Installé depuis septembre 2013 dans le quartier de l’Île Brune, coincé entre les bords de Seine et la voie de chemin de fer, le campement faisait l’objet d’une décision de justice datant du 25 février 2016 et exécutable à partir du 15 octobre 2016.
Sur ordre de la préfète, les forces de l’ordre ont donc procédé à son démantèlement, jeudi 3 novembre au matin. Après « un diagnostic social qui a permis l’identification des occupants de ce campement et l’examen de la situation de chaque personne ou famille en matière d’accès à l’emploi, d’hébergement et de scolarisation des enfants », les 53 familles (160 personnes) ont quitté les lieux et 14 d’entre elles (46 personnes) ont accepté l’offre d’hébergement provisoire qui leur a été proposée : « Certaines ont été redirigées vers des hôtels essonniens à Savigny-sur-Orge et Soisy-sur-Seine, explique Roland Blanchetière, vice-président de l’Association solidarité Essonne famille roumaines et rroms (ASEFRR). Les autres ont rejoint d’autres départements d’Ile-de-France comme le Val d’Oise (Saint-Ouen l’Aumône) et la Seine-et-Marne (Ozoir-la-Ferrière) ».

L’association, qui œuvre au quotidien pour que ces familles accèdent au droit commun, se réjouit néanmoins que le démantèlement se soit déroulé dans de bonnes conditions : « C’est toujours un choc, admet Roland Blanchetière. Heureusement, l’évacuation s’est bien passée, même si on regrette toujours que les pelleteuses arrivent en même temps que la police et les huissiers…  ».
Quant au fait que les populations doivent maintenant être relogées : « Si nous défendons les intérêts de ces familles, nous ne souhaitons pas pour autant qu’elles restent dans des bidonvilles, admet-il. Si une expulsion est toujours un crève-cœur, ça permet parfois – et heureusement – à certaines familles d’améliorer leurs conditions de vie, notamment via l’accès à l’emploi. Le bailleur social Adoma, spécialisé dans l’insertion sociale par le logement, a d’ailleurs dressé des diagnostics et participé à la préparation du démantèlement pour accompagner un maximum de familles ».

En attendant, les personnes ayant accepté l’hébergement provisoire à l’hôtel sont tranquilles pendant une semaine : « Ces périodes durent généralement entre 8 et 15 jours renouvelables, conclut Roland Blanchetière. Mais elle ne sont pas toujours reconduites. Par la suite, et si elles acceptent, certaines se verront peut-être proposer des places dans des Centres d’hébergement ». Pour les autres, il faudra faire appel au Samu social.