Le succès fulgurant du chanteur d’Evry Niska est l’occasion de revenir sur un lieu particulier où le jeune artiste a fait ses gammes. Situé en plein quartier des Pyramides, le studio Bunker est devenu en quelques années un endroit de référence de la création musicale locale. Fermé depuis février pour travaux, il doit rouvrir sous une nouvelle forme d’ici peu.

Niska Skaodi

Niska ( à droite) avec Skaodi, pour le duo qu’ils formaient il y a trois ans (Archives EI)

La France l’a découvert avec ses clips tournés au Champtier du Coq d’Evry, dans lesquels Niska montre son quotidien, ses délires, ses potes et ses ambitions, tout en imposant son style dans le paysage du rap hexagonal avec ses punchlines. Vous avez peut-être entendus les fameux « bendo » ou « ha, oui oui », les mimiques caractéristiques du chanteur, ou plus récemment son buzz de la « danse du Charo » dédicacée au joueur du PSG Blaise Matuidi, que ce dernier a repris en célébrant un but cet été.

Niska vient tout juste de sortir son premier opus ‘Charo life’, déjà considéré comme un succès commercial. Les sollicitations n’arrêtent pas pour le jeune homme, depuis sa chanson ‘Maître Simonard’ qui lui a ouvert les voies d’une grande diffusion. Le rappeur d’Evry évoquait sur Essonne Info ce succès naissant en février dernier (lire notre article). Mais il a depuis encore passé un cap. L’ex chanteur de Sexion d’assault Maître Gims l’a invité sur son dernier album, il a eu l’occasion d’être l’invité de l’émission de référence Planète rap sur Skyrock la semaine de sortie de ‘Charo life’, et rien ne semble pouvoir arrêter Niska dans son ascension.

Mais avant d’en arriver là et d’être sur le devant de la scène comme il l’est en cette rentrée, Niska a fait ses gammes dans sa ville, à Evry, en participant depuis plusieurs années à plusieurs collectifs et groupes de rap. C’est avec son compère Skaodi qu’il forme ‘Mineurs enragés’, avec à la clé une mixtape sortie en 2012. Il participe aussi à des collaborations, avec des artistes du cru notamment comme Alkpote. A cette occasion, le jeune chanteur a eu l’occasion de raconter ses motivations lors de son tout premier interview sur votre journal numérique.

C’est au sein du studio Bunker que nous le rencontrions à l’époque. un lieu bien connu dans le petit milieu du rap francilien. Le petit local des Pyramides qui a vu passé tant d’artistes s’est fait un nom en propulsant de nombreux jeunes, les encadrant particulièrement dans des ateliers d’écritures ou les questions techniques. Après de premières répétitions au CAES ou à l’association les Petits débrouillards, c’est au Bunker que Niska et son acolyte s’établissent, propulsé par Siko, le créateur du studio.

Le Bunker en pleine rénovation

Depuis, Niska a pris son envol et s’est constitué sa propre équipe pour produire et faire diffuser son son. « C’est la vocation du studio, on est là pour montrer le chemin aux jeunes, les aider à se structurer, puis une fois qu’ils sont prêts, ils font leur propre parcours » explique Siko, co-fondateur du lieu, qui ne veut pas perdre de vue l’objectif de départ du studio Bunker : « à la base c’est vraiment pour accompagner les petits qui ont un projet ou qui veulent progresser, donc si on avait à s’occuper d’un artiste comme Niska qui perce, nous aurions moins de temps pour encadrer les plus jeunes ».

La réussite sans complexe d’un rappeur comme Niska confirme en tout cas à ceux qui en doutaient encore des capacités d’un lieu comme le Bunker pour propulser de jeunes évryens, leur fournissant des méthodes de travail pour les faire progresser. Mais chez les bénévoles du studio, on ne prend pas pour autant la grosse tête : « on ne demande pas de reconnaissance particulière, ceux qui nous connaissent savent, ça nous suffit » philosophe Siko, dont le studio ne cherche pas à s’approprier le succès de ses jeunes pousses, « on espère seulement continuer ».

Et continuer en structurant et améliorant si possible le lieu, voilà tout le défi. Fermé depuis février, le studio Bunker est en train de faire peau neuve. Le bailleur et la ville se sont décidés à réaliser de gros travaux à l’intérieur des lieux, situé dans les sous-sols du square Jacques Prévert. Et la venue de matériel neuf avec une cabine devrait professionnaliser encore le studio, constitué jusque là surtout de bonnes volontés et de récupération. « On espère pouvoir rouvrir dans un mois, on attend des nouvelles de la mairie » confie Siko. Après 7 ans d’existence, le studio Bunker pourrait bien connaître une nouvelle jeunesse d’ici peu.