C’est en 2013 que le dossier commence. Le 17 octobre plus précisément, et cette lettre envoyée par les Vuong à la direction du Syndicat intercommunal pour l’aménagement hydraulique de l’Yvette (SIAHVY). L’objet de ce courrier, le comportement étrange d’une des vannes du Moulin Guibert de Bures-sur-Yvette, situé à quelques encablures de chez eux. « La vanne était quasiment ouverte en permanence. Une ou deux fois par semaine elle était même très grande ouverte », se souvient Ingrid Vuong. Ancienne conseillère municipale et maire adjoint à la commune déléguée au Syndicat Intercommunal de l’Yvette, Ingrid Vuong avait donc l’habitude de surveiller le bon écoulement de l’Yvette. Elle constate alors « la non utilisation du bassin de retenue de la commune », « l’érosion des rives de l’Yvette »… mais surtout « le niveau sonore parfois insupportable » de l’écoulement de l’eau.

Interpellée par la situation elle décide donc d’alerter le SIAHVY, propriétaire de cette vanne, dite « du bras de décharge ». La réponse est toute trouvée du côté du syndicat, s’il fait état du « fonctionnement normal » du bassin de Bures, il explique le changement de fréquence d’ouverture de la vanne en question par « la fermeture complète des (2) vannes du moulin depuis décembre 2012 », dont le SIAHVY n’est pas propriétaire.  « A ce jour il n’est pas envisageable de modifier les consignes de régulation de la vanne », ajoutait clairement la direction du syndicat de l’Yvette au sein de son courrier. Une réponse certes entendable, mais bien loin de satisfaire Mme Vuong, inquiète de la situation. Cette réponse, c’est pourtant la plus pertinente qu’elle aura en l’espace de 2 ans à en croire ses dires. « De 2013 à 2015, c’était du yoyo. Ouvert, fermé, ouvert, fermé. Ils ne savaient pas pourquoi c’était indiqué fermé sur leur poste de contrôle, alors qu’en réalité elle était ouverte », détaille la buressoise.

Quelles sont les solutions ?

La riveraine a donc droit à des interventions ponctuelles, arrangeant son problème pour quelques jours seulement, avant que la vanne ne refasse des siennes. « Ils venaient la fermer en me disant qu’ils allaient arranger le problème », précise-t-elle. Le coup de trop arrivera néanmoins au cours de  l’été 2015, lorsque des travaux sont effectués sur le bassin de retenue de la ville. « Ils m’ont averti qu’ils allaient faire des travaux, donc on a dû faire avec le bruit. Mais en juillet, alors que tout le monde est parti en vacances, la vanne s’est ouverte puis est restée ouverte pendant tout l’été. C’était insupportable ». C’est donc la goutte d’eau qui fait déborder le vase, après avoir essayé de régler les choses à l’amiable pendant deux ans, les Vuong décident de s’en remettre à la justice en saisissant le tribunal administratif.

Le bief de l'Yvette s'envase (DR).

Le bief de l’Yvette s’envase (DR).

« Toute cette zone-là constitue un nœud hydraulique. C’est un dossier complexe. Mais on a ce problème que depuis l’arrêt du Moulin », rappelle le SIAHVY par la voix de son président, Michel Barret. Ce dernier assure par ailleurs que le syndicat n’est pas resté les bras croisés pendant toutes ces années, faisant tout son possible pour améliorer la situation. « On a déjà travaillé sur le sujet. On a travaillé sur les seuils de débordement. On a obtenu une petite ouverture des vannes du moulin, et on a travaillé sur la vanne qui pose problème à Mme Vuong ». Et si une dernière intervention a été faite il y a de ça une semaine sur la vanne du bras de décharge, les Vuong n’en sont visiblement pas au bout de leur peine. « On est en pourparlers depuis deux ans avec le propriétaire du Moulin. Tout dépend de son bon vouloir. Nous on souhaite établir une convention de passage pour accéder aux vannes du Moulin. On est tenus de négocier, c’est une propriété privée », poursuit Michel Barret alors que des travaux sur la vanne du bras de décharge sont envisagés. « Il est hors de question de faire des travaux sur la vanne du bras de décharge tant qu’il y a ce contentieux juridique », surenchérit-il néanmoins.

Du côté de la mairie, la situation est là aussi bien connue. L’édile de la commune visiblement très impliqué, espère qu’une solution sera « rapidement trouvée ». « Je n’ai de cesse de demander au SIAHVY de régler la question. Il y a peu nous avons eu un rendez-vous avec le syndicat, et la curatrice de la propriétaire du Moulin. Je n’ai pas senti de mauvaise volonté de sa part« , affirme Jean-François Vigier assurant néanmoins que le Moulin ne sera pas repris, comme il l’était un temps envisagé. « Je veux vraiment qu’on trouve la meilleure solution pour Mme Vuong ». Pas de mauvaise volonté certes, mais toujours pas de solution trouvée après 2 ans de négociations. Inutile de dire que le temps parait long pour M et Mme Vuong, impatient de retrouver leur vie d’avant 2012, eux qui habitent ici depuis plus de 50 ans. « On veut juste qu’ils respectent les règles de fonctionnement du Moulin », conclut Ingrid Vuong, tout aussi inquiétée par le mauvais entretien des cours d’eau. « On est passés d’environ 50 décibels à 70 décibels ». Pas de quoi s’affoler non plus, cela ne correspond qu’au bruit d’un aspirateur qui tourne à longueur de journée dans votre jardin…