Au commencement était une bande de potes. Mais pas n’importe laquelle. Fans de motocross et de sports extrêmes, les membres de la Clever School ont très vite su ce qu’ils voulaient, mais pas forcément qu’ils auraient autant de succès.
Habitués à filmer leurs exploits et leurs vacances avant de les poster sur les réseaux sociaux, ces « gros fêtards », comme ils aiment se surnommer, commencent à se faire un nom : « Au départ, nous nous filmions comme ça, pour s’amuser, raconte Nicolas Paulmier, le président de l’association. Nous nous connaissons depuis tout petit, nous habitons tous Breuillet ou ses alentours. Il se trouve que les gens ont apprécié et ont commencé à nous suivre. Mais ce n’était vraiment pas notre objectif ! ».
En 2010, la joyeuse bande réalise un montage vidéo et se prend au jeu. Une page Facebook voit le jour, avant que l’association ne trouve officiellement son nom en 2011.

Bowling et ski, de l’Essonne à Paris

Clever School, dit « La Clever », ne va alors cesser d’évoluer, jusqu’à être suivie sur Facebook par près de 30 000 personnes et produire des vidéos vues plus de 500 000 fois. La dernière en date : une virée à Paris fin novembre, pour y faire… du ski ! « On a récupéré de la neige auprès d’une entreprise de Saint-Germain-des-Prés, on l’a transporté dans un camion frigorifique sur les quais face à la tour Eiffel, dans le parc du Trocadéro ou encore à La Courneuve et à Ivry-sur-Seine, explique Manu, membre actif de la Clever. Nous nous étions fixés un délai de 20 minutes par spot, pensant que nous aurions affaire à la police. Finalement, nous n’avons pas été dérangés, les employés de la mairie étaient même intéressés  ».

En septembre, il avait déjà investi la Capitale avec sa bande pour une session de water-jump en vélo sur les quais du Port Debilly. En mai dernier, ils faisaient le buzz en profitant des inondations pour faire du ski nautique sur le stade de Breuillet, mais aussi le long de la D19 à Brétigny-sur-Orge : « Ces vidéos nous ont fait gagner 4 000 à 5 000 fans de plus sur les réseaux  », se réjouit Nicolas Paulmier.

Autre buzz, mais cette fois-ci involontaire, la vidéo d’un jeune déplafonnant un partie du bowling de La Norville lors de son lancé : « Ça c’est Steeve, rigole Nicolas Paulmier, on l’appelle La Tempête ! (rire). On a déjà réalisé des choses avec lui. Il fait partie de notre communauté mais pas de l’association. Ce qu’il a fait ce soir-là était spontané et pas du tout dans le cadre de la Clever. Mais, lorsque les médias ont voulu récupérer sa vidéo, il a accepté à condition qu’ils parlent de Clever School. C’était plutôt cool de sa part  ».

Ces dernières années, la Clever fait donc son trou dans la sphère médiatique, assistée par la boîte de production La Clef, tenue elle aussi par des Essonniens. Jusqu’à passer dans l’émission Riding Zone sur France Ô : « Nous avons un deal avec eux, ça nous permet d’engranger de l’expérience et de toucher un petit cachet  », reconnaît le président de l’association. Suivront des passages sur 6ter, Touche pas à mon sport ou encore SFR sport 3.

« Les premiers à se faire recaler ! »

Fort de cette nouvelle visibilité, le groupe peut ainsi promouvoir son autre activité phare : l’évènementiel. « C’est la finalité, confie Nicolas Paulmier. La vidéo reste un plaisir mais c’est aussi un outil de communication. Si ça plaît, ça peut nous ramener du monde ».
Suivis par près de 30 000 personnes sur Facebook, Clever School met donc en avant « ses » soirées : « On ne se retrouvait pas dans le monde de la nuit, on est les premiers à se faire recaler en boîte (rire), expose le Breuilletois. Peu de gens font véritablement la fête quand ils sortent en club car il y a des codes trop stricts à respecter, notamment vestimentaires. On a donc décidé de créer nos propres soirées, plus conformes à notre vision des choses. Avec nos propres codes, c’est-à-dire ouvert à tous !  ». Le tout associé aux sports extrêmes, bien entendu : « C’est un véritable concept, on aménage nos lieux de soirée en skatepark, les danseuses sont remplacées par de véritables athlètes ».

