Voilà des mois que le sujet cristallise les tensions entre les unions syndicales de l’Essonne et le conseil départemental, qui possède les locaux de la Maison des syndicats. La décision a été annoncée en début d’année par le Département : les syndicats essonniens devaient laisser les clés de la Bourse du travail départementale au 30 juin, afin de déménager dans les anciens locaux du Sdis situés à quelques encablures (lire notre dossier – abonnés).

Une proposition qui n’est pas passée du côté des syndicalistes, bien décidés à ne pas déménager dans des locaux qui estiment-ils, ne répondent pas à leurs besoins. Une intersyndicale regroupant tous les pensionnaires du bâtiment – moins Sud-Solidaires – a depuis lors exhorté l’instance départementale de revenir sur sa décision et de rouvrir des négociations, notamment pour des travaux de réhabilitation de l’actuel édifice.

Un rapport de force assumé qui a tourné cette semaine en leur faveur, puisque le conseil départemental fait machine arrière et annonce « suspendre » le projet de déménagement actuel. A la suite d’une énième mobilisation, cette fois sous les fenêtres de l’assemblée départementale lundi dernier, une délégation syndicale a été reçue par le vice-président Alexandre Touzet, qui a visiblement changé son fusil d’épaule : « il y a un vrai dialogue, [les syndicats] sont des interlocuteurs responsables. Ils ont une gestion raisonnable du bâtiment dont nous avons la responsabilité. Nous allons étudier une proposition de maintien dans les locaux actuels. L’idée est aussi d’étudier un partage des travaux. Il y a les travaux à faire au niveau légal, au niveau de la maintenance et de l’entretien rationnel, et au niveau de ce qui relève plus du confort, comme la peinture etc. »

Il faut dire que les syndicalistes ont sorti l’artillerie lourde pour se faire entendre : une pétition de 15 000 signataires remise le matin même, et environ deux cent personnes rassemblées pour demander des comptes à leurs élus, dont une délégation de l’Eure présente pour l’occasion. « L’expulsion est suspendue, mais le reste, c’est assez flou » a résumé au sortir de la délégation le secrétaire FO Jean-Noël Lahoz, tandis que son collègue de la CGT Ollivier Champetier assurait vouloir « continuer la mobilisation, et que la préfète, que nous avons sollicité, nous reçoive enfin ».

Des discussions doivent reprendre dès le 9 juin entre les parties, et le Département voudrait éventuellement « un meilleur partage des frais » en vue des futurs travaux, ainsi qu’une « répartition entre locataires et la collectivité. Les efforts sont demandés à tous, pour une meilleure cohésion sociale » insiste Alexandre Touzet. En ce qui concerne l’opposition, le conseiller départemental Damien Allouch poursuit son soutien aux syndicats : « nous demandons à ce qu’ils restent dans les locaux. En tout cas, qu’il n’y ait plus d’expulsion au 30 juin est une bonne nouvelle ».