Les jours se suivent et se ressemblent pour les personnels des prisons de l’Hexagone qui en sont à leur 12e jour de mobilisation en ce vendredi. Si plusieurs d’entre eux poursuivent les blocages devant leur établissement, d’autres ont décidé, pour l’instant, de cesser la mobilisation physique, à l’instar des surveillants de la maison d’arrêt de Fleury-Mérogis. « Nous sommes en pleine réflexion pour la suite. Pour le moment j’ai dit à mes équipes de se reposer », rapporte Thibault Capelle, délégué FO. Après des jours de blocage parfois très musclés, les agents pénitentiaires de la plus grande maison d’arrêt d’Europe n’ont pas pour autant lâché la bataille qui les oppose au gouvernement. En témoigne notamment cette Assemblée Générale organisée par  Ufap-Unsa 91 en ce jeudi 25 janvier, afin de statuer sur le protocole proposé par Nicole Belloubet le 19 janvier dernier. « Seulement 72 agents y sont allés. 45 ont signés en faveur du protocole, 25 contre, et 2 se sont abstenus », indique le syndicaliste. « CGT et FO ont décidé de ne pas y aller. Si on fait le calcul, sur les 1 300 membres du personnel, seuls 5% d’entre eux sont d’accord avec ce protocole. Les autres veulent continuer les actions ».

Autant dire que, même si Ufap a signé ce protocole à l’échelle nationale, les choses ne sont pas prêtes de se débrider au sein de la maison d’arrêt essonnienne. Celle-ci compterait d’ailleurs plus de 200 demandes d’arrêts maladie. Résultat, plusieurs services fonctionnent actuellement au ralenti, beaucoup de retard sont à signaler, que ce soit, au parloir, ou encore pour les promenades. Des conditions difficiles qui pourraient encore s’intensifier si le gouvernement tarde à leur donner satisfaction. Pour rappel, les surveillants réclament notamment plus de moyens, qu’ils soient physiques ou financier, afin d’assurer au mieux leur sécurité. Et si Thibault Capelle reconnaît qu’il n’y a « pas que du négatif » au sein de ce protocole, le sujet des salaires est quant à lui loin d’être entériné alors que les surveillants souhaitent toujours passer de la catégorie C à la catégorie B sur la grille indiciaire. « On nous dit que notre prime va prendre 2 points sur 4 ans, soit 0,5 points par an, et donc 15 euros de plus par mois. C’est une insulte », peste-t-il rappelant les difficultés des agents pour subvenir à leurs besoins. « Ils sont obligés de faire des heures supplémentaires pour manger normalement. Les conditions sont destructives ».

Le personnel a donc bien l’intention d’obtenir un peu plus de reconnaissance et une fiche de paie digne de ce nom avant de reprendre le travail. « L’argent on sait qu’il y en a », poursuit le délégué FO. « Nicole Belloubet appelle les surveillants à prendre leurs responsabilités, moi j’appelle à sa propre responsabilité », conclut-il fermement, pendant que les conditions des détenues continuent de se dégrader comme le dénonce notamment Streetpress.