Crise démocratique? C’est en ces termes que certains analystes, en France comme à l’étranger, ont qualifié le mouvement inattendu des « gilets jaunes » qui a bousculé le pays et surtout le coeur du pouvoir, ces dernières semaines. Les institutions ont semblé vacillé, tandis que la défiance envers tout ce qui représente « l’élite » n’en finit pas de se manifester. Si nul ne sait à l’heure actuelle comment aboutira ce mouvement, il n’en restera pas moins que ce réveil citoyen, symbolisé par les centaines (milliers?) de campements de mobilisation montés sur des rond-points aux quatre coins du territoire et dans les outre-mers, marquera durablement les esprits. Le gouvernement vient ainsi de lancer son « grand débat national » pour tenter de sortir par le haut de ce qu’on peut qualifier de crise durable politico-sociale.

En Essonne, plusieurs actions des « gilets jaunes » et des points de rendez-vous se sont tenus (lire notre reportage), et certains de nos lecteurs se sont interrogés sur les ressorts de cette mobilisation « sortie de nul part ». A la suite de notre premier article fin novembre, Jean-Bernard Koechlin revient par exemple sur le terme utilisé de « colère » qui s’exprime, « La « colère » est en ce moment le mot à la mode sur tous les médias. J’en ai marre d’entendre ça sur tous les tons. La colère est-elle un faire valoir? Quand j’étais jeune, on disait que « la colère est mauvaise conseillère ». Ça reste vrai. On peut être en colère contre tant de choses.. ». Un questionnement auquel réagit un autre de nos lecteurs, Gérard Prévost, qui pense lui que « l’apathie est encore pire ! Car une colère peut être saine et parfois nécessaire surtout face à l’injustice ». Deux réflexions caractéristiques du débat qui s’est emparé du pays, et des familles durant les fêtes de fin d’année…

Une autre mobilisation est venue se greffer, en cette fin 2018, à ce mouvement des « gilets jaunes », celle des lycéens, protestant contre les réformes du bac, de la voie professionnelle, et l’application de la sélection à l’entrée de l’enseignement supérieur (Parcoursup). Dans deux articles (à retrouver ici et ), nous relatons l’état du mouvement dans le département, les multiples débrayages, et documentons les traits de cette mobilisation, durant lesquelles des débordements se sont déroulés. De nombreuses réactions nous sont parvenues, surtout sur les réseaux sociaux comme Facebook, où plusieurs personnes nous reprochent de mettre en avant ces épisodes de tension. Sur un post par exemple, où nous diffusons des images tournées par nos soins aux abords du lycée de Brétigny, Marc nous signale « Bon, je vais vous dire ce que j’en pense, il serait temps de moins parler de ce qui dérape. Plein d’autres villes ont vécu des manifestations « sans incident ». En parlant trop des incidents vous faites échos et donc boule de neige ». Même constat pour Christelle, selon qui « c’est donc si difficile de parler des mouvements pacifistes, sans violence, sans heurt ? Car il y en a… Pourquoi toujours véhiculer des informations avec la violence ? » Des messages auxquels nous tachons de répondre en argumentant sur notre couverture la plus large et précise possible des évènements, selon nos informations recensées et vérifiées. D’autres mettent en avant un autre aspect de ces mouvements, les violences sur les manifestants attribuées aux forces de l’ordre, comme Divine, qui se demande « pourquoi utiliser des flashballs qui font des dégâts graves sur les enfants lycéens? Selon des informations reçues 2 à 3 élèves sont à l’hôpital après avoir reçu des flashballs ».

