Baskets blanches, pied de micro scié, célèbre veste jaune… A presque 36 ans, Frederick Caramia incarne parfaitement Freddie Mercury. Pourtant, le chanteur veut rendre hommage plus qu’il ne veut copier. Pour Essonne Info, il revient sur le chemin parcouru par CoverQueen depuis sa création en 2007.

Essonne Info : Reprendre des titres déjà chantés n’est jamais chose facile, encore moins lorsqu’il s’agit de Queen et Freddie Mercury. Comment a débuté cette folle aventure ?
Frederick Caramia : Avec mon frère. On a d’abord composé nos propres chansons, sans trop de succès étant donné la concurrence qu’il existe dans le milieu. Du coup, comme nous étions fans de Queen, que nous écoutions beaucoup Freddie Mercury, on a eu l’idée de créer un groupe qui reprendrait les classiques du groupe. Nous connaissions déjà Adrien Husson, le guitariste, puis nous avons rencontré Morgan Michaud (bassiste ndlr) et Raphaël Donadieu (clavier et chœurs ndlr). A l’époque, personne ne faisait ce genre de chose en France alors on a tenté le coup, et ça a marché.

En 2007, lorsque vous vous lancez, vous ne pensiez pourtant pas avoir le succès que vous connaissez aujourd’hui…
C’est vrai. Nous partions pour jouer dans des bars, mais finalement nous n’en avons fait qu’un ! (rire) Très vite, nous nous sommes produits sur des petites scènes et avons participé à des spectacles à gauche à droite. Jusqu’en 2009 où nous avons été embauché par la société de production FAM music. Depuis, nous avons eu la chance de jouer au Bataclan, au Zénith de Caen et Montpellier et même devant 20 000 personnes sur la plage de Canet-en-Roussillon ! Nous avons également été invités pour jouer au Stade de France avant un match de rugby ou à Bercy à l’occasion d’une conférence. Que de bons souvenirs !

Vous avez reçu une formation d’art lyrique à l’Opéra de Paris pour parfaire votre technique vocale. Est-ce incontournable lorsqu’on s’attaque à Freddie Mercury ?
Lorsque j’ai commencé le chant, vers 16 ans, je m’enregistrais sur des CD karaoké de Queen. J’écoutais aussi Aerosmith et Bon Jovi. J’essayais de m’améliorer tout seul mais il y avait du boulot (rire). J’ai donc effectivement fini par prendre des cours à l’Opéra de Paris. Le style Freddie Mercury est un mélange unique de lyrisme et de rock. Il a fallu que je travaille pour acquérir un timbre de voix proche de la sienne, pour avoir la même force, la même pèche. Des titres comme Bohemian Rhapsody ou The show must go on demandent beaucoup de justesse car ils comportent des parties opéra ou des tonalités très hautes.

Justement, votre voix est par moment très proche de celle de Freddie Mercury, vous avez travaillé le style et le jeu scénique. Pourtant, vous refusez d’être réduit à un simple groupe de reprise…
Par ce que ce n’est pas notre but. Les gens veulent voir et entendre du Queen, c’est d’ailleurs ce qui est le plus difficile pour nous car nous ne sommes pas là pour faire un copier-coller, nous voulons juste rendre hommage. Si nous reprenons fidèlement les grands classiques, nous essayons désormais de proposer quelque chose de nouveau, de nous détacher des costumes et de la gestuelle. Dès janvier prochain, nous présenterons un nouveau spectacle avec une nouvelle mise en scène, de nouveaux titres aux sonorités différentes. Nous allons par exemple réinterpréter la chanson Radio Ga Ga de façon plus électro.

Lors de vos concerts, vous reprenez une vingtaine de titres, dont certains moins connus du grand public. C’est notamment le cas de Barcelona, interprété en 1988 par Mercury et la cantatrice Montserrat Caballé. L’idée est-elle aussi d’initier le public à d’autres chansons ?
Pour être honnête, ce n’est pas notre premier objectif. Nous voulons d’abord toucher un maximum de gens, d’où la nécessité d’axer nos concerts sur les titres les plus célèbres de Queen. Maintenant, c’est vrai que nous glissons une ou deux chansons moins connues. Jusqu’à présent, nous reprenions Barcelona lors les grandes occasions. Dès janvier, nous le ferrons à chaque concert. Claire Lairy, soliste diplômée de l’Ecole normal de musique de Paris, m‘accompagnera sur scène.

Dix ans après sa création, comment s’annonce l’avenir de CoverQueen ?
Chargé ! Nous allons sortir notre premier album début 2017, il sera à moitié live. Nous repartons également en tournée avec un nouveau spectacle de janvier à septembre 2017. Une vingtaine de concerts sont prévus en France mais aussi à l’international. Nous allons peut-être jouer à Dubaï et nous avons déjà une date de programmer en Allemagne. Nous allons remplacer notre pendant allemand. Ils ont un gros producteur, ça pourrait nous ouvrir des portes.

En parlant de portes ouvertes, vous avez participé à deux reprises au festival Freddie for a day organisé à Montreux (Suisse), la ville où Freddie Mercury a passé les dernières années de sa vie. Une consécration ?
Oui, c’était incroyable ! C’est ‘LA’ ville associée à Freddie Mercury, il y a une statue devant laquelle on a posé. Mais nous avons surtout eu la chance de rencontrer Jim Beach, le manager de Queen. Il a aimé notre spectacle. C’est la plus belle marque de reconnaissance qu’on pouvait recevoir.

Samedi à Mennecy, vous allez jouer l’avant-dernier concert de votre tournée 2016. Votre frère, batteur, est Essonnien. J’imagine qu’il s’agit d’une date particulière pour le groupe ?
Oui, il habite à Ballancourt, juste à côté. On va jouer à domicile, c’est un moment important pour nous, d’autant plus que nous n’avons pas beaucoup de représentations en région parisienne. C’est une motivation supplémentaire. Ça va être génial !

L'équipe de CoverQueen au complet au pied de la statue de Freddie Mercury à Montreux (Suisse) (DR).

L’équipe de CoverQueen au complet au pied de la statue de Freddie Mercury à Montreux (Suisse) (DR/EI).

CoverQueen en concert le samedi 19 novembre à l’Espace cultuel Jean-Jacques Robert de Mennecy (20h30), Parc de Villeroy. Les tarifs : 12 euros. Billetterie sur fnac.com
En tournée dans toute la France à partir de janvier 2017. Plus d’information sur www.coverqueen.fr