Malgré le temps incertain, les sculptures de la 4ème Biennale de sculpture sont bien là, au sein de la propriété Caillebotte à Yerres. Une exposition hors norme qui rassemble une trentaine d’artistes des plus célèbres tels que Rodin, Bourdelle ou Giacometti qui se mêlent à la jeune génération d’aujourd’hui.

Cette Biennale revient cinq ans après la précédente édition. La ville avait organisé, entre temps en 2014, l’exposition « Caillebotte à Yerres, au temps de l’impressionnisme ». Cet évènement avait, alors, nécessité une pause dans l’organisation des Biennales. Mais cette année, elle revient avec une thématique particulièrement forte : Le corps de la sculpture. Un thème vague et en même temps très ciblé.

Lors de la première Biennale en 2007, la ville avait mis en avant son envie de rendre l’art contemporain accessible au grand public. Le lieu majestueux, le Parc Caillebotte, est un endroit privilégié pour valoriser la sculpture. En effet, celles-ci s’insèrent de manière très naturelle dans cet environnement entièrement boisé. A l’occasion de cette exposition, les artistes investissent le parc, la Ferme Ornée mais également l’Orangerie. Une chose est sûre : cette Biennale s’annonce être un bon cru.

Quand les sculptures se fondent dans la nature

Au travers de la visite de cette exposition, plusieurs sculptures sont marquantes et grandioses. En arrivant dans le parc, au loin, on peut déjà observer les différentes formes imposantes. La première à attirer l’attention, n’est pas des moindres, puisque c’est une sculpture de Jaume Plensa appelée « Isabella ». Cet artiste espagnol très reconnu est notamment le « père » d’un imposant visage de femme qui se dresse désormais dans le parc. Les yeux fermés, le visage apaisé, cette sculpture se fond dans le décor et offre au spectateur une sérénité sans faille.

Une autre oeuvre marquante du Parc s’appelle « Les Heures Tombent » réalisée par Christian Lapie. Grand corps d’une hauteur vertigineuse au milieu des arbres en fleurs. Ces sept figures sont des troncs de chêne que l’artiste a fendu pour y inventer des hommes, des personnes anonymes mais présentes. Les silhouettes noircies composent une forêt d’hommes, une masse qui se mêle avec les arbres du parc. Une belle manière de présenter le corps.

Il y a également la « Couronne d’épines » de Daniel Hourdé. Posée juste devant la chapelle du parc, sa place ne se discute pas. Bien que cette sculpture soit éloignée du thème, le corps, elle a un véritable sens par sa forme monumentale qui orne la tête de Jésus Christ lors de sa Passion. Ainsi placée, le soleil traverse cette sculpture et donne un sens presque divin à celle-ci. Beaucoup d’autres œuvres sont à découvrir dans ce parc, qu’elles soient plus ou moins imposantes. Et d’autres se cachent dans l’Orangerie.

Des oeuvres contemporaines

Baignée de lumière, l’Orangerie expose également des jeunes artistes sortis récemment des beaux-arts. La plus originale de cette pièce est certaine « Robe-seuil » de Léa Klein, artiste de 26 ans qui débute dans ce monde artistique. Pour une fois, pas de matériau solide : une grande robe enveloppe une porte fenêtre. Le corps est absent mais presque présent de part ce choix de vêtement. Un passage entre le monde extérieur et l’intérieur. Le soleil, donnant directement dessus, instaure une ambiance très chaleureuse à la pièce.

Il y a également le « Centaure Mourrant 2.0 » d’Alain Séchas. Il reprend la forme du Centaure Mourant de Bourdelle, bien connu du public. Pourtant, il y a une spécificité dans cette sculpture. Celle-ci est vivante. Durant une minute, on peut voir le centaure imposant et le minute d’après, le voir à terre, en train de mourir, grâce à un mécanisme intégré. Une version 2.0 et bien revisitée de ce chef d’oeuvre classique.

Un peu plus loin dans la Ferme Ornée, on peut y voir des grands classiques de la sculpture. Notamment « Eve au rocher » d’Auguste Rodin. Un style que l’on peut reconnaître sans grande difficulté. Une femme, un corps nu et une grande souffrance qui apparaît dans cette sculpture. Oeuvre inachevée mais magnifique, il ne faut pas longtemps pour se rendre compte de sa beauté et de sa puissance.

Enfin, autre pièce très connue, « La Mante Grande » de Germaine Richier, célèbre artiste. Mi-animal, mi-femme, cette sculpture est très forte. L’éclairage de la pièce permet de voir trois ombres distinctes et toutes différentes. Trois aspects différents de l’homme peut-être. En bronze et pourtant très petite, elle brille au milieu de la salle pour son interprétation du corps. Germaine Richier, très connue dans les années 1950 et encore aujourd’hui est une novatrice du XXe siècle. L’alliance entre l’animal et l’homme permettra aux spectateurs de se créer une réflexion sur ce que nous sommes réellement.

La 4e Biennale a donc de magnifiques réalisations à faire découvrir au public. Accéder à de l’art de qualité pour le plus grand nombre est une chose qui est de plus en plus rare. Allez donc vous promener dans le parc tout en profitant des oeuvres exposées jusqu’au 10 juillet. Et pour les plus curieux l’Orangerie et la Ferme Ornée renferment également des trésors tout aussi surprenants.