Il était déjà là il y a 7 ans lors du 32e de finale de Coupe de France de football perdu par son équipe face au Lille de Rudi Garcia. « Il », c’est Emmanuel Dorado, coach de Sainte-Geneviève-des-bois. De son épopée de 2009, l’ancien défenseur, notamment passé par le PSG, Angers, ou encore Alméria, n’en a que peu de souvenirs. Et à vrai dire, aucun de ses joueurs ne pourra les lui remémorer.

L’entraîneur génovéfévain est le seul rescapé de ce match perdu 3–0 face au LOSC, un match qui avait d’ailleurs quasiment rendu son verdict dès la première période. « On s’est retrouvés à 10 dès la 40e minute », se souvient-il. « On avait fait une bonne première mi-temps, on avait eu des occasions, mais à 10 contre 11, menés 1–0, c’était quasi mission impossible ». Revoilà Emmanuel Dorado quelques années plus tard, au même stade de la compétition, mais cette fois face au Caen de Patrice Garande.

Actuel 19e de Ligue 1, Caen est loin de rappeler l’effectif lillois de l’époque, notamment composé de Rami, Debuchy, Cabaye, Bastos, ou encore Hazard. Il n’empêche que l’écart de division entre les deux équipes reste bel et bien le même, et que, sur le papier, Caen part avec une, deux, voire trois longueurs d’avance. Qu’importe, pas question de modifier quoique ce soit pour Emmanuel Dorado, qui pourra compter sur un effectif au complet pour tenter de créer l’exploit. « On va préparer de la même façon que d’habitude. J’ai tendance à dire que ce n’est pas l’adversaire qui fait la préparation », explique le coach.

Pas de pression

Ce jeudi soir, c’est le dernier entraînement avant le grand jour. Les joueurs se préparent à une petite séance vidéo et s’imaginent leurs derniers scénarios victorieux. Pour tous, c’est une première face à une Ligue 1, et pourtant, la sérénité semble omniprésente. Du haut de ses 27 ans, Quentin Barcelo peut quand même se targuer d’avoir jouer à Amiens, ou encore Quevilly. Et dans cette confrontation face au Stade Malherbe, lui, n’y voit que du positif. « C’est toujours bien de pouvoir se frotter au haut niveau », lâche l’attaquant, qui dit aborder ce match « sans pression particulière ». « On ne les sous-estime pas, mais on se dit qu’il y a quelque chose à faire », poursuit-il.

Même son de cloche du côté de Dolan Bahanboula. « C’est excitant », sourit l’ailier de seulement 21 ans. « La pression est plus chez eux que chez nous. Se sont eux les favoris, nous on a rien à perdre ». Issu du centre de formation de Nancy, Dolan a déjà pu goûter aux rassemblements de l’Equipe de France chez les jeunes. Et s’il n’a pas encore l’expérience des « vieux briscards » caennais, les matchs à tension, il connaît. Comme tous ses partenaires, il croît à l’exploit, et compte sur le soutien des supporters. « A domicile on est en confiance », ajoute-t-il, alors que le club de CFA 2, actuel 2e de sa poule, est toujours invaincu dans son antre cette saison.

Reste désormais à savoir quel comportement adopteront les jambes des joueurs en entrant sur la pelouse ce samedi après-midi, Emmanuel Dorado espère surtout que son équipe pourra se libérer. « Je préfère prendre 3–0 en donnant tout, que jouer avec le frein à main et avoir des regrets à la fin », assure-t-il. « On va voir si on est capable de faire les efforts pour les contrarier ». Les supporters, eux, ont répondu présent à l’appel puisque le match se jouera à guichet fermé.

Prochain match ce samedi 15h, en 32e de finale de Coupe de France, Sainte-Geneviève reçoit le Stade Malherbe de Caen, au Parc des Sport Léo Lagrange de Sainte-Geneviève-des-Bois.