C’était un événement dédié aux 30 ans de la Bourse du travail départementale d’Evry, ou plus précisément, cela fait maintenant 33 années que l’édifice est identifié comme le lieu où sont localisés l’ensemble des organisations syndicales présentes en Essonne, à l’exception de Sud-Solidaires. Et les mois pourraient être comptés pour l’utilisation actuelle du lieu, puisque le Département, propriétaire du bâtiment, prie les syndicats de déménager à quelques centaines de mètres au sein d’autres locaux lui appartenant. Un refus catégorique a été exprimé par des syndicats unanimes, ce qui conduit jusqu’à présent à des tensions entre l’instance départementale et les syndicats essonniens.

C’est donc pour soutenir leur opposition à leur « expulsion » des lieux, que plusieurs secrétaires nationaux de syndicats sont venus participer à la journée, à l’image de Philippe Martinez, le numéro 1 de la CGT, Bernadette Groison (FSU), et de responsables comme Philippe Le Grand (CFDT), ou Pascal Pavageau (FO). Ce dernier qui a tenu à remettre la situation d’Evry dans un contexte plus large, puisqu’en région parisienne ou en province, « d’autres bourses du travail ou maisons de syndicats sont menacées », en citant les cas de Châteauroux, Evreux ou Nîmes. « Cela devient de plus en plus dur de maintenir ces structures confédérales pour les salariés, alors qu’elles font vivre la démocratie » a-t-il appuyé.

Pour son collègue de la CGT, « c’est révélateur d’une époque, il y’a cette petite musique qu’on entend, que les syndicats seraient un problème pour la société, on cherche à cacher notre rôle d’utilité publique en ne nous considérant que comme un coût ». Philippe Martinez indique que son organisation est intervenue au niveau du ministère, « car il y’a aussi des difficultés dans les Charentes-Maritimes ou l’Allier », mais l’Etat peut se montrer impuissant selon les situations locales. Un contexte essonnien qui a été rappelé par la représentante de l’UNSA au début de la rencontre (en vidéo ci-dessous).

Du côté du Département, on assure qu’il n’y a « aucune volonté de heurter le droit syndical » selon Alexandre Touzet, vice-président de l’instance, qui relève « deux problèmes liés aux locaux proposés, l’archivage, et nous travaillons sur une solution technique, ainsi que les salles de réunion et de formation ». Une première rencontre a eu lieu entre les deux parties, et de prochains rendez-vous devraient avoir lieu avant l’été, mais le Conseil départemental, par « soucis de bonne gestion des locaux » entend bien mener à son terme le déménagement de la Bourse du travail.