Les attentats de Novembre dernier, et « Plaidoyer pour la fraternité » d’Abdennour Bidar. Voici les éléments déclencheurs du mouvement « Fraternité Générale » lancé l’année dernière. La tragédie survenue il y a un an dans la capitale française n’a laissé personne indifférent. De nombreuses actions ont par la suite été menées afin de relancer le vivre ensemble dans ce pays, et chacun, à sa manière, y contribue.

Arnaud, passionné par la figuration (GD/EI)

Arnaud, passionné par la figuration (GD/EI)

Quai 36

Abdennour Bidar, philosophe et essayiste, a lui aussi voulu porter sa pierre à l’édifice. Après son livre, il est à l’initiative du mouvement « Fraternité Générale » lancé dans toute la France ce 2 novembre. Afin de sensibiliser le public à la fraternité, des rencontres autour du sport, de la musique ou encore des débats seront organisés jusqu’au 10 novembre. Pour ce faire, de nombreuses chaînes télévisées, radios… et associations ont rapidement rejoint le mouvement. En Essonne, et plus particulièrement à Massy, c’est l’association Quai 36 qui tente de faire vivre cette initiative.

Née en 2013 d’un groupe d’amis passionné par l’art urbain, cette association a pour ambition de « mettre l’art au coeur de la vie des gens ». Son plus gros projet jusqu’alors : faire de la Gare du Nord une véritable résidence artistique. « En mai/juillet 2015, on a réalisé une grosse opération à la Gare du Nord », se réjouit Suzanne, chef de projet. « En voyant les oeuvres, les voyageurs nous remerciaient ». Seize artistes français et internationaux ont ainsi pu exprimer tout leur talent dans la gare la plus fréquentée d’Europe. Un premier gros projet poursuivi cette année par un second de grande ampleur, mais cette fois à la Gare de Saint-Denis, plaque tournante des supporters pendant l’Euro 2016 en France. « On travaille beaucoup dans les gares », précise Suzanne.

Djamel peint les lettres sur la palissade massicoise (GD/EI)

Djamel peint les lettres sur la palissade massicoise (GD/EI)

« Améliorer le quotidien des gens »

Djamel, graffeur depuis les années 90, est l’un des artistes de la Gare de Saint-Denis. Rappelé par l’association dans le cadre du mouvement de la fraternité, il n’a pas hésité une seule seconde avant de se lier au projet. « On a eu une chouette expérience la première fois. Le graff ça attire le regard. On essaie de créer une passion pour les petits, c’est de l’échange », explique le Belge de 42 ans. Avec lui, Arnaud 39 ans. Graffeur et peintre depuis ses 15 ans, c’est par Djamel qu’il a été contacté pour ce projet. « Notre idée c’est d’améliorer le quotidien des gens qui passent par ici », précise cet habitant de Bruxelles.

Leur mission : peindre une palissade de 90m de long. Située dans la rue du Mail du Commandant Cousteau à Massy, cette palissade en bois fait d’ailleurs partie intégrante d’un chantier de construction de logements mené par Emerige, financeur du projet artistique, en partenariat avec Paris Sud Aménagement. Et si Djamel et Arnaud se connaissent, les deux artistes n’ont jamais mené, ensemble, un projet d’une telle envergure. Cette première grosse expérience n’est donc pas évidente à gérer pour les deux protagonistes, et le froid et la neige de ces derniers jours ne mettent pas à mal leur motivation. Armés de leur spray aux multiples couleurs, ils peignent chacun leur parcelle. L’un se passionne pour la figuration, l’autre pour les lettres. « On va essayer de mélanger les styles et de faire un truc d’ensemble » confirme Arnaud.

Ils ont jusqu’au 14 pour terminer leur fresque. Ils retrouveront ensuite leur vie quotidienne, semblable à celle d’un intermittent du spectacle. Muni d’un statut d’artiste en Belgique, Djamel est aussi enseignant de graff. Arnaud quant à lui doit très prochainement retravailler avec la marroquinerie de luxe, Delvaux, avant, il l’espère fermement, d’exposer ses œuvres ailleurs que dans son pays natal. « Ce jeudi on s’attaque à la gare Saint-Lazare », conclut Jonas, responsable du pôle art urbain de Quai 36.