Le procès pour agression sexuelle se termine pour le général de division. Dany Fortin, ancien responsable de la campagne de vaccination

GATINEAU, Qc. – Le major-général Dany Fortin, l’ancien chef de la campagne de vaccination COVID-19 du gouvernement fédéral, attend maintenant son sort après que les plaidoiries finales de son procès pour agression sexuelle se soient terminées mardi à Gatineau, au Québec.

Fortin, qui a clamé son innocence, devra attendre jusqu’au début décembre avant qu’un juge civil ne rende sa décision.

La plaignante dans cette affaire a témoigné le mois dernier qu’elle s’est réveillée une nuit dans son dortoir pour trouver un homme se masturbant avec une de ses mains tandis qu’une autre main était sur sa poitrine.

Son nom et les détails qui pourraient l’identifier sont protégés par une interdiction de publication.

Elle a déclaré à la cour qu’elle est certaine « sans aucun doute » que l’auteur du crime était Fortin, avec qui elle fréquentait le collège militaire à l’époque à St-Jean-sur-Richelieu, au Québec.

Dans une déclaration finale mardi, la procureure de la Couronne Diane Legault a soutenu qu’il n’y a aucune raison de croire que la plaignante dans cette affaire aurait oublié ou se serait trompée sur l’identité de son agresseur dans les années qui ont suivi l’incident de 1988.

Elle a souligné que Fortin était capable d’identifier des noms et des visages avec certitude en regardant de vieilles photos de l’annuaire du collège militaire lors de son témoignage lundi, puisqu’il les connaissait. Et la plaignante le connaissait, a affirmé Mme Legault.

« Ce n’est pas comme si elle avait décidé 34 ans plus tard qu’il s’agissait de cette personne parce qu’elle l’a vue à la télévision », a dit M. Legault en français, revenant sur le témoignage de M. Fortin concernant le nombre de conférences de presse auxquelles il assistait au début de 2021.

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« Ce jour-là, elle a tout de suite su que c’était M. Fortin. Il n’y a aucune raison pour que cela ait changé au fil des ans. »

M. Legault a également remis en question l’affirmation de la défense selon laquelle n’importe qui aurait pu commettre l’agression, notant que les photos en noir et blanc faisaient en sorte que les étudiants masculins se ressemblaient les uns les autres, mais que les photos en couleur de l’époque montraient plus de variations dans leur apparence.

M. Legault a déclaré que la femme a attendu avant de porter plainte en raison de la mentalité de  » club de garçons  » qui règne dans l’armée.

La plaignante a témoigné qu’elle savait comment de telles plaintes étaient traitées par les Forces armées à l’époque, et que cette connaissance l’a dissuadée de vouloir que quiconque sache ce qui s’était passé.

Ce n’est qu’après avoir pris sa retraite et ne plus craindre de répercussions sur sa carrière qu’elle a fait part de l’incident en 2021, a déclaré le procureur.

Lundi, l’avocat de la défense de Fortin, Isabel Schurman, a demandé au juge un acquittement. Elle a déclaré que le témoignage de la plaignante manquait de crédibilité et que d’autres témoins n’avaient pas réussi à étayer certains détails de son histoire.

Un point clé pour la défense était que, bien que la plaignante ait déclaré avoir parlé de l’incident à son ex-petit ami juste après, celui-ci a déclaré à la cour qu’il n’avait aucun souvenir d’une telle conversation.

Dans sa plaidoirie, Mme Schurman a également souligné les multiples incohérences entre le témoignage de la plaignante à la barre en septembre et ses précédentes déclarations aux enquêteurs l’année dernière.

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Les incohérences portaient sur des détails de l’agression elle-même, a déclaré Mme Schurman, notamment sur le fait que l’agresseur avait touché ses parties génitales et qu’il avait parlé pendant l’incident.

Mais M. Legault a répliqué mardi que le témoin est resté ferme sur trois points – que l’agresseur a placé sa main sur son pénis, que l’acte n’était pas consensuel et qu’elle l’a reconnu comme étant Fortin.

Legault a dit que bien que Fortin ait nié avoir commis le crime, rien d’autre dans son témoignage n’a spécifiquement contredit ce que la plaignante a dit sur la mesure dans laquelle les deux se connaissaient, le campus du collège militaire ou la configuration de la caserne où les étudiants dormaient.

Et elle a dit que la défense n’avait produit aucune preuve suggérant que la plaignante avait une raison de mentir sur ce qui lui était arrivé ou sur le coupable.

Schurman a réfuté ce point mardi, en disant que déterminer les motivations de la plaignante ne fait pas partie du fardeau imposé à la défense, et que cela déplace de manière inappropriée la présomption d’innocence de l’accusé.

Il n’y a pas de jury dans ce procès. Le juge Richard Meredith devrait rendre sa décision le 5 décembre.

Fortin, qui a été démis de ses fonctions de responsable de la campagne de vaccination COVID-19 en mai 2021 au cours d’une enquête sur l’allégation, conteste séparément ce licenciement devant la Cour fédérale.

Ce rapport de La EssonneInfo a été publié pour la première fois le 25 octobre 2022.

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