Fin décembre, les unions syndicales de l’Essonne ont reçu un courrier du Conseil départemental leur annonçant qu’elles devaient quitter la Maison de Syndicats située place des Terrasses à Évry. Une décision qui est loin de faire l’unanimité auprès des organisations syndicales.
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« Cela a le mérite d’être rare, mais pour une fois, nous sommes tous solidaires ». Comme le décrit Laurence Baudhuin, la secrétaire départementale de la CFDT, tous les syndicats qui cohabitent au sein de la Maison départementale des Syndicats de l’Essonne sont unanimes. Réunis en intersyndicale, ceux-ci (CGT, CFDT, FO, CFTC, FSU, Unsa et CFE-CGC) ne veulent pas croire à ce courrier tombé durant le mois de décembre. « Le Conseil départemental nous a indiqué que les différentes organisations syndicales qui occupent le bâtiment devaient quitter les lieux », lâche Ollivier Champetier, secrétaire de l’union départementale de la CGT. La raison de ce déménagement : des travaux de rénovation très importants, estimés à plus de 5 millions d’euros. Un coût d’ailleurs beaucoup trop élevé pour le Département qui en est le propriétaire. « Ces travaux de rénovation coûtent trop cher au Département. C’est pourquoi nous avons décidé de mettre en vente ce patrimoine », confirme François Durovray, le président du Conseil départemental. Une situation à laquelle ne s’attendaient pas les organisations syndicales qui y ont élu domicile depuis près de 33 ans.
Logées au sein du bâtiment situé sur la place des Terrasses d’Évry, les sept organisations syndicales vont devoir plier bagage dans les prochains mois. « Aujourd’hui, il est demandé à nos organisations syndicales de libérer ces mêmes locaux alors que rien ne le justifie. La Maison des Syndicats appartient à la population de l’Essonne qui l’a financée. Elle n’est pas la propriété des élus départementaux qui souhaitent l’utiliser pour d’autres fonctions » , affirme l’intersyndicale, bien décidée à rester au sein de ces locaux. Un point de chute aurait cependant été trouvé par le Département. Il s’agit des anciens locaux du service départemental d’incendie et de secours de l’Essonne (SDIS) situés à l’angle du boulevard de l’Europe et de la rue des Mazières. Un choix qui pour le moment fait l’unanimité contre lui, au grand dam de François Durvoray. « Pour des raisons incompréhensibles, ils ont refusé », rapporte le président du Conseil départemental.
Du côté des syndicats, on souhaite clarifier les choses. « Nous ne sommes pas contre le fait de partir, mais il faudrait encore nous trouver des locaux équivalents à ceux de la Bourse du Travail de la Place des Terrasses », lance Jean-Noël Lahoz, secrétaire général de l’UD FO 91. Ceux-ci estiment y perdre au change. « L’agencement des locaux n’est pas du tout le même, reprend Jean-Noël Lahoz. La superficie des bureaux est globalement la même bien que légèrement inférieure, mais le problème, c’est qu’il s’agisse d’open space. Les différentes organisations syndicales n’auront plus de confidentialité comme avant. Pour imager, c’est comme si le Parti socialiste et Les Républicains étaient dans le même bureau ».
Outre la question relative aux bureaux, l’intersyndicale déplore l’absence de salle de formation ou encore de salle de conférence. « Pour ces espaces, on passe de 810 m² à 0 ! Le but des syndicats n’est pas que de faire de la bureaucratie, c’est aussi d’assister les salariés et de former ses militants, note Jean-Noël Lahoz. Là-bas, ce ne sera pas possible ». En plus de cela, d’autres problèmes se posent pour les syndicats comme des questions d’accessibilité du public au bâtiment. « Il va falloir revoir des choses en termes de sécurité », souligne le représentant FO.