"C’est un véritable concept, on aménage nos lieux de soirée en skatepark" (La Clef).

« C’est un véritable concept, on aménage nos lieux de soirée en skatepark » (La Clef).

Si la première a lieu dans un bar à Fontainebleau (Seine-et-Marne), les vraies soirées d’envergure débuteront en 2012, à l’occasion du Festival international du sport extrême (Fise) et du Supercross de Paris Berçy : « On avait à peine 1000–2000 fans sur Facebook à l’époque, mais on nous a quand même contacté, rappelle Nicolas Paulmier. Le Fise, qui rassemble tous les ans à Montpellier un million de personnes sur cinq jours, organisait une finale de skate et BMX sur Paris à l’occasion du Paris Games week. En même temps, se tenait au Grand-Palais la compétition Red Bull Skilines. Du coup, nous avons récupéré tous les athlètes et partenaires !  ».

Une réussite qui leur vaut d’être contactés l’année d’après par TF1 pour participer à l’émission Une semaine pour faire la fête. Un remake d’Un diner presque parfait, mais surtout un cadeau empoisonné : « On a longtemps hésité car nous devions tout financer nous même, précise Manu. Mais on s’est quand même lancé dans l’aventure en se disant qu’on pouvait faire le buzz. Mais l’émission n’a pas été diffusée…  » Résultat, les économies de l’association s’envolent et ses ambitions prennent du plomb dans l’aile.

« Devenir la référence française ? Pourquoi pas ! »

Quatre ans après, Clever School s’est refaite et veut rattraper le temps perdu. L’association, qui compte une dizaine de soirées à son actif, totalise dix membres âgés de 22 à 25 ans aux métiers totalement différents : «  Il y a des étudiants, un vidéaste, un arboriste-grimpeur, un gérant de magasin, des saisonniers ou encore des membres qui bossent dans les travaux publics  », confie Nicolas Paulmier. Sans contrat de sponsoring, mais avec des partenariats ponctuels suivant les évènements, la joyeuse troupe aborde 2017 avec des projets pleins la tête : « La collaboration avec France Ô et Riding Zone va se poursuivre. Mais en plus de ces vidéos spontanées, nous avons prévu une Clever School Party sur Paris en juin 2017. Nous espérons également participer au Fise de Montpellier en mai prochain et au Super Cross de Genève à la fin de l’année ».

Présents sur internet, sur les festivals et dans les soirées qu'ils organisent, les membres de La Clever commencent à se faire un nom (DR).

Présents sur internet, sur les festivals et dans les soirées qu’ils organisent, les membres de La Clever commencent à se faire un nom (DR).

Et pour ceux qui imagineraient la Clever comme un Projet X à la française, ses membres préfèrent rassurer : «  Bien sûr, il nous est arrivé de payer des cautions, sourit Manu. Notamment en vacances parce que, comme tous les jeunes, nous rechignons à faire le ménage ! (rire) Mais on a une conscience, une éducation ». Il l’assure, l’association n’a jamais rien dégradé et n’a jamais subi aucune plainte. Tout juste des blessures lors des représentations sportives « qui font partie des risques des sports extrêmes  ».

En 2015, l’association a d’ailleurs été contactée par SNCF pour organiser des soirées à destination des jeunes pour le CE de l’entreprise, « preuve que nous ne sommes pas juste des fous, que nous sommes aussi capables de créer des bordels organisés !  », plaisante Manu. Avec un objectif maintenant avoué : « Il y a un vrai créneau à prendre en France dans le domaine des sports extrêmes  ». Pour devenir la référence française ? « Pourquoi pas !  », conclut Nicolas Paulmier.