De plus en plus connue du grand public, la Capoeira est un art martial rythmique mêlant gymnastique, acrobaties ou autres gestes d’animaux. Si son origine est encore bien difficile à définir, c’est au Brésil qu’il a connu son essor du temps de l’esclavage. Technique de défense pour les esclaves dans un premier temps, il est aujourd’hui utilisé sous forme de démonstrations, notamment grâce à son côté spectaculaire. Arrivé en Europe dans les années 70, cet art martial afro-brésilien fait de plus en plus d’amateurs. A Corbeil, c’est plus de trente ans après qu’il fait son apparition, du moins, qu’il commence à être enseigné, et notamment grâce à la naissance de Capoeira Senzala.

Cette association créée en 2006 par Sylvain Dantu a, trois ans plus tard, été reprise par Patrick, jeune adhérent du mouvement, passionné par cet art martial. « J’ai découvert la capoeira comme la majorité des caporistes actuels. Avec le film « Only the strong », un film mythique pour tous les caporistes », raconte-t-il. Depuis, Patrick n’a pas lâché le mouvement, bien au contraire. Il a souhaité mettre sa passion au profit de tous, et notamment en devenant professeur pour les enfants, les adolescents, et parfois même les adultes. « Il y a un professeur brésilien pour les adultes. Un contre-maître, un grade en dessous du maître », nuance-t-il ensuite.

L'association Capoeira Senzala de Corbeil-Essonnes fête ses 10 ans (DR)

L’association Capoeira Senzala de Corbeil-Essonnes fête ses 10 ans (DR).

Déjà 10 ans !

Ici, tous les âges sont représentés. Du plus jeune, au plus ancien, tous peuvent y trouver leur compte. « Chacun peut adapter son physique à la capoeira, c’est un art tellement vaste. Vous pouvez aussi chanter, faire des instruments, ou des jeux lents », précise le président. S’il n’y a pas eu beaucoup d’évolution dans l’enseignement au sein de l’association depuis sa création, c’est surtout le nombre d’adhérent qui a changé le fonctionnement de cette dernière. De 5 à 10 adhérents à sa création, le club en est aujourd’hui à environ 80. Pour pallier à la demande et à la notoriété croissante de ce sport, un nouveau cours a d’ailleurs été ouvert le samedi, en plus de ceux du lundi, et du mercredi. L’ambiance familiale y règne en maître et des sorties sont régulièrement organisées afin d’intégrer les nouveaux. « On se préoccupe beaucoup des besoins de nos adhérents. On essaie de cultiver l’entre-aide », rassure Patrick.

Dans cette association, pas question de parler de compétition. « C’est un choix, ça fait partie de notre philosophie. C’est aussi pour préserver l’intégrité de nos adhérents », explique Patrick, ajoutant que ce sport se pratiquait sans protection et pouvait provoquer de réelles blessures. « L’objectif est de mettre à mal son partenaire/adversaire. De le faire tomber. Pas forcément en le touchant, mais en essayant de le déstabiliser par des feintes par exemple », précise-t-il.

Du vendredi 25 au dimanche 27 prochain, l’association fêtera ses 10 ans. A cette occasion, une rencontre internationale a donc été organisée par l’association Corbeil-Essonnoise. De grands maîtres français, espagnols, italiens, et même brésiliens seront de la partie. L’occasion pour les intéressés de découvrir cet art martial hors du commun, l’occasion aussi pour les adhérents de recevoir leur corde, signe de leur grade, ou pour certains, leurs surnoms de caporiste. « A l’époque, les Brésiliens n’avaient pas le droit de pratiquer la capoeira. Du coup le guet jouait un autre rythme quand les policiers arrivaient. Ensuite il donnait les surnoms des caporistes pour ne pas qu’on les retrouve », détaille Patrick, dont le surnom de caporiste est Macaco, en référence à une figure qu’il a su maîtrisé très rapidement.

Un rendez-vous à ne pas manquer donc, pour les amoureux de la capoeira, mais aussi pour ceux qui souhaitent s’initier.

Retrouvez plus d’information sur : http://www.capoeira-senzala-corbeil.com/