Ce jeudi soir, c’est dans la brasserie artisanale de Marcoussis que Christian Schœttl (UDI) a donné rendez-vous à ses partisans. Il est 20h, la salle est quasiment pleine (environ 150 personnes), c’est le moment pour le Maire de Janvry de lancer son discours. Ici, tout est prêt, prêt à accueillir le suppléant de l’ancien chef d’entreprise à maintenant 7 mois des prochaines élections législatives. Et si beaucoup s’attendaient à une suppléante, il a failli en être tout autre à en croire les dires du candidat. « J’ai pensé à choisir un homme. Les élus du PS prônent la parité, mais eux-même ne la respectent pas », dénonce-t-il en prenant François Hollande (Manuel Valls), ou autre François Lamy (Jérôme Guedj), comme exemples.

Finalement, c’est bien une femme qu’il a choisi comme compagnon de route. Non, ce n’est ni Thérèse Leroux  (Villiers-sur-Orge), ni Sandrine Gelot-Rateau (Longjumeau), ni même Brigitte Puech (Ballainviliers), comme nombreux le pressentaient, mais bien Pascale Marchal Pruvot que Christian Schœttl a désigné pour l’accompagner dans sa campagne. « Je préfère être avec des gens que j’aime, qu’avec des gens qui rapportent des voix », se justifie-t-il. « Je n’ai pas pensé à elle parce qu’elle a été la cousine de Nathalie Kosciusko-Morizet (NKM) », blague-t-il ensuite alors que le dernier débat pour la primaire de la droite bat son plein. « J’avais besoin d’un roc à mes côtés ». Elle qui a notamment passé 8 années de sa vie au près de NKM (LR) en tant qu’assiste parlementaire, assure ne pas avoir « réfléchi 30 secondes », avant de donner son aval. « On va passer 6 mois formidables, j’en suis sûre ».

Et c’est quoi le programme maintenant ?

Son équipe quasiment constituée, en attendant les prochains soutiens de sa suppléante, Christian Schœttl peut désormais se lancer à la conquête de la 4e circonscription de l’Essonne, avec la volonté de succéder à… NKM, encore elle. Et si sa campagne ne commencera officiellement que le 1er décembre prochain, il a déjà tablé sur son outils de travail. Si nombreux choisissent d’installer leur permanence dans un lieu stratégique de leur circonscription, lui, qui n’a pas pour habitude de garder sa langue dans sa poche, à de nouveau surpris tout le monde. Il invite alors cordialement ses convives à se rendre à l’extérieur de la brasserie afin de leur montrer son nouveau bijou. La « Schœttl mobile », la « Circo mobile », celle-ci n’a pas encore de nom mais ne passera assurément pas inaperçue. C’est à bord d’un bus fraîchement tapissé que l’homme de 61 ans a choisi de faire campagne. « Aujourd’hui on est à Marcoussis, demain on sera peut-être à Janvry, à Longjumeau, ou à Villebon. Je me suis dit qu’il valait mieux aller vers les gens. On a 6 mois  pour gagner maison par maison. »

Christian Schoettl et sa suppléante dans leur bus de campagne

Christian Schoettl et sa suppléante dans leur bus de campagne (GD/EI)

C’est alors que la visite du bus commence. Bureau et salle de réunion sont présents à bord de l’engin de deux étages, ainsi que l’électricité afin, pourquoi pas, de combattre la précoce tombée de la nuit. A l’extérieur, chaque face de la Schœttl mobile est à l’effigie du candidat et de sa suppléante, sans oublier ce qui semble être le slogan de leur campagne : Votez pour vous. « Je vous supplie de ne pas voter pour nous, votez pour vous », n’a cessé de marteler le candidat durant son discours. « Votez pour ce qui, chez nous, résonne en vous. Pour des actes accomplis que pour des promesses. Pas pour un homme ou une femme, mais pour un mouvement », poursuit celui qui voit d’un mauvais regard le fait d’être qualifié comme un « politicien ». « On va vous montrer qu’il y a un autre regard à porter sur la vie publique et sur les valeurs républicaines ».

S’il semble fin prêt à lancer sa campagne, Christian Schœttl a pour l’instant l’avenue des Champs-Elysées à lui tout seul, puisqu’aucun de ses concurrents sur la circonscription ne s’est encore dévoilé. Côté socialiste, rien n’a pour l’heure été annoncé, « les Républicains qui sont préposés à y aller n’ont pas envie d’y aller », affirme-t-il. Qu’importe, le candidat UDI a déjà fixé quelques points forts de son programme et souhaite s’éloigner du monde politique « politiquement correct, et des préjugés ». S’il dit être sidéré par le monde du handicap, il compte aussi s’attarder sur la fiscalité. « Je n’ai pas augmenté les impôts de ma commune depuis 27 ans », explique-t-il. Mais pour celui qui héberge une famille de Syriens dans sa demeure, l’accent doit aussi et surtout être mis sur l’accueil des migrants. « L’approche qu’on a des migrants m’insupporte. On a un autre regard à apporter que celui que l’Etat nous plante », insiste-t-il, en prenant notamment pour exemple les récents remous à Forges-les-Bains. « Il y a des gens de Forges-les-Bains qui sont là, et qui voient une autre approche », conclut le Maire de Janvry. Reste maintenant à savoir si la Schœttl mobile résistera aux dos d’âne que lui réserve cette campagne, lui qui, pour l’heure, n’est pas soutenu par son parti.