Le plus grande prison d’Europe est encore sous les feux des projecteurs. Des centaines de surveillants pénitentiaires se sont rassemblés devant la prison de Fleury-Mérogis ce lundi soir, derrière de grandes barricades de feux, afin de défendre leurs conditions de travail. Sous la fumée noire et épaisse des pneus brûlés, les surveillants pénitentiaires sont là pour faire entendre leurs voix : « On veut montrer notre ras-le-bol. Nous sommes en insécurité complète et notre administration s’en tape complètement, aussi bien notre ministre de tutelle que l’administration centrale », déclare Alexis Caby, secrétaire générale de l’UFAP.

Une grande manifestation qui survient à la suite d’une agression dans la prison de Vendin-le-Vieil vendredi dernier. Depuis ce lundi, la plupart des prisons françaises appellent à la grève. Ce lundi, dès 18h, ils sont tous rassemblés à Fleury-Mérogis et seront là encore quelques jours, « jusqu’à ce qu’on nous entende », scandent les syndicats UFAP, FO et CGT. Ce mardi, aucune sortie ni entrée ne pourront être effectuées dans le centre pénitentiaire, sauf en cas d’urgence.

« Nous nous sentons en insécurité complète »

Le mécontentement est fort du côté des surveillants pénitentiaires qui réclament plus de moyens à leur administration : « Nous attendons des moyens humains, matériels mais aussi une classification des détenus selon leurs profil. Aujourd’hui on les met où il y a de la place, et comme il n’y a pas de place, nous les mettons où nous pouvons », déplore le secrétaire générale de l’UFAP.

L’allocution du président sur la question des prisons ne semble pas avoir convaincu les foules : « Son plan c’est pour 2025, et nous sommes en 2017. Nous voulons adapter nos établissements maintenant, pas dans 8 ans ». Des conditions de travail éprouvantes avec plus de 90 détenus à gérer pour un seul surveillant et une administration qui peine à trouver des solutions, selon Alexis Caby. « Un surveillant ne peut faire pareil avec tous les détenus, qu’ils soient d’un niveau élevé ou pas, qu’ils soient radicalisés ou non, ce n’est pas possible. Pourtant l’administration ne le voit pas comme cela, et lorsqu’il y a une incartade, elle ne va pas le louper. » Les surveillants pénitentiaires auront sans doute de nouvelles informations dans la journée. En effet, la ministre de la Justice Nicole Belloubet est attendue à Vendin-le-Vieil. Une visite de soutien durant laquelle cette dernière pourrait faire quelques annonces.