La crise au SIOM n’en finit pas

Autre sujet brûlant de cette fin 2018, qui reste d’actualité : le conflit chez les éboueurs du SIOM, entre les salariés de la collecte et le nouveau prestataire Sepur qui a repris le contrat depuis le 1er novembre (notre dossier). Avant une audience qui doit déterminer la nature du blocage, lock-out ou grève, aux prud’hommes de Longjumeau ce jeudi 17 janvier, la situation et ses conséquences pour les salariés et le habitants sont fortement débattues, essentiellement chez nos lecteurs des territoires concernés (vallée de Chevreuse et autour). Dans des contributions à notre premier article décrivant la nature du conflit (à lire ici), deux lectrices s’expriment sur leur ressenti local de ce conflit. Danièle Dugelay affirme ainsi qu’il « n’est pas admissible qu’une entreprise casse les prix pour se proposer lors d’un appel d’offre de délégation de service public, en faisant payer le manque à gagner aux salariés, qui apportent leur compétence et leur connaissance du terrain ». Dans son viseur également, les décideurs locaux, qui ont choisi de changer de prestataire de collecte : « Il est regrettable que le Président du SIOM, maire de Bures s/Yvette, ne se soit pas méfié et ait accepté de prendre en compte une offre aussi avantageuse sans s’assurer de ce qu’elle pouvait dissimuler. Il est probable que de nombreux habitants, eux-mêmes salariés, retraités ou sans-emplois, ne seraient pas d’accord pour faire des économies sur le dos d’autres travailleurs et se souviendront de l’attitude des élus (…) ».

Fabienne Merola elle, revient sur le traitement de ce conflit dans les colonnes d’Essonne Info, en disant regretter « que cet article, tout en faisant mine d’objectivité, fasse à ce point la part belle aux propos calomnieux et démagogiques de SEPUR, Jean-François Vigier et même du préfet. Il ne suffit pas de recueillir sans les vérifier les affirmations des deux camps pour être objectif ». Selon elle, notre travail ne dit rien au contraire des « pratiques RH illégales avérées de SEPUR » ou encore des « conditions extrêmement douteuses de l’attribution du marché du SIOM », ainsi que d’autres faits qui nous auraient échappé. D’après cette lectrice, toujours, « la vérité, c’est qu’on cherche à imposer aux salariés du SIOM une baisse brutale de salaire et une remise en cause de leurs contrats de travail. La vérité, c’est que les collectivités territoriales, à travers la délégation de service et le jeu des appels d’offres au « moins-disant », ont trouvé un bon moyen de profiter en toute irresponsabilité de cette casse sociale (car elles savent très bien comment les « économies » seront faites). La vérité, c’est que les citoyens ne sont pas d’accord avec cette injustice ».

A la suite de notre second article sur le conflit (à lire ici), notre lecteur Marc Vigne soulève des questions supplémentaires : « Si l’économie de ce nouveau prestataire se fait sur le dos des salariés de ce service public, l’éventuelle baisse de l’impôt local résultant aura un goût amer pour les résidents. Quelle est le gain attendu par le SIOM par ce nouveau prestataire? Ne se fait-elle pas au détriment de la qualité du service rendu?« . En ajoutant un chaleureux « Merci pour vos articles » à notre égard. Fin décembre enfin, notre dernier article sur la question, après deux mois de blocage, interroge la responsabilité des élus locaux dans la résolution de ce conflit. Sur Facebook, Lionel remarque en réaction que la fin de l’article, sur l’éventualité d’une reprise en régie de la collecte « semble le plus intéressant. Elle met en lumière le manque d’anticipation, de préparation et d’études comparatives, de la part de la collectivité, sur ce sujet du renouvellement de contrats (DSP en l’occurrence). Il est curieux – euphémisme – que le maître d’ouvrage n’envisage pas une autre structuration juridique que la DSP pour ce thème de la gestion des déchets, à l’instar de toutes les problématiques de concessions. Manque de prise de recul, de réflexion, d’études, de calculs comparatifs, etc. Quel gâchis ! »

Le SA 2019 après un mois, ça donne quoi?

