Ce mardi matin, 10h, la bretelle direction Paris du rond point de Grigny II est fermée. Plusieurs CRS sont présents et s’apprêtent à démanteler le premier camp roms de la saison. La trêve hivernale terminée, les expulsions reprennent visiblement sans plus attendre. Installée sur ce terrain depuis plus de deux ans, cette quarantaine de familles n’a d’autre choix que de quitter des lieux. « Ils ont eu des hébergements pour une grande partie dans le 91, même si 4–5 familles ont été emmenées dans le 77 », nous précise un membre de l’ASEFRR, Association de solidarité en Essonne avec les familles roumaines et roms, alors que deux bus ont été mis à disposition par la mairie pour transporter les familles.

Le démantèlement a été effectué sans heurt, mais un peu plus de trois heures ont été nécessaires avant que le camp ne soit totalement évacué. « Un listing avait été fait, mais des familles n’étaient pas là. D’autres qui n’étaient pas sur le listing étaient présentes », détaille un peu plus l’ASEFRR qui regrette par ailleurs que le camp ait été démantelé « si vite ». « C’était un bidonville viable, propre », assure l’association. « La ville avait installé une benne à ordures qui était vidée toutes les semaines. Il y avait aussi des toilettes », poursuit-elle alors que certains d’entre eux travaillent, et que les enfants sont majoritairement scolarisés. « C’est casser un truc qui, avec un peu plus de temps, aurait pu permettre à certains de s’en sortir, d’avoir une situation ».

A 13h30 sur le site, ne restaient plus que des débris et un tractopelle en pleine action, chargé de raser les constructions illégales des occupants des lieux. Si dynamique il y avait sur ce camp, celle-ci ne devrait pas être la seule à être stoppée. Comme chaque année dès le mois d’avril, les expulsions ont de grandes chances de se poursuivre sur le département. Et alors qu’un deuxième camp doit être démantelé dans les jours à venir sur la même commune, le camp basée à Champlan pourrait ne plus être dès ce jeudi puisque son démantèlement est d’ores et déjà prévu. « On essaie de gérer au mieux ces expulsions », conclut l’association.