De son côté, pour tenter de remédier à cela, François Durovray a précisé que « le Département les accompagnera pour rendre ces nouveaux locaux plus fonctionnels, car il y a des aménagements à faire et c’est légitime de les faire ». Mais là encore, cet argument ne suffit pas à satisfaire les organisations syndicales attachées à l’actuelle Bourse du Travail installée dans un quartier névralgique. « Le Département n’a aucune vocation à accueillir les syndicats », lâche alors François Durovray, répétant que le bâtiment sera prochainement mis en vente. Quelques rumeurs ont d’ailleurs circulé ces derniers jours sur l’identité du futur acquéreur. Certains ont ainsi pointé du doigt la communauté d’agglomération Grand Paris Sud. Une rumeur rapidement démentie par le président de l’agglo et maire d’Évry, Francis Chouat. « Je n’ai pas été saisi par le Conseil départemental à ce sujet ni par personne d’autre, explique-t-il, avant de tacler la majorité départementale. Je trouve cette démarche inconvenante. C’est une vente inappropriée et injuste. Ça fait partie de la tradition du département d’héberger les syndicats, car sans organisation syndicale, la démocratie n’existerait pas », tonne le maire d’Évry.
Qu’à cela ne tienne, l’intersyndicale fait circuler depuis début janvier une pétition « contre l’expulsion de la Bourse du Travail ». Les syndicats espèrent ainsi faire fléchir le Département sur ce dossier dans leur sens. De son côté, François Durovray assure que des rendez-vous entre le Conseil départemental et l’intersyndicale sont prévus dans les prochains jours. Pas sûr qu’un terrain d’entente soit trouvé d’ici-là…
Journaliste pour Essonne Info.
Courriel : [email protected]
La pétition en ligne:
https://www.change.org/p/fdurovray-cd-essonne-fr-non-à-l-expulsion-des-syndicats-de-la-bourse-du-travail-de-l-essonne-evry
Soutien total à l’intersyndicale. J’aurai aimé que cette intersyndicale s’engage avec la même dynamique collective pour que Solidaires/Sud puisse avoir accès aux locaux…
François Spinner, Sud éducation
Non le déménagement n’est pas en vue! Il n’y a aucune raison de se soumettre au projet d’expulsion des syndicats essonniens de leur maison départementale.
Le montant de 5 millions d’euros de travaux avancé pour justifier cette expulsion ne repose sur aucune étude chiffrée…. puisque les besoins de rénovation, de la Maisons des syndicats, bien naturels après plus de 30 ans d’activités, n’ont jamais donné lieu à la moindre concertation avec ses utilisateurs.
Dans le même temps, aucune information n’est fournie quant au coût, assurément égal ou supérieur, qu’auraient des travaux d’adaptation des anciens bureaux du SDIS à la vocation d’accueil du public d’une Bourse départementale du travail.
D’ailleurs, si l’objectif est bien de virer les syndicats pour revendre à bon prix les locaux de la Maison des syndicats, c’est qu’ils ne sont pas en si mauvais état que ça, non?
Tout ça parait bien bidon .
Ce qui est flagrant par contre, dans ce projet de confinement des syndicats essonniens dans des locaux sans salles de réunions, de formations, d’assemblées, c’est la volonté de les affaiblir et à travers eux , les salariés et chômeurs essonniens. La même volonté qu celle qui a progressivement précarisé ou même supprimé totalement les unions locales syndicales en Essonne (cf à Viry en 2014 , https://www.essonneinfo.fr/91-essonne-info/68756/viry-chatillon-les-syndicalistes-pries-partir/ ), alors même que les salariés n’ont jamais été si dispersés et désarmés pour défendre leur droit face à l’arbitraire patronal et au cynisme des actionnaires .
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Déménagement en vue à la Maison des Syndicats des Terrasses
Evry
Un point de chute non adapté ?
« Le Département n’a pas vocation à accueillir les syndicats »
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3 commentaires sur “Déménagement en vue à la Maison des Syndicats des Terrasses”
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Par vendredi 13 janvier 2017 à 01:25
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lundi 16 janvier 2017 à 00:08