Alkpote, le plus Evryen des rappeurs français, nous a rendu visite à l’occasion de la sortie de sa nouvelle mixtape exclusivement digitale, « Mazter Chef Musik vol.1 ». Dans une ambiance décalée et détendue, Alkpote le surréaliste a répondu à nos questions fleuves.

"On me dit souvent que je suis pornocrate c’est vrai.". (DM/EI)

« On me dit souvent que je suis pornocrate c’est vrai. ». (DM/EI)

Les habitants d’Evry et alentours connaissent (presque) tous ce nom. Alkpote, c’est l’alter-égo délirant et un brin mégalo d’un petit jeune du quartier des pyramides devenu responsable. Aujourd’hui heureux père de famille, « l’aigle royal de Carthage » continue à joindre les deux bouts avec sa passion d’ado dévorante. « Mazter Chef Musik », Mixtape menée par l’artiste et ses comparses du label Neochrome, est disponible uniquement sur internet depuis le début de cette semaine.

Des collaborations, des solos, trois pistes instrumentales offertes, cette nouvelle recette uniquement digitale est un prélude au second album solo d’Alkpote prévu pour la fin 2013. Le rap, le personnage, la réalité, les critiques, passage en revue de tout ce qui a jalonné une carrière musicale pas comme les autres.

En vidéo : Alkpote livre à Essonne Info un couplet de sa nouvelle mixtape

Entré dans le rap « comme un clodo à Mcdo »

Essonne Info : Comment s’est passée ton entrée dans le monde du rap ?

Alkpote : Je rappe depuis 1995. Mon premier album date de 2006, quand j’ai intégré le label Neochrome. Avant ça je participais à beaucoup de mixtapes, d’albums… je courais un peu partout pour décrocher des collaborations. Je suis entré dans le rap comme un clodo qui entre dans des Mcdo pour pisser.

Raconte nous l’histoire d’Alkpote, ton personnage. Pourquoi ce nom de scène, et pourquoi ce style de rap en particulier ?

Je suis monsieur tout le monde dans la vraie vie, comme toi, comme n’importe qui. Alkpote c’est un personnage, une sorte de double qui voulait juste sortir de ma tête. Une sorte de Gainsbarre tu vois ? Je l’ai créé à mes débuts, après pas mal de réflexion et de soirées arrosées. Pour mon rap, j’ai rapidement ajouté des petits mots-clés violents qui percutent. J’ai ajouté un genre de violence verbale qui a tout de suite collé à mon personnage. Ça a marché, j’en suis le premier surpris encore aujourd’hui.

Certaines personnes, critiques ou simples mélomanes, te considèrent comme mauvais pour le rap. Ils te taxent souvent de pornocrate, tu penses quoi de tout ça ?

On me dit souvent que je suis pornocrate c’est vrai. Mais je ne me sens pas plus pornocrate que Doc Gynéco, Alizée ou Mylène Farmer. On est artistes avant tout. Ce qui me nourrit c’est ma passion pour la rime, pas le porno. Tous les mots un peu durs que j’utilise dans mes textes, ça fait juste partie de mon personnage.

« Je ne suis pas donneur de leçons »

Est ce qu’il y a un message dans ton rap, quelque chose que tu revendiques en particulier ?

Il y a peut-être des petits messages oui, pour qui veut les trouver. Mais finalement, mon rap, celui d’Alkpote, c’est du divertissement pur et dur. Je ne suis pas un donneur de leçons, je serais même le premier à dire de ne pas suivre mon exemple.

Ce personnage, tu pourrais t’en détacher ?

Alkpote sera toujours en moi, je ne pourrais plus jamais m’en décoller. Même si je n’ai plus rien à voir avec ce personnage que j’ai créé à 17 ans, l’enlever ce serait m’amputer d’un membre.

Tu t’es plus ou moins fait remarquer sur le net. Comment tu travailles cette présence sur la toile ? C’est voulu ?

Je ne travaille pas le buzz. Internet, c’est juste mon support. Je sors un truc, et si ça marche c’est cool, mais ce n’est pas le manque de vues sur internet qui m’empêchera de sortir mes albums.

"Je reçois pas mal d’insultes, et beaucoup de questions". (DM/EI)

« Je reçois pas mal d’insultes, et beaucoup de questions ». (DM/EI)

« Twitter, c’est une invention magnifique »

Comment tu définis ta relation avec tes fans sur les réseaux sociaux ?

Je reçois pas mal d’insultes, et beaucoup de questions. Je ne prête pas attention aux insultes. Mais ce n’est pas pour autant que j’irais les supprimer, j’assume aussi ce coté d’Alkpote qui ne plait pas à tout le monde. Je réponds seulement à ceux qui sont intéressés, qui posent des questions ou qui demandent juste de mes nouvelles.

Alors, tu penses quoi de tout ce qui se passe avec internet, le fait que tout aille plus vite ?

Je vis avec mon temps. Je connais des gens avec qui je rappais à la fin des années 90, qui sont un peu bloqués dans le passé, ils n’utilisent pas ces nouveaux moyens de communication. Twitter, c’est une invention magnifique. C’est le meilleur moyen d’être proche des gens qui te suivent.

Il t’inspire quoi le rap en ce moment ? Tu écoutes quoi ?

Là j’écoute les albums de Malason, Seth Gueko et Sadek. Pour être honnête, je ne suis jamais allé à un concert de rap Français. Par contre j’irais bien voir French Montana ou encore 2chainz, les grosses machines.

Jamais aucun concert de rap français, même au Plan où tu as joué plusieurs fois ?

Le seul moment où je regardais un rappeur sur scène, c’est quand je me préparais à prendre la suite depuis les loges. Je ne suis pas trop concert en fait.

Tu te vois où dans 10 ans ?

Plus dans le rap. Avec ma femme et mes enfants, j’ai trouvé mieux maintenant.