Si il est un fait marquant de l’année qui a pris une grande place dans l’actualité nationale, c’est bien le débat autour de l’arrivée de migrants dans la commune de Forges-les-Bains. Située à l’ouest du département, cette commune rurale de 3800 habitants s’est réveillée le mardi 6 septembre en faisant l’ouverture des matinales de radio et des télés en continu. Et pour cause, en pleine « séquence médiatique » liée aux migrants (manifestation à Calais, résultats des élections régionales allemandes, ouverture de centres d’accueil à Paris et Ivry), un incendie volontaire est provoqué sur un site prévu pour accueillir une centaine de personnes (lire notre article).

Au delà du fait divers, unanimement condamné, l’ouverture de ce CAO – Centre d’accueil et d’orientation – va pourtant être fortement contestée dans la commune, et l’État très critiqué sur sa façon de faire en implantant sans prévenir ce centre au sortir de l’été. Révélatrice de l’état de tension présent sur place, une réunion de présentation du projet, moins de 48 heures après l’incendie, tourne à la foire d’empoigne entre les institutions et certains habitants, tandis que le FN vient tenter de récupérer la colère de nombreux habitants (notre reportage).

Une consultation est même organisée par la municipalité avant l’ouverture du site, donnant une majorité des habitants hostile au CAO. Pendant ce temps, les autorités recherchent l’apaisement, et la préfecture promet des moyens pour rassurer les riverains et garantir la sureté, notamment aux abords de l’école jouxtant le centre. Les exemples d’autres communes ayant accueilli des centres sont cités, afin de prouver que leur installation ne provoque pas de problèmes pour les riverains. Un an après l’arrivée de cent migrants dans un centre d’hébergement géré par la Croix Rouge à Champcueil, nous sommes d’ailleurs revenus sur place pour voir comment évoluaient ces résidents (notre article).

Trois semaines après le lancement de la polémique, élus municipaux comme certains opposants au projet de CAO tentent de dialoguer, chacun se préoccupe désormais de réhabiliter l’image de Forges-les-Bains, écornée suite aux derniers évènements. C’est ce que nous constatons un soir de conseil municipal, d’abord houleux, qui finit de manière constructive et redonne l’espoir de l’apaisement dans la commune (lire notre reportage). Après l’arrivée de 44 premiers demandeurs d’asile début octobre, Forges-les-Bains connaît une matinée de manifestation, à l’appel du collectif Forgeons l’avenir. Une marche marquée par différentes revendications. A côté de celles du collectif concernant le centre de Forges, le Front national et ses sympathisants défilent contre la « politique migratoire » du pays (lire notre article).

Finalement, les premières personnes sont accueillies, et plusieurs dizaines de Forgeois vont commencer à s’impliquer à leur niveau, pour leur intégration dans le village. Des cours de Français sont ainsi dispensés, et d’autres actions bénévoles sont menées avec le soutien de la municipalité (lire notre article). En ce mois de décembre, une association proche du FN a déposé un recours au tribunal administratif contre l’arrêté municipal requalifiant le centre pour l’accueil du public. Un débat qui ne manquera donc pas de se poursuivre en 2017, alors que le CAO fonctionne désormais et que les personnes migrantes tentent de se stabiliser.

Notre dossier sur les rétros 2016