Un autre conflit a agité le département en cette fin 2018, du côté des pompiers essonniens. A la suite de notre article sur les tenants et aboutissants de ce mouvement inédit pour des moyens d’intervention, notre lecteur Jean-Marc Weulersse publie ce témoignage : « Je peux témoigner que lors d’une évacuation sanitaire chez moi, les pompier ont mis, au moment du départ, 7 minutes montre en main pour ouvrir la cabine de conduite du fourgon à cause d’une serrure cassée qu’ils n’arrivaient pas à faire réparer. Heureusement, l’évacuation s’est finalement avérée ne pas avoir un très grand degré d’urgence ». A la suite de plusieurs rencontres entre direction du Sdis 91 et les représentants des salariés, un protocole de sortie de conflit avec un certain nombre d’engagements a finalement pu être signé avant les vacances de Noël (lire notre article). Sur Facebook, notre publication sur cette conclusion suscite plusieurs commentaires, comme celui d’Edwige qui relève qu’il s’agit « enfin d’une négociation entre les dirigeants et les pompiers. Il était temps. Belle preuve que si les hommes de bonne volonté discutent au lieu de se battre ça avance. Fière des hommes du feu ». Un commentaire qui provoque la réaction de Stéphane, plus sceptique sur ce résultat, selon qui, « oui c’est vrai, sauf qu’à terme, cela ne résout rien, car à venir : baisse des vocations, baisse des effectifs, statuts des volontaires en danger, augmentation des interventions, carence du Samu et non résolution du financement des SDIS, donc à suivre… »

Un fait marquant de ce mois de décembre, aura sans nul doute été l’entrée en vigueur de la refonte des branches du RER D, le ‘SA 2019’, depuis le 9 décembre (lire notre rétrospective). Après un mois d’application, nombreux sont les usagers à se montrer circonspects sur l’efficacité du chamboulement dans le fonctionnement de la ligne, et cette « simplification » des branches qui entraîne allongements de temps de parcours ou de nouvelles correspondances, quand tout va bien.. Sur nos réseaux sociaux, Laurence parle d’abord d’un « nouveau système encore plus bordélique qu’avant.. Le terminus Juvisy ce n’est pas l’idée du siècle, c’est à se demander si les personnes qui ont pondu ce projet prennent les transports… » tandis que Cathy note pour sa part plus de « trains courts alors qu’il y a plus de monde dedans, pas de correspondance sur le même quai comme annoncé, suppressions de trains tous les jours…. donc QUE du pire ! sans compter que c’est une excellente idée de faire ça en plein mois de décembre, avec en plus des trains pas chauffés, voire qui soufflent du frais 😡🤬 ». Des dizaines de lecteurs et d’internautes ont ainsi fait état de leur situation à travers ces médias sociaux.

Nous publions ci-dessous l’intégralité de la contribution de notre lecteur Pascal Petit, habitant du Val d’Essonne et travaillant à Evry-centre qui détaille son nouveau quotidien à la suite de notre dossier de décembre :

Sur ces premiers jours, c’est quand même une sacré galère par rapport à l’existant. Le fait de devoir changer à Corbeil pour aller à Évry rallonge le temps de trajet. C’est évidemment plus sensible par rapport au total quand le trajet était court. On peut avoir une pensée pour les passagers de Mennecy ou de Moulin-Galant.
La RD153 (côté Montauger) est très chargée le matin. Les usagers qui prenaient le train à Mennecy pour aller à Évry ont plutôt intérêt à prendre la voiture maintenant ce qui va renforcer la charge.
Il n’existe pas de trajet agréable pour relier Mennecy à Évry en vélo. Le changement à Corbeil est court (4mn). c’est un piège pour les personnes ayant des objets encombrants ou des soucis de santé puisque les valides arrivent en premier à l’ascenseur. Impossible de tenir dans le délai de 4 mn si on fait partie de la 2e fournée de l’ascenseur.
L’application SNCF n’est pas adaptée au passage dans une gare dans un sens le matin et dans l’autre le soir. On peut définir des filtres : les trains de Corbeil vers Évry plateau ce qui permet d’avoir directement leurs horaires et quais. mais on ne peut pas en même temps avoir une 2e fois la gare Corbeil avec un autre filtre : les trains de Corbeil allant vers Malesherbes. Il faut donc modifier les filtres à chaque fois ce qui est fastidieux.
Le changement change la donne: on passe d’un trajet sans changements où on avait une place assise à 2 segments plus courts sans garantie de place assise sur le 2e segment.
Un temps plus court que chaque segment, c’est moins de temps pour commencer une activité (travail, écriture, lecture,…) dans le RER.

Pour les gens qui vont à Évry depuis la branche Malesherbes, l’impact est vraiment important. 🙁

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