Les syndicats départementaux sont décidés à défendre leur Bourse du travail, depuis l’annonce faite par le Département, propriétaire des lieux, de sa volonté de les voir partir. L’instance souhaite en effet faire déménager les 7 unions départementales qui occupent le bâtiment situé sur la place des Terrasses de l’Agora d’Evry, et les installer dans les locaux de l’ancien Sdis rue des Mazières. Une injonction à quitter les lieux a été fixée pour le 30 juin. Les syndicats de leur côté refusent catégoriquement le plan du Département, et les deux parties n’échangent plus que par courrier ou presse interposée depuis le mois de janvier.

Depuis, des banderoles ornent le bâtiment au titre de « Non à l’expulsion », et une pétition en ligne et sur papier aurait déjà recueilli plus de 10 000 signatures, selon les syndicats qui effectuent depuis des actions de sensibilisation. De plus, le flou persiste en ce qui concerne le devenir de l’actuelle Maison des syndicats, que le Département annonce vouloir vendre sans autre précision (lire notre article). C’est dans ce climat que les des parties doivent se rencontrer prochainement. Malgré les appels au « dialogue » de la part du Département, aucun rendez-vous n’a eu lieu depuis décembre, lorsque les syndicats ont reçu le courrier leur annonçant le déménagement.

Ce qui ne manque pas d’énerver l’intersyndicale, qui déplore que « Jérôme Bérenger, conseiller départemental, déclarait : « Nous souhaitons travailler à une solution lorsque les syndicats voudront bien se mettre autour de la table ». Nous ne pouvons que déplorer le caractère totalement fallacieux des allégations de ce Monsieur qui ignore manifestement qu’un courrier a été adressé dès le 12 janvier à M. le Président du Conseil Départemental pour lui demander de nous recevoir ». Pour les représentants syndicaux, les élus du Conseil départemental feraient même preuve d’un manque de « respect » envers eux, en annonçant une concertation qui n’a pas vraiment lieu.

Pour le Département, il s’agissait plutôt d’un « petit problème de calage de date », indique Alexandre Touzet, l’élu en charge des Ressources humaines au Département : « on a convenu de poser d’autre dates et on va reprendre contact avec eux ». Une rencontre a été proposée pour début mars avec l’élu, mais pour les syndicats, pas question que le président François Durovray n’y assiste pas : « on veut lui faire visiter les lieux, qu’il voit de lui-même le bâtiment » justifie Ollivier Champetier de la CGT. « Ils n’ont pas à choisir leur interlocuteur au Département » répond Alexandre Touzet.

Quel montant pour les travaux ?

Ce dernier insiste par ailleurs sur la faveur que ferait le Département d’héberger les syndicats : « on sort d’une époque, avant les collectivités pouvaient offrir des services aux jeunes, aux syndicats, il y a aujourd’hui un problème d’adaptation de la voilure, la collectivité doit s’adapter ». Selon lui, le bâtiment actuel « pose problème » au niveau de l’accueil du public, avec une rénovation nécessaire et les locaux disponibles seraient « adaptés » aux syndicats. « C’est à ne rien y connaître, des nombreuses réunion et formations que la loi nous impose, du nécessaire accueil du public qui ne sera plus possible dans les nouveaux locaux, et des travaux dont on nous parle sans aucun devis » rétorque Ollivier Champetier.

Le Département assure qu’il dispose de devis « pour les mises au normes, l’accessibilité, la mise en conformité, sachant que ce n’est pas notre compétence » assure Alexandre Touzet, qui chiffre de 5 à 6 millions d’euros nécessaires, « et nous n’avons pas les moyens financiers, une collectivité, ce n’est pas le Père Noël ». « Ils ont des devis, et bien qu’ils nous les montrent » s’étonne le responsable de la CGT 91, « la précédente mandature avait chiffré à 3,5 millions d’euros les travaux, même si nous n’étions pas demandeurs, de plus le Département a touché des indemnités liées à la garantie décennale des précédents travaux (2001) ». Le syndicaliste parle même de « manque de transparence » par rapport aux chiffres annoncés, alors que l’instance vient de voter des enveloppes pour des travaux de réhabilitation dans son Schéma directeur pour « maison des syndicats » (500 000 euros) et « Clos Agora » (1 767 150 euros).

Pour Alexandre Touzet, la « question principale concerne les espaces de réunion », il indique ainsi vouloir « voir avec les communes et intercommunalités, ou les autres salles du Département » pour faire accepter le déménagement aux syndicats. Les sept organisations concernées ne comptent en tout cas pas infléchir leur position, et prévoient une journée « de portes ouvertes, de mobilisation et de fête » pour les 33 ans de l’ouverture de la Maison des syndicats. La présence des secrétaires nationaux de la CGT, de FO et de la FSU Philippe Martinez, Jean-Claude Mailly et Bernadette Groison est annoncée.