Tout a commencé en 2011, lorsque plusieurs élèves polytechniciens ont répondu à l’appel du Von Karman Institute for Fluid Dynamics (VKI) de Bruxelles, afin de réaliser un double CubeSat, c’est-à-dire deux cubes de 10cm d’arête d’1kg et d’1W chacun. Membres de l’AstronautiX, le centre spatial étudiant de l’X, ces polytechniciens ont été formés à l’ingénierie spatiale, de la conception à la mise en orbite. La création de ce nano-satellite a donc été un formidable moyen pédagogique pour acquérir une expérience industrielle et contribuer à l’innovation et à la recherche scientifique.
Ce dernier est le fruit de six années de travail et de collaboration étroite entre les élèves polytechniciens, AstronautiX, et deux laboratoires de l’X : celui de Physique des Plasmas (LPP) et de Météorologie Dynamique (LMD). Au sein d’une constellation de 36 nano-satellites construits par des universités dans 23 pays, X-CubeSat est chargé d’analyser le taux d’oxygène atomique de la thermosphère, une des couches atmosphériques la moins étudiée. Il a rejoint la Station Spatiale Internationale (ISS) le 22 avril dernier, à bord du vaisseau de ravitaillement Cygnus lancé par une fusée Atlas VII, et placé sur la même orbite que la Station Spatiale Internationale, à 415 km d’altitude.

Les données recueillies permettront ensuite d’améliorer les modèles de l’atmosphère terrestre ainsi que les prédictions de rentrées atmosphériques des satellites.
Plus précisément, il fait partie du projet QB501 piloté par le VKI et financé par l’Union Européenne. « C’est la toute première étude internationale de la thermosphère coordonnée en temps réel, se réjouit le Docteur Davide Masutti, responsable de la mission. Les données générées par la constellation seront uniques à bien des égards et seront utilisées pendant de nombreuses années par des scientifiques du monde entier ».
X-CubeSat va maintenant entamer une longue descente de plusieurs mois, freiné par l’atmosphère terrestre. Après la mise en orbite du premier satellite étudiant français opérationnel, le centre spatial étudiant de l’École Polytechnique peut compter sur ses dix autres projets spatiaux pour continuer à faire rêver de la conquête spatiale.