Les superlatifs ne manquent pas au moment de conter cette cérémonie d’adieux réservée à Bernard Mantienne en ce lundi matin. A mon arrivée sur les lieux, je comprends immédiatement l’importance qu’avait cet homme de 84 ans dans le paysage essonnien. Les véhicules stationnés sont nombreux, toutes les routes menant à l’église sont barrées, et le lieux de culte s’avère bien trop petit pour accueillir les fidèles venus en masse. La neige et la pluie n’ont eu raison de personne, des barnums ont même été installés sur le parvis de l’église afin que chacun, puisse dire un dernier adieu à celui qui a notamment porté la ville de Verrières-le-Buisson pendant plus de trente ans.

« Jardinier de l’humanité », scout, et homme politique !

Notamment ? Oui, car Bernard Mantienne n’était pas qu’un simple homme politique à l’écoute de ses proches venus livrer leurs souvenirs et anecdotes sur celui que nombreux appelaient tout simplement « Bernard ». Il était tout d’abord un Homme à temps plein. « C’était le mec le plus organisé pour pouvoir arriver en retard à tous ses rendez-vous », lâche un des siens qui le qualifie comme étant le « jardinier de l’humanité ». « Il était en retard à la messe comme aux inaugurations », confirme Thomas Joly, son successeur à la tête de la ville. Des souvenirs qui marquent quelques sourires sur certains visages en ce jour douloureux où tous, n’ont cessé de rappeler la générosité de ce père de famille et avant dernier d’une fratrie de dix enfants.

« C’était un chef, pas un second », affirme ensuite un vieil ami qui s’attarde lui sur son dévouement pour le scoutisme. « De 1950 à aujourd’hui, il était un acteur principal du mouvement scout », poursuit-il. Commissaire général, puis président du Mouvement Scout unitaire de France pendant 15 ans (jusqu’en 1990), il a en effet contribué majoritairement au développement et à la pérennité du scoutisme sur l’hexagone. S’il n’a pu concrétiser sa volonté d’écrire un opuscule sur le scoutisme, nul doute qu’il restera à jamais une grande figure de ce mouvement.

Mais après cinq ans de mandat de Maire ou encore son passage au Conseil Général en tant que vice-président, il est bien évidemment difficile d’éluder son influence politique sur le département et sur sa ville de Verrières-le-Buisson. « Grâce à toi Verrières reste une île en Île-de-France », lance alors Thomas Joly à celui qui faisait en sorte que sa ville ne coule pas sous le béton. Et si ses positions divisaient parfois, il était respecté de tous.

Des mouchoirs blancs, l’hymne des scouts et un tonnerre d’applaudissement viennent ponctuer cette poignante cérémonie, alors que plusieurs messes seront célébrées dans les jours à venir à la mémoire du défunt.