Quelques heures avant les célèbres coups marquant l’ouverture du rideau, une petite ampoule éclaire la scène et dévoile de très imposants décors. « C’est la servante, explique ainsi un membre de l’Opéra de Massy. Elle reste toujours allumée, même quand il n’y a personnes sur scène. C’est la tradition. C’est en quelque sorte l’âme du théâtre ». Et c’est en partie sous la lueur de cette dernière que les techniciens du spectacle et de l’Opéra s’affairent pour faire en sorte que tout soit prêt pour le jour J. Car il faut dire que la pièce qui est jouée ce dimanche 6 novembre est un gros morceau. Avec pas moins de 70 comédiens sur scène, 71 musiciens dans la fosse et une vingtaine de petites mains qui agissent en dehors de la scène, ce spectacle s’annonce être l’une des plus grosses productions de l’année pour l’Opéra de Massy. Cette pièce c’est le célèbre Aida de Guiseppe Verdi. Partons donc à la découverte des coulisses de l’organisation d’un tel événement.

Quelques accessoires de la pièce (JL/EI)

Quelques accessoires de la pièce (JL/EI)

Dans une petite salle située au rez-de-chaussée de l’Opéra, à deux pas de l’entrée des artistes, des morceaux de scotch sont disposés sur le sol. Ceux-ci n’ont pas été placés là par hasard. « C’est dans cette salle que les artistes répètent durant les premiers jours, confirme la membre de l’Opéra. Elle est aux justes dimensions de la scène. Quand il n’est pas encore possible de répéter sur scène directement, c’est ici que tout se passe ». Car oui, un opéra comme celui d’Aida nécessite plusieurs heures d’installation sur la scène principale, et celle-ci n’est finalement praticable que quelques jours avant la représentation. Les zones balisées sur le sol de cette pièce représentent ainsi les différents décors. « Cela permet d’ajuster les différents déplacements », assure-t-on du côté de l’Opéra.

La salle des retouches (JL/EI)

La salle des retouches (JL/EI)

Dans une salle quasi mitoyenne, ce ne sont plus les déplacements des comédiens, mais bien les plusieurs dizaines de vêtements et d’accessoires qui sont étudiés. Choyés même, devrait-on dire. Dans cette pièce, machines à laver côtoient des fers à repasser ou encore des machines à tisser. « Ici, on lave, on raccommode et on lave les différents costumes ou accessoires si besoin, pour qu’ils soient parfaits pour le grand soir », affirme le personnel de l’Opéra. Pas moins de sept personnes s’affairent à cette tâche. C’est presque autant que pour les maquilleuses et coiffeuses qui travaillent auprès des comédiens dans les loges situées quelques mètres plus loin.

Les perruques foisonnent dans la salle de maquillage (JL/EI)

Les perruques foisonnent dans la salle de maquillage (JL/EI)

« Les loges des solistes, c’est-à-dire des rôles principaux, sont situées en bas, tandis que les rôles secondaires sont plutôt placés dans les étages », renseigne le personnel de l’Opéra. Une loge se distingue des autres. Il s’agit de la loge consacrée au maquillage et aux accessoires. Toutes les parois sont recouvertes de miroirs, créant un effet d’optique qui multiplie le nombre des impressionnantes perruques ou autres couvre-chefs du spectacle posés sur les tables qui n’attendent plus que leurs propriétaires.

Les instruments des musiciens sont pour le moment entreposés sous la scène de l'opéra (JL/EI)

Les instruments des musiciens sont pour le moment entreposés sous la scène de l’opéra (JL/EI)

Quant aux musiciens, seuls leurs instruments sont sur les lieux. Ceux-ci sont entreposés juste sous la scène de l’Opéra. D’immenses boîtes abritent les violons, altos, cuivres, hautbois ou autres flûtes. Seules les plus grosses pièces sont posées à même le sol, comme un violoncelle notamment.

À l’étage du dessus, sur la scène, les techniciens finissent de composer les impressionnants décors qui dépassent parfois les neuf mètres de haut. « Ils arrivent ici par camion en pièces détachées. Les décors sont ensuite assemblés directement sur la scène », indique-t-on du côté de l’Opéra de Massy. Des dizaines de décors imposants ont donc pris place sur la scène, où dans les airs suspendus à des treuils. Tous ont un point commun, ils sont d’une couleur uniforme : le gris. Pourquoi ? « Pour cette pièce, on utilise les projecteurs qui envoient des images sur les pans gris  ». Toute une rangée de projecteurs est ainsi calée au millimètre près en arrière-scène pour permettre à la toile de fond de relater diverses ambiances.

Les projecteurs, placés au millimètre près (JL/EI)

Les projecteurs, placés au millimètre près (JL/EI)

Présents avant la représentation du 6 novembre, deux demi-classes de 4e du collège Francine Fromond de Fresnes ont pu voir l’envers du décor. Pour ce public qui n’avait encore jamais fréquenté un tel endroit, effectuer une première entrée par les coulisses leur a permis d’en prendre plein les yeux. « C’était très impressionnant, je ne m’attendais pas à ça », lance Maéva. « C’était très grand, notamment la salle principale. Voir comment s’articulent les décors, c’était très intéressant », complète pour sa part Noah. « C’est très intrigant, ça donne envie de voir des représentations maintenant », conclut Chloé. Ils auront sans doute ce plaisir en février prochain, date de la représentation d’un autre opéra : Werther. « Ça devrait leur plaire, ce sont des classes qui apprennent l’allemand », précise l’un de leurs professeurs, faisant référence à cet opéra adapté de l’œuvre de Goethe.

En attendant cela, projecteurs, décor, maquillage, costumes, déplacements sur la scène, tout semble fin prêt pour la représentation de ce dimanche 6 novembre : le célèbre Aida.

Les pupitres sont déjà prêts (JL/EI)

Les pupitres sont déjà prêts (JL/EI)

Aida à l’Opéra de Massy, ce dimanche 6 novembre à 16h. Plus d’infos ici.