A 10h, lorsque débutera la cérémonie d’hommage, la foule de Verriérois qui se recueillera aura une pensée émue pour l’enfant du pays, dont la route aura croisé une multitude d’habitants tout au long de son long mandat de maire, mais pas seulement. Maire de Verrières-le-Buisson pendant 30 ans, Bernard Mantienne a marqué de son empreinte la commune de 15 000 habitants située à proximité de Massy. Décrit comme proche des habitants, ils étaient nombreux à simplement l’appeler « Bernard » en le croisant dans la rue.

Bernard Mantienne aura vécu presque toute sa vie à Verrières-le-Buison. Né à Paris, il grandit dans la commune dans laquelle il a vécu 83 ans. Avant-dernier d’une fratrie de 10 enfants, il a eu un fils. Durant la seconde guerre mondiale, il est scolarisé à l’école Paul Fort, puis poursuit son cursus à l’école Sainte-Marie d’Antony. Il est au lycée Lakanal de Sceaux et ensuite à Paris où il passe son baccalauréat philosophie-lettres. Il fait des études de droit et obtient une maîtrise. Après ses études, il devient navigateur dans la Marine marchande, espérant devenir Commissaire de la Marine. Enfant scout, il s’implique à sa création au sein du mouvement des Scouts unitaires de France, dont il est commissaire général puis le président pendant 15 ans.

Mais c’est surtout de par son engagement politique dans la commune de Verrières que Bernard Mantienne fera parler de lui. Il élu au conseil municipal en 1971, et devient maire adjoint. En 1983, il obtient le siège de maire et est élu parallèlement conseiller général. Il sera vice-président au Département de 1994 à 1996. Durant toutes ces années, il glane des distinctions : chevalier de la Légion d’Honneur, chevalier de l’Ordre national du mérite, récipiendaire de la médaille d’or de la Jeunesse et des sports. Il est également pendant quelques mois sénateur de l’Essonne en 2004.

Après cinq mandats, il décide de passer la main en 2013. Quelques mois plus tôt, il aura fait partie des élus ne voulant pas célébrer les mariages gays (lire dans nos archives). Avec cette démission de son poste début 2013, il confie les clés de la ville à Thomas Joly, son fidèle adjoint. « Je l’ai rencontré la première fois en 1976 » confie celui qui a été réélu en 2014, « il était déjà adjoint, à travers le monde associatif, il m’a mis le pied à l’étrier ». Thomas Joly, qui présidera l’hommage rendu ce lundi 7 novembre, parle du disparu comme un « père spirituel » et un « mentor ». A ses côtés, de nombreux élus du département doivent participer à l’inhumation ce lundi (dès 10h), avec une cérémonie de recueillement et des centaines de Verrièrois qui rendront un dernier hommage au défunt. « C’était le type proche des gens, on pouvait l’interpeller dans la rue, tous les habitants ont des histoires à raconter, sur sa proximité, il connaissait les Verrièrois et pouvait donner des instructions pour que les choses bougent dans la ville » se rappelle Thomas Joly, qui a l’impression d’être « dépossédé d’une partie de moi-même » avec cette disparition.