Pour les Essonniens, l’année 2017 a plutôt bien commencé niveau programmation culturelle. En tête d’affiche à Yerres et Longjumeau les 6 et 7 janvier au soir, Nawell Madani a assuré un show digne de ce nom, aux divers tableaux aussi drôles les uns que les autres. Encore une fois, la jeune femme a su équilibrer les plats du menu qu’elle propose et se distingue de bons nombres d’humoristes. Autrefois garçon manqué, Nawell Madani assume fièrement sa féminité actuelle et s’en amuse. Ainsi, la jeune belge alterne l’humour jaune, grivois et léger. Durant plus d’une heure et demi l’autodérision est de rigueur ! Sous les applaudissements réguliers du public, Nawell Madani se joue des nombreux clichés qui entourent la religion musulmane. Pour autant, personne n’est laissé sur le banc de touche parmi les spectateurs : la jeune femme s’applique à réunir tout le monde dans sa bulle, à ne laisser personne dans l’incompréhension. Durant toute la durée de son show, l’humoriste tisse un lien étroit avec son auditoire en assurant une interaction régulière avec son public. Pour Yasmina, c’est justement ce lien qui finit d’apporter toute la beauté du spectacle : « C’est comme une rencontre. On se sent particuliers parce que l’on sait que, grâce à ces interactions précisément, la représentation donnée ce jour-là sera unique ».

De l’élocution au goût oriental lorsqu’elle incarne ses parents, en passant par l’accent belge utilisé pour personnifier sa voix intérieure, jusqu’au jargon des quartiers exprimés dans sa jeunesse, Nawell Madani ne laisse rien au hasard. Elle divertit en retraçant son parcours et en contant ses échecs. Si l’abandon de ses rêves de danse se range du côté des coups durs, Nawell Madani n’a rien perdu de son envie de réussir, de sa motivation, de son perfectionnisme. Elle n’hésite pas à offrir un spectacle complet et éclatant. Du rire, vous passerez à l’ébahissement. En la voyant arriver sur les planches de la scène, élégamment vêtue, on ne s’attend pas à la voir danser. Pourtant, accompagnée de huit danseurs – quatre femmes et quatre hommes – Nawell Madani offre des tableaux dansants impressionnants. Des danses hip-hop avec son crew, aux auditions ratées à l’Académie Internationale de la Danse, jusqu’à sa belle mais courte performance dans la peau de Mickael Jackson, l’auditoire en prend désormais plein les yeux. Nawell Madani a également fait de la place pour une séquence émotion presque inattendue mais vivement saluée. Tous les ingrédients sont alors réunis pour faire de son spectacle un show unique en son genre.

Toutes les conditions réunies pour un show réussi

Dès le début, le ton était donné. Alors que les spectateurs se languissaient de voir apparaître l’artiste qu’ils sont venus applaudir, c’est Tareek qui a fait son apparition sur scène. Également humoriste au Jamel comedy club, il doit assurer la première partie du spectacle de Nawell Madani. Mission qu’il a parfaitement su remplir, pour le plus grand bonheur du public qui n’a pas manqué d’applaudir chaudement l’homme que certains décrivent comme un « touche-à-tout » à l’humour décalé. Une première partie à laquelle ne s’attendait pas Nora mais qu’elle a accueilli bien volontiers : « Je n’avais pas regardé qui il y aurait avant Nawell. J’ai passé un bon moment en écoutant Tareek, j’ai même trouvé ça un peu court ».

« Si l’on peut rire ensemble, on peut vivre ensemble », voilà le crédo de Nawell Madani. Ambitieuse et motivée, l’humoriste s’est à plusieurs reprises distinguée de ses homonymes. Jeune femme au fort caractère et à l’humour certain, le chemin était pourtant tout sauf tracé d’avance. Né à Watermael-Boitsfort en Belgique, Nawell Madani s’autorise à rêver en grand. Motivée, elle rêve de devenir chorégraphe et danseuse professionnelle. Pourtant, c’est en tant qu’humoriste que le public la découvre en 2011, sur les planches du Jamel Comedy Club. Seule femme du groupe, Nawell Madani quitte la troupe quelques mois plus tard pour continuer son chemin, seule. Ambitieuse, l’humoriste cherche de la fraîcheur, de la nouveauté. Elle crée alors les Instawell, des mini spots humoristiques diffusés sur le réseau social Instagram. Elle devient alors la première à mener ce type de projet. C’est à ce moment qu’elle débuta l’écriture de son premier one woman show qu’elle intitulera « C’est moi la plus Belge ! » et dont les critiques sont quasi unanimes. Pour Stéphanie, le rendez-vous est pris : « Son spectacle était vraiment super. Il est bien écrit et elle nous a offert de bonnes improvisations. Ça promet pour la suite ! Le 26 avril, je serais au cinéma, promis !  ». 26 avril, soit la date de sortie de son premier film « C’est tout pour moi ! ». En espérant que le titre ne présage pas une disparition prématurée des parquets de Théâtre, car le public espère bien ovationner Nawell Madani encore quelque temps ! Rendez-vous le 3 février prochain aux Arènes de l’Agora à Evry.

 Notre entretien avec Nawell Madani