Lundi 28 novembre dernier, le monde de la boxe a perdu un grand homme. Nilar Win, quintuple champion du monde de boxe birmane s’est éteint à 56 ans à la suite d’une grave maladie. Arrivé dans les années 80 sur le sol français, c’est à Grigny qu’il choisit d’abord de poser ses gants. Dans la salle de boxe de « l’association Grande Borne », il donne ses tous premiers cours. Son but : transmettre ses valeurs aux jeunes des quartiers. Méconnu dans un premier temps, il lui faut peu de temps avant de faire exploser sa notoriété. Sa méthode : essentiellement le bouche à oreille. Discret de nature, Nilar a poursuivi sa transmission de savoir dans la salle de boxe de la « Maison des Potes » de Grigny, avant de créer son propre club à Viry-Chatillon, le Nilar Win Mermoz. Depuis plusieurs années, c’est ici qu’il donnait ses cours. Des boxeurs, il en aura entraîné et formé plus d’un. Du connu Patrice Quarteron à sa dernière protégée, Khalissa Houicha, notamment triple championne de France de Boxe Thaï. Toujours armé de son sourire et de son accent légendaire, il était respecté de tous pour son engagement et sa gentillesse. Très impliqué au sein de la fédération, il était aussi juge-arbitre. De son passage sur terre, il n’aura laissé personne indifférent. Le monde de la boxe le remercie.

Ils parlent de lui :

Khalissa Houicha : 22 ans : Triple Championne de France, Vice-Championne d’Europe, et médaillé de Bronze aux Mondiaux de Boxe Thaï en –52kg.

C’est un battant. Il se donne toujours à 200%. Il transmet ses valeurs sans jamais se plaindre. Je ne l’ai jamais vu s’assoeir pour souffler. Il courait toujours à gauche à droite pour aider les personnes. Il ne demandait de services à personne, mais quand tu l’appelais par contre, il était là pour toi. Pour te donner quelque chose il  était toujours présent. Il vivait pour les autres, il ne vivait pas pour lui même. C’était un homme solide, souriant. Personne ne lui voulait du mal. Il avait une telle sagesse. Un homme droit, il y a tellement de choses à dire sur lui. C’était un guerrier dans l’âme. Sur cet homme là tu ne peux pas trouver de défauts. Je le remercie de m’avoir transmis tout ce qu’il m’a transmis. J’étais « sa fille ». Je me rappellerai toujours d’une phrase qu’il m’a dite : « Ma fille, quand je serai vieux, je viendrai avec ma canne au gymmnase, et tu prendras la relève. Je te passerai le flambeau ».

Kouider Oukbi : 35 ans : Champion de France et double Champion du monde de Boxe Thaï en –71kg.

Je ne peux pas réduire l’homme en quelques mots. C’était un ami de la famille. Il a eu un rôle éducateur avec moi. Il m’a donné beaucoup de valeurs qui m’ont permis d’avoir des repères. Il a eu de la patience avec moi. Il m’a transmis des valeurs de persévérance, de détermination qui m’ont beaucoup aidé. Si on a pas un minimum de socle, on ne devient pas champion. Ce sont ses valeurs qui ont façonné mon caractère. Ça a eu un effet retentissant dans ma vie.

Alain Zajderman : 60 ans : Assistant, Coach pour les jeunes, et juge-arbitre.

Par rapport à lui j’étais microscopique. C’était un homme extraordinaire. Je n’ai jamais rencontré une personne avec une telle gentillesse. C’était quelqu’un de rigoureux, mais juste. Il nous faisait beaucoup travailler, mais il savait que c’était pour notre bien. Je suis arrivé par hasard dans ce club. Premier entraînement, j’ai regardé, au deuxième je me suis inscrit. Il m’a passionné directement. Il m’a appris énormément en si peu de temps.  Il n’avait aucun défauts. Il était généreux, bon. Pour lui ses boxeurs c’était sa famille.

Aziz : 26 ans : Élève de 1999 à 2004

Il a tout donné pour ses élèves. Son temps, sa personne, son professionnalisme, et surtout sa rigueur. Il ne faisait aucune différence. il ne te lâchait pas, il était toujours derrière toi. Quand il est arrivé j’avais 9 ans, on ne le connaissait pas, on ne le prenait pas au sérieux. Et puis on a vite compris. Il te donnait confiance en toi, et tu la lui rendais. Tu t’attachais au personnage, et tu allais à l’entrainement en te disant que tu allais le voir. S’il était encore là en 2016, c’est qu’il apportait énormément au club. Il s’est créé une réputation en Île-de-France, au plan national et international.

Samir : 32 ans : Accompagnateur, assistant, coach

Il n’y a pas de mot pour le définir. C’était comme un deuxième père. Il était toujours là pour nous. Il a participé à l’éducation de pas mal de personnes, dont la mienne. Même quand j’ai arrêté de faire des combats, il m’apportait encore en tant que coach. Pour beaucoup la question c’est : qu’est-ce qu’on serait devenus sans Nilar ?