« J’ai fait ça quand j’avais 14 ans », montre fièrement Guillaume Roche dans une salle de son atelier. Ce petit objet circulaire de quelques centimètres de diamètre et de hauteur, c’est sa toute première création. Dès son plus jeune âge, Guillaume est attiré par le modelage. La raison ? Lui même n’en est pas certain, même s’il évoque la possible influence d’une exposition éphémère à la Fac d’Orsay devant laquelle il est passé vers 6–7 ans. « Il faudrait demander à mon psychanalyste », blague-t-il. Qu’importe, il décide rapidement de faire de cette passion, son fil conducteur.

Dans un cours de sculpture sur pierres jusqu’à la terminale, Guillaume passe parallèlement un BTS plasticien option volume et le diplôme de l’école des arts appliqués. Dans le début des années 80, en collaboration avec d’autres artistes, il crée ensuite sa première société. « C’était une société qui faisait de l’agrandissement statuaire. De la reproduction, principalement pour les musées nationaux », se souvient le sculpteur. Ici, il travaille avec les plus grands, César ou encore Dubuffet, et habille les tous premiers parcs d’attractions, tels Walibi et le Futuroscope notamment aux côtés de Gotlib. « J’ai fait énormément de décors pour le Parc Astérix », souligne-t-il.

De l’acier à l’inox

De nouveau à son compte depuis près de vingt ans, après avoir travaillé dix ans dans la décoration, l’artiste essonnien en est aujourd’hui à plus de 800 sculptures vendues. Son crédo depuis toujours, le monumental. « Ce qui me plaît, c’est le côté construction. J’aime beaucoup le côté architecture, j’aime bien les choses grandes. C’est vrai que le spectaculaire, l’impact visuel, ça renforce, j’imagine, mon égo personnel », ne se cache pas le créateur. Après avoir énormément travaillé l’acier, Guillaume a choisi de faire de l’inox sa matière principale. « L’inox a des caractéristiques, des qualités propres », explique-t-il. « L’inox a des tensions. C’est un matériel qui est nerveux. Moi j’exploite beaucoup cette nervosité ».

Pour ses créations, Guillaume Roche utilise toujours les mêmes méthodes. De l’intention au dessin, il s’offre ensuite une première impression de volume en créant des maquettes. Et c’est à partir de ces maquettes qu’il entame ses énormes structures. S’il a longtemps fait du figuratif, le sculpteur a changé son fusil d’épaule il y a environ une dizaine d’années ; à peu près au même moment que son changement d’atelier, lui permettant de voir encore plus grand. Armé de sa source plasma, de son marteau pilon et de son fil inox, il centre désormais toute son énergie sur sa série d’œuvres nommée Exclos. Une série qui compte actuellement pas moins de 203 œuvres.

Guillaume Roche au sein de son atelier (GD/EI)

Guillaume Roche au sein de son atelier (GD/EI)

Sa 201e pièce, c’est sa préférée. Comme pour toutes ses créations de la série Exclos, cette œuvre est « née de la rencontre des concepts d’explosion et d’éclosion ». « Je suis très content de l’avoir réalisé parce que j’ai franchi des barrages sur lesquels je butais depuis pas mal d’années. J’ai pris cinq mois pour la faire », avoue l’artiste. Installée au CEA de Bruyères-le-Chatel depuis trois semaines, cette œuvre monumentale est quasiment exclusivement réservée aux salariés. Guillaume en a lui gardé la maquette, qu’il aurait très bien pu vendre comme il a pu le faire pour d’autres créations.

Une renommée internationale

Si certaines de ses créations ornent l’hexagone, notamment à Arpajon, Chilly-Mazarin, ou encore Ollainville en ce qui concerne le département, l’Essonnien s’exporte aujourd’hui bien mieux à l’étranger. Guillaume a bel et bien trouvé son terrain de jeu, en Arabie Saoudite, en Allemagne, à Singapour, ou encore à Dubaï, les œuvres du plasticien décorent jardins publics, privés, à travers le monde. Des œuvres aux prix parfois très élevés, comme celle vendue à Beyrouth pour 60 000 dollars. « J’ai toujours eu des velléités économiques. Donc j’ai toujours fait des expositions, des salons, pour montrer mon travail. C’est important car ça permet de valider ce qu’on fait avec une certaine reconnaissance. Et quand la reconnaissance est financière, ça joint l’utile à l’agréable », se satisfait-il.

De ses cinq dernières commandes, trois sont destinées à l’étranger, à la Belgique, et au Mexique plus précisément. Depuis sept ans cependant, et de nouveau à la mi-janvier prochaine, Guillaume Roche expose ses œuvres au Salon Maison et Objet à Villepinte. S’il est au cœur du projet de la société Art’Com depuis un peu plus de deux ans, entre Guillaume et Isabelle, la créatrice, l’histoire date de bien plus longtemps. Spécialiste en communication, Isabelle ne risque assurément pas de manquer de travail tant Guillaume a des idées plein la tête. « Aujourd’hui, je manque plus de temps que d’inspiration », conclut l’artiste.

Pour suivre son actualité > guillaumeroche.com