A les croire, il y a « une exaspération dans la ville » autour de la politique éducative de la municipalité. Le 12 décembre dernier, une vingtaine de parents d’élèves des trois écoles de Bures-sur-Yvette ont fait irruption au début de la séance du conseil municipal. Tracts en main, ils ont pu évoquer lors d’une prise de parole les reproches qu’ils émettent face aux choix budgétaires de la ville, avec l’augmentation des tarifs de prise en charge des enfants depuis le 1er octobre dernier.

Depuis la mise en place des nouveaux rythmes scolaires en 2014, les associations de parents d’élèves des trois écoles communales, qui ont depuis créé le collectif Agir ensemble pour l’école, parlent d’un désengagement de leur municipalité au sujet de l’éducation. Membre de ce collectif, Carl Rakotondrainibe résume les critiques émises à l’égard de la ville par ces parents : « nous vivons avec le maire actuel une véritable déconstruction de tout ce qui a été bâti par les précédentes municipalités, les enseignants, les parents d’élèves, et au final, les Buressois ».

La goute d’eau qui a fait déborder le vase, selon eux, est la révision des tarifs en cette année 2016/2017, qui comprend depuis le mois d’octobre une augmentation de 3% pour les activités périscolaires, ainsi que la facturation de la récréation de l’après-midi, jusque là gratuite. D’autres changements dérangent également certaines familles, comme le fait que le mercredi, « les enfants qui ne vont pas au centre de loisirs l’après-midi n’ont pas le droit à la cantine » s’insurge une déléguée des parents d’élèves. Pour Carl Rakotondrainibe, ces dispositions voulues par la commune, « visent à dissuader les familles de laisser leurs enfants à l’étude », qui se déroule le soir.

Une école « en train de tomber en ruine »

Au total, les parents d’élèves mobilisés estiment le coût supplémentaire pour les familles à « 400 euros par an et par enfant » avec ces augmentations de tarif. Des critiques que la municipalité dit comprendre, tout en assumant ses choix. Pour le maire Jean-François Vigier, qui se dit « consterné de mécontenter les gens », l’augmentation des prix était la seule solution possible : « j’adorerais laisser la récrée gratuite, mais je n’ai pas les moyens, cela représente un coût de 50 000 euros. Nous avions l’aide du fond d’amorçage de la réforme des rythmes scolaires, mais les frais du périscolaire ont un caractère exponentiel, cela représente un déficit de 190 000 euros pour la commune ».

C’est pourquoi la ville de Bures-sur-Yvette a décidé en juin dernier de procéder à ces augmentations, « car pour financer nos périscolaires de très bonne qualité, c’est soit le contribuable, soit l’usager » poursuit le maire. Concernant les reproches faits de vouloir « dissuader les familles », Jean-François Vigier s’inscrit en faux et indique que « le prix des TAP a été calé sur le prix de l’étude ». Des arguments que n’acceptent pas les parents d’élèves, pour qui « des communes voisines comme Orsay ou Gif ont laissé gratuit » ce que les Buressois sont amenés à payer. « J’en ai assez de payer les pots cassés, chacun fait comme il peut » rétorque le maire de Bures.

Plus globalement, la liste des griefs s’allonge pour les parents d’élèves, qui regrettent pêle-mêle la « disparition progressive » des classes de découverte, la caisse des écoles « qui n’a plus de pouvoir » ou encore la situation à Leopold Gardey, l’école où vont la moitié des 930 enfants scolarisés de la ville, construite en 1958 et « en train de tomber en ruine faute de rénovation ». « Je n’ai pas les moyens de faire plus » plaide Jean-François Vigier, « où alors, je l’ai dit aux parents, la solution serait d’arrêter les NAP/TAP ».