Le 25 novembre dernier, Michel Sapin, le ministre de l’Économie et des Finances, et Christophe Sirugue, secrétaire d’Etat chargé de l’Industrie, étaient invités à découvrir les nouveaux modèles de voitures de la jeune entreprise XYT. En arrivant dans les locaux de la start-up, à Viry-Châtillon, une dizaine de jeunes apprentis s’affairent sur une de ces voitures livrées en kit. Électriques ou hybrides, ces véhicules doivent être montés dans un lieu d’assemblage spécialement agréé. L’avantage de ce type d’automobile ? « On peut embaucher des gens de haut-niveau mais également des gens beaucoup moins qualifiés : le challenge, c’est surtout de construire le véhicule en moins de 27 heures  », a indiqué Marc Chevreau, l’un des concepteurs. En réalité, il faut un peu moins de 27 heures pour assembler les 600 pièces qui constituent la Pixel XYT. Mais grâce à cette grande marge de temps, l’équipe voit plus grand : « On ne s’interdit aucun volume. Il suffit d’embaucher des gens et on va les embaucher au plus près donc en région et dans les petits ateliers  ».

Un virage important du numérique dans l’automobile

La start-up française XYT, anciennement France Craft, a choisi de se spécialiser dans la conception automobile personnalisée et évolutive. Un pari ambitieux mais prometteur. Imaginez-vous : une voiture que l’on peut s’approprier facilement en la personnalisant et que l’on peut faire évoluer au fil des besoins et envies… Si le concept vous paraît flou, c’est justement parce qu’il est novateur et c’est précisément dans cet esprit que le constructeur automobile « nouvelle génération » a créé la Pixel XYT. Ce véhicule se décline en différents modèles et c’est ici que s’applique l’idée de personnalisation. De l’utilitaire au pick-up, vous pouvez faire de votre véhicule votre outil de travail, selon les besoins. Fabriqués à la main, en seulement quelques heures, les modèles Pixel XYT ne sont constitués que d’environ 600 pièces, soit dix fois moins que pour un véhicule lambda. Ces voitures peuvent aussi bien convenir aux collectivités qu’aux particuliers, en passant par les PME. Le stock de maintenance du véhicule tenant dans une simple petite caisse, cela représente un avantage considérable. Mais c’est surtout son côté modulable qui séduit : c’est cette proposition de valeur pour redéfinir l’objet qui fait la force de la Pixel XYT. Redéfinir, oui, mais aussi rénover ! Toute pièce défectueuse ou usée peut être changée à l’envi. Les équipes qualifiées pourront constamment redonner une deuxième, troisième, quatrième voire même cinquième vie à la voiture.

Une dizaine d'apprentis en plein assemblage (MC/EI)

Un outil pédagogique prometteur

« C’est un outil qui a été réfléchi de manière simple et pédagogique. C’est une conception différente des autres voitures et ça a été réfléchi de façon à ce qu’on puisse intervenir et facilement dessus ». La dizaine de jeunes élèves présents semblent écouter attentivement leur professeur de mécanique vanter les avantages d’un tel projet auprès du ministre de l’Economie et des Finances, Michel Sapin. Pour Simon Mencarelli, co-fondateur de l’entreprise, la Pixel XYT représente un véritable atout pour le système éducatif français : « C’est un outil pédagogique physique mais également digital car on dispose de maquettes 3D. L’objectif, à terme, c’est de créer de réels contenus qui puissent permettre aux professeurs et enseignants dans ce domaine de créer des contenus éducatifs. Nous sommes en train de créer un nouvel objet, un nouvel écosystème : si l’on veut préparer le monde de demain, il faut démarrer par le côté éducatif  ». Pour Sébastien, un des jeunes apprentis, le travail sur ces véhicules est « relativement simple » car « cela va assez vite  ». De son côté, lorsque le ministre Michel Sapin demande ce qui les motive à travailler sur la Pixel XYT, Nicolas répond quasi-instinctivement qu’ils aiment simplement ce qu’ils font.

Les fournisseurs actuels étant à 95% Français, XYT s’est fixé un objectif de production ambitieux, à savoir 2 000 véhicules d’ici 3 ans : « Une bonne manière de créer des emplois et de lutter contre le chômage », selon Michel Sapin, ministre de l’Économie et des Finances.