Pour la première fois depuis ses trois tournées, elle vient se produire en Essonne ! Après avoir commencé au Pranzo en 2011, Nawell Madani intègre 3 mois après le Jamel Comedy Club. Depuis, l’humoriste n’arrête pas, elle est en tournée pour son one-woman-show « C’est moi la plus Belge » et elle apparaît dans quelques films comme « Ruptures, menaces nocturnes ». Actrice, humoriste et réalisatrice : rencontre avec cette femme aux multiples facettes.

Essonne Info : Qu’est-ce qu’il y a de particulier dans les salles de provinces pour vous ?

Nawell Madani : C’est différent, à Paris c’est un public averti qui a l’habitude de voir du spectacle. Il y a 260 spectacles qui se jouent chaque soir donc c’est un public très compliqué à conquérir, un peu plus dur. En province, les venues sont rares donc quand on vient leur rendre visite, ils sont déjà contents et ils sont un peu plus chaleureux. C’est toujours un plaisir d’aller en province, le public ne cherche pas à « intellectualiser le rire », il s’abandonne quand il arrive dans la salle.

Dans votre spectacle vous partez à la conquête de Paris, en tant que Belge, est-ce un rêve devenu réalité de connaître le succès dans la capitale ?

Oui surtout de trouver sa place parmi cette concurrence qui est rude. Il y a beaucoup de spectacles aujourd’hui qui ne remplissent pas les salles. C’est très compliqué aujourd’hui de pouvoir s’offrir une tournée… Je viens d’une petite bourgade dans le fin fond de Bruxelles, donc avoir fait quatre Olympia, des Palais des Sports, c’est au-delà de mes rêves !

Vous terminez votre troisième tournée fin juin, qu’a-t-elle de particulier ?

C’est la dernière tournée avec ce spectacle donc je dis au revoir à ce spectacle. C’est différent, c’est un dernier voyage, un dernier rendez vous. On arrête les dates pour la sortie du DVD en juin.

L’année 2016 a été une année globalement mauvaise pour tout le monde, en tant qu’humoriste vous sentez-vous investi d’une mission pour faire rire les gens ?

Oui, complètement. Je pense qu’aujourd’hui nous qui sillonnons le pays, on doit avoir un message fédérateur. Quand d’autres diffusent des messages de division, nous on doit essayer de rassembler. D’autant que dans nos salles, surtout dans la mienne, il y a des gens de toutes les origines, cultures et religions. On sait que ces événements ont touché tout le monde, les victimes n’ont pas de couleur. D’ailleurs, j’ouvre le spectacle en parlant de ces évènements et je le termine en disant que si l’on peut rire ensemble, on peut donc vivre ensemble.

Comment vous est venue l’envie de faire rire ?

C’est venu des autres. Depuis toute petite, j’ai toujours été un boute-en-train mais ce sont les gens qui m’ont poussé à monter sur scène. C’est très compliqué pour une femme de se dire que l’on peut monter, se grimer et séduire autrement. Habituellement, on laisse ça aux hommes. On dit « femme qui rit, à moitié dans son lit », moi je dis « homme qui rit, reste auprès de toi à vie ». Les hommes aiment les femmes rigolotes. Ils veulent une femme qui peut être leur maîtresse, leur femme mais surtout leur meilleure pote. Quand on a gagné ça, je crois que l’on a tout gagné. Avec le temps, j’ai du arrêter de me juger. Avant que les autres ne me jugent, la première personne à le faire c’était moi-même.

Vous parlez de la difficulté pour une femme de se lancer dans le one-woman-show, comment expliquez-vous la montée en puissance des femmes dans l’humour ?

C’est grâce a des ambassadrices comme nous. Il y a toute une génération, dont je fais partie, qui a grandi dans cette génération black, blanc, beur. On est des nanas, on a voyagé, on a bougé, on porte des hauts talons mais on met des ballerines dans notre sac qu’on enlève juste avant d’arriver en soirée… Tout ça fait partie de nous. Donc forcément, ces filles-là se disent « pourquoi pas moi ».

En plus de votre spectacle, vous menez une carrière d’actrice, on vous verra dans le prochain film de Philippe Lacheau « Alibi.com » au cinéma en février 2017 mais vous passez également derrière la caméra pour votre propre film. C’était une envie de votre part ?

Oui, tout à fait. C’est un exercice que je voulais faire, ça nourrit aussi mon personnage sur scène, et ça permet de prendre du recul. Les deux métiers sont complémentaires même s’ils sont très différents. Je suis scénariste et réalisatrice de mon premier film, qui s’appelle « C’est tout pour moi ! » et qui sort le 26 avril prochain. C’est l’histoire d’une petite provinciale qui part à la conquête de Paris. C’est inspiré des milieux dans lesquels j’ai pu évoluer mais c’est une fiction. C’est inspiré mais ce n’est pas du tout moi dans le film. J’ai mon pygmalion qui est François Berléand et que j’ai voulu dans le film.

2017 approche, que peut-on vous souhaiter ? Un nouveau spectacle peut-être ?

Que mon film cartonne et qu’il trouve son public, comme le spectacle, car j’y ai mis toutes mes tripes. Pour le spectacle, il y en aura bien un deuxième, pour l’instant rien n’est écrit. Je gratte quelques vannes mais je ne sais pas si je vais les garder, c’est trop prématuré.

Pour reserver vos places : le 6 janvier à Yerres et le 7 janvier à Longjumeau.