrer optimiste. Alors qu’il aurait pu imiter Hella Kribi-Romdhane et suivre le mouvement de Benoit Hamon, il a lui choisi de rester au PS. « Quand j’appartiens à une famille, je ne la quitte pas. C’est en restant que je compte reconquérir les territoires perdus », se justifie-t-il ne souhaitant pas prolonger les débats sur les départs de certains. « Je ne suis pas inquiet. On est sur un vrai projet. Quand on est élu on ne prend pas suffisamment de recul. On doit profiter de cet instant de moins bien pour savoir quelle société on veut. Je suis persuadé que le parti va rebondir ». Lui qui prône le rassemblement de la gauche se dit notamment d’accord avec de nombreuses idées de l’ancien candidat PS à la présidentielle. « On saura se rejoindre lors des échéances importantes. Il faut qu’on pousse tous dans ce sens-là, pour des idées progressistes », conclut-il. Il faut donc s’armer de patience pour le PS 91 comme pour le PS national. Il paraît qu’elle finit toujours par payer…