Jour de rentrée. D’entre les feuillages sort un jeune homme d’une douzaine d’années, sac sur le dos. Celui-ci vient d’escalader un petit muret pour se rendre à son collège, ou peut-être pour rentrer chez lui. Qu’importe, il vient simplement de rallier la rue du Vaucluse (Les Ulis) à l’Allée Alfred Pohu (Orsay). Un trajet que plusieurs riverains effectuent plusieurs fois par jour pour aller à l’école ou encore faire les courses… Depuis ce vendredi néanmoins, escalade oblige, ce chemin est réservé aux plus téméraires, Françoise Marhuenda (siégeant à la majorité de droite au Département), maire des Ulis, ayant décidé de le clôturer. En effet, depuis quelques jours, les habitants des deux quartiers voisins n’ont plus communication « aisée », une jardinière et une grille bloquent le passage.

« Ce n’est pas possible »

« C’est un geste symbolique », lance alors le maire des Ulis. « C’est un sujet qui remonte à 40 ans. Il y a une vraie ségrégation entre Les Ulis et Orsay », regrette-t-elle. Si la plus jeune ville du département vient tout juste de fêter ses quarante ans, son installation n’a pas été des plus tranquilles. Ses grandes tours qui la caractérisent marquent par ailleurs un certain clivage avec ses voisines de Bures et d’Orsay. Mais ce qui semble encore plus perturber Françoise Marhuenda, c’est bien le manque de routes reliant Les Ulis, à Orsay. « Pourquoi il y a t-il des murs partout entre Orsay et Les Ulis ? On nous boucle complètement. J’avais demandé au maire il y a deux ans d’ouvrir les routes de Mondétour à la circulation, il m’a fait lanterner jusqu’au mois d’août », raconte l’intéressée reconnaissant sans difficulté n’avoir concerté personne avant de fermer le chemin piéton. « Ceci-dit, je me suis rendue à l’école de la Queue d’Oiseau ce matin pour demander s’il n’y avait pas de retard à cause de ça, la directrice n’était même pas au courant. C’est agité par certaines personnes seulement, et il y a d’autres passages ».

Une remarque qui pourrait faire frémir certains riverains, mais surtout un acte loin d’être compris par David Ros (PS) , maire d’Orsay. « Je regrette cette décision unilatérale et brutale, d’autant plus que celle-ci a été prise à quelques jours de la rentrée scolaire. C’est contre productif et ça va crisper un peu plus les relations », répond le maire orcéen qui vient d’adresser un message de « mise au point » aux habitants du quartier de Mondétour. « Je n’ai pas de problème avec les Ulis. J’ai toujours été de ceux qui ont soutenu sans faille l’entrée des Ulis au sein de la Communauté d’Agglomération », poursuit-il. Lui qui assure avoir répondu à son homologue ulissienne, avance un problème de voirie trop petite pour justifier sa décision. « Il y a une situation historique et structurelle. Une vraie vie de quartier s’est bâtie depuis quarante ans. Ce n’est pas possible ».

Et alors qu’une pétition circulerait aux Ulis pour la réouverture de la voie piétonne, Françoise Marhuenda n’en démord. Elle compte bien obtenir une concertation avec la municipalité voisine, et souhaiterait également un soutien de l’agglomération. « Il doit y avoir une continuité entre les villes d’une même agglo. C’est bien de prêcher la mixité, mais il faut l’appliquer. Je suis désolée qu’on en ait à en arriver là », s’explique-t-elle évoquant même des soucis de sécurité. Déterminée, l’élue essonnienne se dit même prête à aller devant la justice pour gagner ce combat. « Je fais ça dans l’intérêt des Ulissiens ». Et alors que David Ros souhaite, lui, proposer des réunions de conseils inter-quartiers pour « aborder des problématiques communes », difficile d’entrevoir le moindre terrain d’entente entre les deux protagonistes. « Je pense que la meilleure chose à faire c’est de rouvrir ce passage. En espérant que Madame le maire des Ulis reprendra le chemin de l’école de la raison », conclut-il alors.