Banderoles et slogans ornaient depuis maintenant plusieurs semaines, les abords de dizaines de centres d’incendie et de secours du 91. D’Evry à Palaiseau, en passant par Brétigny ou Dourdan, les mots d’ordre développés par les pompiers essonniens étaient affichés sur les grillages ou murs des casernes. Après la signature d’un protocole d’accord ce jeudi, elles ont été retirées. Les négociations ouvertes en novembre entre les syndicats représentants les agents et la direction du Sdis 91, à travers les élus du conseil départemental, se sont accélérées depuis une dizaine de jours, chaque partie souhaitant une sortie du conflit avant Noël.

Le 10 décembre dernier, les pompiers étaient descendus en nombre dans les rues d’Evry, faisant bruyamment entendre leur malaise. Augmentation des interventions, manque d’effectifs, besoin de moyens matériels.. autant de facteurs ayant dégradé les conditions de travail des pompiers ces dernières années selon eux. Une mobilisation très suivie qui a fait réagir les pouvoirs publics, en premier lieu desquels le Département, financeur à 98% du service départemental d’incendie et de secours. De premières pistes et propositions ont ainsi été mises sur la table à la suite de cette journée.

Les pompiers font du bruit, et se font entendre

Représentants des pompiers et leur direction se sont donc revus à plusieurs reprises, et les modalités d’une sortie de conflit se sont dessinées. C’est finalement ce jeudi 20 décembre que le protocole d’accord a été signé, engageant la direction du Sdis 91 sur plusieurs points. « Certaines de leurs revendications ont été entendues, même si tout n’est pas à la hauteur de leurs souhaits » rapporte Dominique Echaroux, l’élu départemental en charge du service d’incendie et de secours. Dans le détail, le document signé par la direction et les trois syndicats représentatifs (SPA-CFTC, CGT, Avenir secours-CGC) prend acte de l’aide de 1,5 millions d’euros dégagée pour 2019, et reconductible en 2020 et 2021, et fixe les modalités de sa répartition.

Des moyens pour la formation et des avancements de carrière

Le chiffre de 20 embauches supplémentaires est acté, « ainsi que des moyens pour la formation et le matériel » développe l’élu. De plus, une « clause de revoyure » est inscrite, ce qui « nous obligera à faire un état des lieux tous les six mois » sur la mise en place des mesures. Du côté des représentants des agents, Yohan Martin, délégué de la CGT, a signé l’accord « même si il n’y a pas tout ce qu’on voulait ». Mais plusieurs engagements vont dans le sens des principales revendications des pompiers selon lui : « on a obtenu des nominations au grade supérieur de catégorie C, l’augmentation de 24 du nombre de sergents avec l’organisation d’un concours, la nomination d’au moins 10 sergents et 10 adjudants par an, formés, ainsi qu’un rattrapage pour toutes les formations » liste-t-il.

Le budget dédié à la formation doit ainsi augmenter de 25%, prévoit le protocole. Le total des agents du Sdis 91, sapeurs-pompiers professionnels et administratifs, sera donc porté à « 1026, en prenant en compte ce qui était déjà prévu » indique Dominique Echaroux. « Avec le total des postes budgétés on arrive à 1087 en 2019, mais des dizaines ne sont pas pourvus » note pour sa part Yohan Martin. Si l’élu départemental se réjouit de « sortir par le haut » de ce conflit, « au bout de 20h de négociations », le représentant CGT juge lui « dommage d’avoir du faire un mois de grève pour que les solutions soient trouvées », et relève qu’à l’image d’autres mouvements sociaux, « on a besoin de faire du bruit pour se faire entendre ».