L’Essonne recèle des trésors musicaux qu’on ne soupçonne pas toujours. L’un d’entre eux est né avec une kora entre les mains et se produit de temps à autre dans le département : Ali Boulo Santo, musicien, compositeur et chanteur d’origine sénégalaise. Il a joué il y a peu au Plan de Ris-Orangis, entouré de musiciens et choristes talentueux.

S’il a été accompagné récemment par la Halle du Rock (dispositif d’accompagnement de l’agglo pour les artistes en devenir, avec les professionnels du Plan), Ali Boulo Santo « n’est pas un amateur », nous rappelle-t-il.

« Les griots sont les gardiens du patrimoine culturel »

L’homme est une pointure dans la musique traditionnelle d’Afrique de l’Ouest. Après près de 30 ans de carrière, il partage depuis 2010 son savoir-faire à la MJC de Ris, où il donne des cours de kora,
cet instrument à cordes traditionnel si doux à l’oreille. La kora est utilisée notamment par les griots, ces messagers et porteurs de l’Histoire dans la tradition orale africaine, souvent empreinte de valeurs et d’une morale. Ali Boulo Santo vient lui-même d’une famille de griots et de joueurs de kora. « J’ai commencé à l’âge de 5 ans , raconte-t-il. J’ai commencé à jouer avec mon père. Puis, à me produire pour des baptêmes ou des mariages. »

Dans la famille d’Ali Boulo Santo (de son vrai nom Dieourou Cissoko), on est griot de père en fils et la musique coule dans le sang. « Les griots sont les gardiens du patrimoine culturel, reprend-t-il. Dans ma famille, il y avait des chanteurs, des musiciens… mon frère aîné par exemple était au clavier, et nous avons ensuite fait vivre un groupe traditionnel à la maison ».

Ali Boulo Santo sort diplômé en 1992 du conservatoire national de musiques de Dakar, où il obtient le titre de « Maître de Kora ». La suite est une succession de collaborations prestigieuses et de concerts partout dans le monde. Surtout, Ali Boulo Santo est celui qui a créé la pédale « wah-wah » sur kora, pour l’enrichir de nouvelles sonorités. Alors qu’il nous montre son instrument, il précise en souriant qu’il « les fabrique lui-même ».

« J’ai partagé la scène avec beaucoup d’artistes, par exemple Tiken Jah Fakoly, dont j’ai fait la première partie à Bercy. J’ai fait beaucoup de styles : l’afrobeat, la pop, le jazz… tout en gardant la tradition liée à la kora », explique celui qui a également composé la musique de la comédie musicale « Le voyage de Kirikou ».

C’est la MJC de Ris-Orangis qui accueille Ali Boulo Santo à son arrivée en France. Afin de ne plus multiplier les allers-retours entre l’Hexagone et le Sénégal entre deux tournées, le musicien cherche à donner des cours et à partager son talent. « C’est ma femme qui avait un contact ici. Cette personne a contacté la MJC de Ris », raconte Ali Boulo Santo.

Sa seule élève à l’époque s’appelle Danièle Labanere, et c’est celle qui deviendra par la suite sa manager. « Avant de rencontrer Ali, se souvient-elle, je n’avais aucune idée du métier ! Mais je venais juste de prendre ma retraite. Je me suis dit « pourquoi pas ? » »

« Vivre de mon art »



Aujourd’hui, 14 élèves suivent les cours de kora de la MJC de Ris. Une nouvelle manière de « vivre de mon art », indique l’artiste. Avec l’association culturelle Boulokossi, créée avec Danièle Labanère, Ali Boulo Santo partage aussi son art dans toute l’Ile-de-France.

Et dans le cadre des activités de Boulokossi, Ali Boulo Santo a créé une chanson, « Mini mini dialolo », lors d’une intervention en psychiatrie « pour redonner le sourire aux participants ». Cette chanson a été rejouée dans un centre de loisirs de Draveil. « Quand Ali a envisagé de créer un clip, il avait proposé aux enfants de figurer dans son clip », raconte Danièle Labanère.
La suite, elle est à découvrir ici :

Album « Nunto », par Ali Boulo Santo. Sortie numérique le 1er décembre.

Pour en savoir plus : www.aliboulosanto.com

www.association-boulokossi.fr