Les pompiers de l’Essonne ont des revendications, et ils se donnent les moyens pour se faire entendre. Dès la mi-journée ce lundi, des centaines d’agents se sont retrouvés sous les fenêtres de leur direction départementale, entre Evry et Courcouronnes. Puis un cortège s’est formé en direction de la préfecture, où se trouve également l’hôtel du département. Mobilisés depuis novembre pour leurs conditions de travail et des demandes de moyens supplémentaires, les pompiers devaient rencontrer leur direction, pour une nouvelle réunion de négociations.

Pompiers en lutte : les raisons de la colère

En attendant le résultat de ces discussions, et alors que le Département, dont dépend le Sdis 91 (service départemental d’incendie et de secours), a visiblement fait un pas vers les pompiers mobilisés, ces derniers se sont bruyamment exprimés dans les rues du centre d’Evry au long de l’après-midi. Le cortège très suivi a fait une première apparition devant la cité administrative, avant de repartir en direction du centre commercial et de la place des Terrasses. Gros pétards, sirènes hurlantes ponctuaient la marche, avant un détour par la N7, où un groupe de pompiers a ralenti les automobilistes, ceux-ci manifestant leur solidarité à coup de klaxon. Le groupe s’est ensuite retrouvé, un peu amoindri, sous les grilles du Département, pendant que se tenait la réunion entre leurs représentants et les élus départementaux. Des tirs de pétards nourris étaient cette fois mélangés à de nombreux fumigènes. Tout au long du parcours, les forces de police ont encadré le rassemblement, sans tension apparente. A noter également, la présence d’un petit groupe de « gilets jaunes » venus du 77 exprimer leur solidarité. Une chose est sûre, les pompiers ne sont pas passés inaperçus.

A la suite de ces échanges, et de premières pistes avancées par le président du Conseil départemental François Durovray lors de la fête des pompiers, la Sainte-Barbe, on attendait « des propositions concrètes » du côté des représentants syndicaux des pompiers essonniens. « Ils nous proposé un plan d’action » rapporte M. Paramèle, représentant de la CFTC, en résumant les mesures phares : « ils reprendraient la dette du Sdis, ce qui allégerait nos charges, de quoi dégager des moyens sans trop sortir d’argent ». Les syndicats prévoyaient de faire le point avant une réunion avec leur direction ce jeudi, et surtout le conseil d’administration du Sdis 91 vendredi. Du côté de l’élu départemental et président des pompiers Dominique Echaroux, on confirme le pas vers les agents mobilisés : « il y a 40 mesures, qui représentent au total une marge de manœuvre de 1,5 millions d’euros pour 2019 ». Parmi celles-ci, avance l’élu, « 300 000 euros d’un retour de négociation avec l’ARS, une meilleure répartition des appels avec le Samu, et le rachat de la dette du Sdis par le Département, soit 36 millions d’euros étalés sur 3 ans ». De quoi faire des économies sur les frais financiers de l’organisme départemental des pompiers. En plus des 80 embauches déjà actées, « on pourrait rajouter 30 postes supplémentaires » fait savoir l’élu. Enfin, la « maison à feu » qui sert aux entrainements des jeunes pompiers au sein de l’école départementale de Fleury-Mérogis sera remise à niveau pour plus d’un million d’euros. De quoi satisfaire aux demandes des pompiers de l’Essonne? Réponse ce vendredi.

Les pompiers essonniens ont sorti les fumigènes devant les grilles de la cité administrative d'Evry

Les pompiers essonniens ont sorti les fumigènes devant les grilles de la cité administrative d’Evry (JM/EI)

Mis jour jeudi 13 décembre avec l’avancée des discussions