Près de trois semaines après la présentation du plan de restructuration du groupe Carrefour par son PDG, Alexandre Bompard, le 23 janvier dernier, le sujet est toujours au cœur de l’actualité. En effet, en fin de semaine dernière, le journal Le Midi Libre a publié une liste contenant la localisation des 273 magasins (ex-Dia) touchés par le plan Bompard. Un plan prévoyant la cession d’une partie du parc de magasins en location-gérance et la fermeture des autres. Parmi ces derniers figurent notamment six enseignes essonniennes(*).

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Après différentes manifestations de salariés du groupe devant le siège de Massy où dans certains magasins du département, une grosse cinquantaine d’entre eux était présente ce lundi 12 février sous les fenêtres de l’hôtel Mercure de Massy, au sein duquel se tenait un comité central d’entreprise. Après la CGT dans un magasin de Verrières-le-Buisson la semaine dernière, c’est au tour de Force ouvrière d’afficher son désaccord à propos de l’avenir des 273 magasins et de ses salariés. Le groupe Carrefour annonce ainsi que les salariés de ces enseignes figurent dans un plan de sauvegarde de l’emploi (PSE) et que des « solutions de reclassements leurs seront proposées ». Des promesses que les salariés qui manifestaient ce lundi ne veulent pas croire. « Carrefour demande le reclassement de tous les salariés concernés dans des magasins aux alentours, mais on sait tous que ce n’est pas possible », commente une salariéeLe mot « licenciement » circule notamment dans toutes les bouches des personnes présentes à la mobilisation.

Des salariés, sifflets à la bouche, drapeau dans une main, poing levé de l’autre, qui manifestent également contre la totalité du plan social qui prévoit la suppression a minima de 2 400 emplois, la cession de magasins ou encore des investissements dans le e-commerce. « Je peux comprendre que l’on doive évoluer dans le numérique, mais pas au détriment des salariés Carrefour, les caisses automatiques remplacent d’ores et déjà le poste des caissières », explique Michel Enguelz, représentant du personnel pour Force ouvrière, alors qu’Alexandre Bompard, a officialisé un investissement de 2,8 milliards d’euros dans le digital.

Les municipalités se mobilisent

Il n’y a pas que les salariés du groupe qui font part de leur mécontentement. Une partie des municipalités touchées par le plan Bompard monte aussi au créneau. C’est ainsi le cas à Breuillet, où le Carrefour Contact du centre commercial du quartier de Port Sud risque de mettre la clé sous la porte, après seulement 15 mois d’exploitation par le groupe d’Alexandre Bompard. A ce jour, la supérette ne possède plus que quatre mois pour trouver un potentiel repreneur, comme l’indique le maire de la commune Bernard Sprotti. « Quatre mois c’est demain, je ne veux pas perdre de temps », s’inquiète l’édile breuilletois. Ce dernier a rencontré la direction de Carrefour ce lundi afin de discuter de l’avenir de ce magasin. « Le Carrefour de Breuillet a ouvert il y a tout juste 15 mois. Ils [la direction de Carrefour] nous expliquent que le chiffre d’affaires était assez faible entre 2016 et 1017. Pour la suite, je ne suis pas confiant, le magasin fermera s’il n’y a pas de repreneurs. », résume le maire pour expliquer le retrait du groupe Carrefour. Mais pour sa part, Bernard Sprotti a déjà pris le dossier à bras le corps. « De mon côté, j’ai déjà eu deux propositions de repreneurs locaux », explique le premier magistrat de la ville. Ouvert à la discussion, celui-ci poursuit en indiquant que « la direction étudiera toutes les propositions, dont celles que proposent la mairie ». Une autre rencontre entre la commune et la direction de Carrefour est prévue le 26 mars. D’ici-là, la commune de Breuillet continue à envoyer des courriers pour faire avancer le dossier. Le 10 février dernier, une mobilisation a même été organisée pour sauver le magasin de proximité. Les riverains étaient invités à émarger une pétition lancée par la municipalité.

Même constat à Savigny-sur-Orge, où le Carrefour Contact est également mentionné sur ladite liste. Contacté, le maire de la commune, Eric Mehlhorn, fait part de sa surprise concernant la fermeture de la supérette. « Le quartier avait un commerce de proximité, situé en plein centre-ville », déplore-t-il, conscient de l’importance du magasin situé à proximité des lycées Corot et Monge. Aucune rencontre n’est à ce jour prévue avec le groupe Carrefour, mais le maire affirme qu’il va « tout faire pour qu’il y ait une reprise de l’établissement ». Le combat risque de s’inscrire dans la durée…

(*)4 magasins concernés par une fermeture : Breuillet, Chilly-Mazarin, Longjumeau et Savigny-sur-Orge.
2 magasins par des location-gérance ou franchise : Epinay-sur-Orge et Verrières-le-Buisson.