En 19 ans, les Primeurs de Massy ont su offrir à la scène émergente française et internationale une place de choix. La salle de musiques actuelles Paul B, qui accueille l’événement, est encore en pleine effervescence quelques jours avant le début des premiers concerts, ce mercredi. Près de 2 000 personnes sont attendues et l’endroit se transforme : une installation lumineuse d’un collectif de plasticiens, Yok yok, est en train d’être installée. La salle de danse, elle, est devenue cantine. La grande salle a été dépouillée de ses sièges rouges et a été mise au format fosse debout.

Christian Maugein, directeur et programmateur de la salle de musiques actuelles, est aux manettes. 19 ans après la première édition des primeurs, la volonté des débuts est toujours là : « L’idée était de programmer des artistes en découverte, qui sont difficiles à programmer pendant une saison, explique-t-il. Ils n’ont pas encore de public, ce qui était d’autant plus vrai en 1998, où la musique circulait beaucoup moins sur Internet. »

Christian Maugein, directeur de la salle des musiques actuelles Paul B. (MH/EI)

Christian Maugein, directeur de la salle des musiques actuelles Paul B. (MH/EI)

Comment, alors, programmer ces artistes en devenir ? Paul B a l’idée d’un festival qui leur serait dédié et ferait sortir les jeunes artistes de la traditionnelle scène de la « première partie ».

« A l’époque, on ne savait pas comment les programmer autrement qu’en première partie », poursuit Christian Maugein. Mais une première partie, c’est compliqué comme format. C’est court, pas forcément facile à installer. La scène de Paul B s’est ainsi ouverte, il y a presque une vingtaine d’années, « aux artistes en devenir, mais avec un début d’œuvre affirmé et revendiqué. »

Car le principal critère de sélection des artistes pour le festival des Primeurs est celui-ci : il faut qu’ils aient publié dans l’année leur premier album. Une idée que Christian Maugein justifie ainsi : « Les premières œuvres sont souvent chargées d’émotion et spontanées. C’est quelque chose d’important pour un artiste, c’est ce qui va figer son histoire. Les autres albums seront différents. D’ailleurs, on dit souvent que le second album est le plus difficile à faire. »

Le programme de l’année 2016 ne fait pas exception à la règle, malgré quelques nouveautés. La scène nationale est plutôt bien représentée et, pour la première fois, le festival se dédouble à Castres, juste après les concerts massicois. Massy-Castres n’a pas de rapport avec un match de rugby, mais sera bien « un festival en miroir », un concept plutôt inédit dans le monde des festivals français.

« Cette année, on a un retour en force de l’expression française, c’est peut-être ce qui change un peu », annonce le directeur. Mais nos critères sont aussi l’énergie, l’émotion. »

Paul B décrit ainsi une programmation hétéroclite, construite sur « la capacité du public d’un artiste à apprécier le concert du suivant, même si l’accord stylistique ne semble pas évident à la première impression. »

Dans les soirées, on a voulu mélanger les esthétiques, précise Christian Maugein. On confirme : les artistes que nous avons pu écouter ont chacun leur patte et, de l’électro de Le Vasco en passant par la soul d’Awa Ly et le punk malgache de The Dizzy Brains, il y en aura pour tous les goûts.

Rendez-vous donc du 26 au 29 octobre dans les salles de concerts avec Radio Elvis, Acid Arab, Rocky, Samba de La Muerte, Cabaret Contemporain, Awa Ly, TheAngelcy, Papooz, Le Vasco, Nicolas Michaux, Tamer Abu Ghazaleh, Grand Blanc, Pixvae, The Dizzy Brains, Baptiste W. Hamon, Sages comme des Sauvages, Orkesta Mendoza, Adrien Soleiman, Broken Back et Las Aves.

Pour plus de renseignements et pour faire ses réservations : http://paul-b.fr/les-primeurs-de-massy/