Étendu sur environ 130 hectares entre Villabé, Lisses et Corbeil-Essonnes, le Cirque de l’Essonne va prochainement opérer sa mutation. En effet, cette zone naturelle est au cœur d’un projet de réaménagement qui a pour but de préserver le patrimoine naturel et les paysages, ainsi que d’accueillir du public.

Un projet vieux d’une dizaine d’années

« Le Cirque de l’Essonne est une pépite de notre territoire, assurait à l’occasion des voeux de l’agglomération Grand Paris Sud fin janvier, Francis Chouat, le président de l’intercommunalité. Nous allons prochainement mettre en place une convention de valorisation du site. C’est quelques chose qui n’est pas arrivé depuis plus de dix ans », se félicitait celui qui est également le maire d’Evry. Ce projet d’une dizaine d’années donc a ainsi pris forme le 6 février dernier dans le cadre du conseil communautaire de l’agglo. Cette convention, signée avec différents acteurs locaux comme les communes concernées ou encore le Département, doit à terme permettre la préservation et la valorisation du site. Ainsi, les décideurs locaux ont avalisé la création d’un plan d’aménagement courant jusqu’en 2023. Un plan prévoyant entre autres le suivi écologique des lieux pour un budget total estimé à 6,5 millions d’euros, dont 2,4 engagés par le Conseil départemental de l’Essonne.

Comme l’explique Karl Dirat, maire de Villabé et également vice-président chargé de la technique et de la mise en œuvre du projet, « 4 millions d’euros ont par ailleurs été débloqués auprès de la communauté d’agglomération Grand Paris Sud pour la sécurisation et l’accessibilité du site pour le public », explique ce dernier faisant référence à « la longue détérioration du site » et aux « occupations illégales » observées ces derniers mois. Une remise en valeur de la zone naturelle bien accueillie au sein de l’association le Cirque à cœur qui militait déjà depuis longtemps pour sa réhabilitation. « C’est un premier pas dont nous nous félicitons. Nous sommes complètement pour ce projet », lance Claude Combrisson, membre du collectif, avant d’insister : « Cela fait plusieurs années que nous nous battons pour ça ».

Associé à cette convention, le Siarce (Syndicat Intercommunal de réseaux et des courts d’eau) va oeuvrer pour l’entretien du site et de la rivière Essonne qui serpente dans ce secteur singulier. Le traitement des déchets et le recyclage de ceux-ci reviendront, quant à eux, au Département. Concrètement, les institutions prévoient la création de cheminements piétonniers et passerelles dans le site naturel, d’observatoires à oiseaux, nombreux dans les zones du Cirque, ainsi que de jardins pédagogiques et partagés. Le tout avec des panneaux explicatifs pour les visiteurs.

Autour du Cirque, des chantiers qui divisent

Bien que ce programme soit désormais instauré, des inquiétudes persistent toutefois chez les membres de l’association Le Cirque à coeur. L’association qui a, en effet, longtemps milité pour la prise en charge de la zone naturelle, conteste en revanche, toujours la construction d’habitations prévue a Villabé. Un projet de 71 logements sociaux est dans les cartons depuis de nombreuses années. Le maire de la commune qui profite de la réhabilitation de cet espace pour palier au déficit de logements sociaux sur sa commune, y voit lui l’occasion de créer un cadre de vie plus favorable pour les habitants qui pour une fois « ne seraient pas à côté d’un bord d’autoroute ».

Un argument contesté par les membres du collectif qui dénoncent un grignotage, déjà en cours, de la ville sur un espace naturel à protéger. Il existe qui plus est, selon l’association, des « lieux plus favorables à la constitution du tissu urbain ». « Nous dénonçons également la construction d’une route au sud de la zone », confient ces derniers. Une route qui rendrait en effet, le terrain constructible autour de celle-ci. Autant de chantiers qui font débat au sein des communes et des associations, entre sauvegarde naturelle et enjeux à la fois urbanistes et sociaux.